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CM2019: N. Portner : "Vincent a beaucoup plus d’expérience que Sego"
CM2019: N. Portner : "Vincent a beaucoup plus d’expérience que Sego"
22 Janvier 2019 | International > Mondial
Qui de plus avisé que le gardien de buts de Montpellier Nikola Portner pour anticiper le duel de ce mercredi soir entre le Français Vincent Gérard son partenaire en club et le Croate Marin Sego qui le deviendra dès la saison prochaine ? Si les enjeux de ce match sont réduits depuis l’élimination de la Croatie et surtout la qualification de la France pour les demi-finales, la rivalité entre les deux équipes persiste. 

par Yves MICHEL

Au-delà de savoir si en cas de succès la France termine 1ère de son groupe ou si la Croatie décroche directement un ticket pour un tournoi de qualification olympique, les joueurs des Balkans auront à cœur de dépasser le sentiment de frustration éprouvé lundi soir lorsqu’ils ont quitté la Lanxess Arena après avoir été battus dans des conditions plus que douteuses par les Allemands (voir ICI). Il y a un an lors de l’Euro organisé à la maison, leur défaite face aux Tricolores (27-30) sur le dernier match du tour principal les avait également privés de demi-finales. L’intérêt de la rencontre de ce mercredi est donc double: s’assurer une place pour un TQO et prendre une revanche sur les Français. 

Les deux formations compteront sur leur collectif bien-sûr, sur le génie d’une ou plusieurs individualités sans doute mais aussi s’en remettront à leurs gardiens n°1. Vincent Gérard est monté en puissance depuis le début du tournoi, Marin Sego a démontré de son côté qu’on pouvait compter sur lui. En septembre prochain, le portier croate qui vient de signer trois ans à Montpellier pourrait être une des attractions de la Star Ligue. Le symbole est fort. Dans l’Hérault, il succèdera à son adversaire du soir qui lui, fait ses valises pour le PSG.


Marin Sego, futur Montpelliérain sera dans les cages croates ce mercredi

Gérard-Sego, le mano a mano est annoncé et amuse déjà un certain Nikola Portner. Le gardien suisse qui partage le quotidien du Français depuis 2016 et qui se prépare à cohabiter avec le Croate, est l’interlocuteur idéal pour les opposer. « C’est le bon mot car ils ont chacun leur style. L’école yougo avec ses stéréotypes d’un côté, le côté spectaculaire mais calculé de l’autre. Mais ce n’est pas évident à expliquer.» Nous voilà bien avancé. Un temps de réflexion plus tard, l’analyse est plus approfondie. « Dans les pays de l’ex-Yougoslavie, tous les coaches demandent au gardien de garder son sang froid et surtout de… "goaler comme un prince" (sic). Par exemple, éviter ce qu’a l’habitude de faire Heinevetter (le gardien allemand) avec les deux jambes en l’air, les deux mains au sol, le triple salto avant-arrière, non… pour un coach yougo, c’est inconcevable de voir ça. Sego lui, reste les deux pieds au sol, souvent en réaction et travaille constamment son placement. On le voit, il est très patient et tranquille dans sa tête. » Même s’il n’a jamais évolué dans un club des Balkans, Nikola Portner a été un peu éduqué dans cette tradition. Son père Zlatko n’est-il pas une légende du handball yougoslave des années 80 et du mythique Metaloplastika Sabac ? Le mélange des cultures (il est passé par la Suisse avant d’atterrir à Montpellier) lui a surtout permis d’étoffer sa palette et donc de côtoyer… Vincent Gérard. Le phénomène. « Ah ça, on peut le dire ! (rires) D’abord, c’est un gars très méticuleux. Il prépare les matches comme personne, étudie le moindre geste de ceux qui seront ses adversaires. Il sait analyser les petits détails de chacun en passant des heures à la vidéo. Ce qui frappe aussi, c’est sa volonté et le fait de ne jamais renoncer. On va dire qu’on est tous pareil mais chez lui…» Preuve en est le début de saison avec Montpellier. Marqué par une digestion difficile du titre en Ligue des Champions, des doutes et de la situation dans laquelle s’est empêtrée l’équipe, incapable d’enchaîner les bons résultats sur la scène européenne. « Il aurait pu baisser les bras, poursuit son coéquipier helvète, au contraire. Dans un match, même si l’échec se répète, il ne se découragera jamais. Il sait qu’il a en lui les vertus qui vont lui permettre de refaire surface. Je ne suis pas étonné de voir à quel niveau il est sur ce Mondial. Il est plus que solide, décisif, je suis vraiment content pour lui. » Avec l’âge (32 ans), Vincent Gérard se serait-il aussi assagi au point de se débarrasser de cette image de chambreur et du blagueur qui lui a collée si longtemps à la peau ? La réponse de son binôme au MHB est franche et directe. « Pas du tout ! Il est toujours aussi… impossible (rires). Bon, c’est vrai il est sans doute plus raisonné que lorsqu’il avait 25 ans mais dans le vestiaire et même en dehors, à table, dans le bus, il chambre tout le temps. Il raconte des conneries monumentales au point d’en devenir soulant. Ce n’est pas méchant mais c’est Vincent et quand il ne sera plus à Montpellier, il va manquer aussi pour ça.» De la difficulté à parler de son partenaire au début de l’entretien, Nikola Portner s’est métamorphosé en un intarissable avocat. Il l’admirerait presque "SON" Vincent !



Dimanche contre l’Islande, le Français s’est encore illustré. 14 arrêts, un œil au beurre noir et deux buts sur trois tentatives à presque 40 mètres dans la cage laissée vide par l’adversaire. «Les règles ont changé et Vincent les a vite assimilées. La possibilité de marquer des buts quand tu es gardien, bien-sûr qu’on aime ça. Mais il ne faut pas croire que c’est de l’improvisation. Ça se travaille ! A l’entraînement, on met des plots à 6 mètres qu’on doit contourner et on termine à 20 ou 30 tirs. Tu shootes dans le but vide et il faut tous les mettre même si à la fin de la séance, la fatigue se fait sentir ! » Marin Sego lui, s’est risqué une fois à tenter sa chance à longue portée. Contre la Macédoine en phase préliminaire en début de seconde période lorsque la Croatie menait de cinq longueurs. A 33 ans, le Croate né en Bosnie à Mostar est réapparu en équipe nationale pour le voyage en Allemagne après une traversée du désert qui a duré 8 ans, victime des luttes d’influence qui ont agité la sélection. Dans la tourmente et les déclarations à l’emporte-pièce des uns et des autres, il a choisi de rester discret. «C’est dans sa nature. Il n’a pas eu beaucoup de chance par le passé. Et il faut en avoir pour réussir. Et là, il a été appelé alors qu’il y a un an, il était le 5ème gardien croate.» Son palmarès international s’en ressent avec pour seule mention, une 5ème place au Mondial 2011 en Suède. Encore une fois, à l’image de ses partenaires au maillot à damiers, il va passer à côté des récompenses. « Même s’il est un peu moins âgé (d’un an et 4 mois), Vincent a beaucoup plus d’expérience que Sego. De par son vécu international et les clubs où il est passé. Il a disputé plus de grands matches, on lui a donné plus de responsabilités. Au niveau du duel des gardiens, avantage France avec Vincent Gérard. » Nikola Portner n’est pas seulement un supporter de son partenaire de club mais un observateur avisé de ce Mondial. L’équipe de France a depuis longtemps trouvé grâce à ses yeux. « Quand je vois la France, je vois avant tout, une équipe sur le terrain. Didier Dinart a trouvé la recette et les associations. Sincèrement, cela n’a aucune importance d’avoir mon pote Melvyn, Dika ou Nedim. Quel que soit le joueur sur le poste, ça fonctionne. Et c’est cela qui est bluffant. »  L’intéressé né il y a 25 ans à… Lyon parce son père évoluait à Vénissieux, aurait même pu en faire partie.
© Yves Michel
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