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EDF Masc: La France en totale faillite !
EDF Masc: La France en totale faillite !
11 Avril 2019 | International > Euro

Quelle désillusion et surtout quelle impuissance pour une défaite (33-27) qui marquera les esprits ! Certes, les Portugais avaient annoncé leur intention de faire mentir les statistiques mais personne n'imaginait que la France éprouve autant de difficultés face à un adversaire qui ne l'avait jamais battue en trente confrontations officielles. Les Tricolores ont manqué de tout pour honorer leur rang. En défense, en attaque, dans l'envie, la lucidité et la concentration. La copie est non seulement à revoir, le tir devra être vite corrigé. Il y aura une occasion de le faire, dimanche à Strasbourg, à l'occasion du match retour face à ces mêmes Lusitaniens.  

par Yves MICHEL

Au-delà de quelques lieux communs « ils avaient plus faim que nous, ils étaient plus concentrés, on ne les a pas pris au sérieux », l’analyse d’un telle indigence, s’avère compliquée. Parce que tout simplement il s’agit de l’équipe de France. Qui doit assurer en tous lieux et tout temps, un minimum syndical et un service-après vente. Une équipe qui durant toutes ces années, a quelquefois été mise en difficulté mais qui a toujours réagi. Alors, bien entendu que les Tricolores figureront parmi les nations qualifiées pour le prochain Euro, bien entendu que ce qui c’est passé ce jeudi soir au nord-est de Porto ne sera qu’une péripétie, mais quand même, l’heure de souffrance qui a accompagné leur prestation laisse autant d’amertume que d'interrogations.

Une colonie en villégiature. Les hommes de Didier Dinart ont donné l’impression d’avoir oublié qu’ils disputaient un match officiel mais qu’ils étaient plutôt engagés dans une quelconque tournée pour promouvoir la pratique d'une discipline à laquelle les journaux du pays n'accordent que très peu d’intérêt. Et même, s’il s’agissait d’un match exhibition, l’équipe présentée aurait été remaniée et quelques forces préservées. Là, seul Nikola Karabatic, laissé au repos dans les tribunes, le jour de son 35ème anniversaire manquait à l’appel. Pour le reste, à l’exception du gardien Wesley Pardin, il s’agissait des quinze joueurs qui il y a deux mois et demi, avaient ramené une médaille de bronze du Mondial germano-danois.

Une équipe-type donc face à un adversaire qui à la lumière de ce qu’il va produire, avait parfaitement préparé son coup. A tous les niveaux. Tactique, en abusant avec efficacité d’un jeu à 7 que les Bleus n’ont jamais su perturber, en insistant sur les changements de rythme et les incursions dans l’axe qui ont totalement fait exploser la défense tricolore, psychologique aussi avec des gardiens lusitaniens en réussite et concentrés de bout en bout.

La France a perdu au Portugal. C’est une première. On aurait pu concevoir cette finalité mais ce qui passe mal, c’est l’écart qui subsiste au buzzer et surtout le scénario.

Les Tricolores n’ont même pas eu le temps de prendre leurs marques dans le cadre champêtre du complexe omnisports de Guimaraes que leurs hôtes avaient pris les devants et au terme d’une séquence euphorique leur avaient infligé d’entrée un 3-0. S’il fallait que les Français carburent au diesel, pourquoi pas. Ils avaient largement le temps de se reprendre. Vincent Gérard commençait à monter en puissance et surtout, les percussions de Romain Lagarde marquaient les esprits. Si la France va refaire son handicap, elle ne va jamais dépasser son adversaire. C’était par moments trop facile pour les Portugais, le futur montpelliérain Duarte créait de la fixation et scorait, Rui Silva orientait, Alexis Borges, un autre futur du MHB déplaçait de la fonte et Paulo Pereira, leur coach, systématisait le surnombre offensif, subtilité d’une telle efficacité que la France ne saura jamais solutionner. « Leur jeu à 7 contre six leur a fait prendre confiance, valide Michaël Guigou. Ils ont été de plus en plus solides en défense et leur gardien de plus en plus efficace. » Les craquelures de l’édifice vont vraiment apparaître peu avant la pause, malgré une double infériorité portugaise (17-13).

Il restait 30 minutes et on se disait qu’en réajustant quelques boulons, en graissant quelques engrenages, Didier Dinart et Guillaume Gille, à la faveur du huis clos du vestiaire, allaient trouver les solutions… déjà pour que la France propose un meilleur visage et ensuite pour que l’écart se réduise et qu’il y ait la possibilité de mettre le feu dans les derniers instants. Espoirs déçus car l’avanie va se poursuivre. « On rate des shoots, poursuit l’ailier montpelliérain, d’autant que nous sommes à 6 contre 4. C’est ce qui est dommageable. » Les coéquipiers du Tremblaysien Pedro Portela n’avaient pas l’intention de lâcher prise. Ils commettaient quelques fautes, rapidement sanctionnées mais comme leurs gardiens (notamment Figueira, la doublure de l’excellent quadragénaire Gomes) étaient en pleine confiance, Melvyn Richardson et Kentin Mahé seront mis en échec à 7 mètres.

L’écart était déjà conséquent à la pause, il va devenir rédhibitoire par la suite. La défense tricolore offrait toujours des trous béants et les quelques ballons perdus étaient immédiatement exploités. Sept buts de différence à l’entame des vingt dernières minutes, l’addition restera salée (33-27), les Français n’osant même plus orienter leur regard vers le tableau d’affichage. C’est d’ailleurs la tête dans les chaussettes qu’ils quitteront une halle de Guimaraes en pleine fête. « On s’est peut-être vus trop beau, tentera d’expliquer Kentin Mahé. On n'a jamais existé et quand on court après le score, c'est toujours compliqué de garder la tête froide. Il y a beaucoup de questions à se poser aujourd'hui. Il faut respecter nos adversaires et on ne l’a pas fait. Pendant les deux jours qui restent, il va falloir arriver à se dire les choses et remettre tout en ordre. » Le rendez-vous dominical de Strasbourg est d’ores et déjà placé sous le sceau de la réhabilitation. C’est sûr, la France se qualifiera pour l’Euro mais là, c’est de l’amour-propre qu’elle doit retrouver.

Match de qualification à l'Euro 2020 - groupe 6
Multusios de Guimaraes (Por), jeudi 11 avril à 21h

PORTUGAL - FRANCE     33 - 27   (mi-temps: 17-13)

arbitres: Matija Gubica & Boris Milosevic (Croatie)

PORTUGAL : Entraîneur - Paulo Pereira
Gardiens : Gomes - Figueira - Joueurs de champ : Moreira (2) - Portela (4) - Duarte (5) - Branquinho (3) - Sousa (3) - Rocha (2) - Martins (2) - Rodrigues (6) - Fernandes - Maglahaes - Frade (1) - Salina 52) - Borges (2)

FRANCE : Entraîneur - Didier Dinart
Gardiens : Gerard (2 buts sans grd) - Pardin - Joueurs de champ : Remili (7) - Lagarde (3)- Richardson (3) - Mem (2) - Mahé - Grebille (1) - N'Guessan - Abalo (1) - Sorhaindo - Guigou (3) - L.Karabatic - Fabregas (3) - Dipanda - Porte (2)

évolution du score: 3-0 (3) 3-3 (8) 5-5 (13) 9-9 (18) 12-12 (22) 14-12 (25) 17-12 (28) 17-13 (MT) 18-15 (32) 21-16 (37) 24-17 (41) 27-20 (48) 29-22 (52) 30-24 (56) 33-27 (FIN)

Le constat d'échec de Didier Dinart (source: service de presse de la FFHB)

"Les semaines internationales sont courtes. On pouvait penser être prêts au niveau tactique et au niveau de l’engagement mais finalement nous avons pêché dans ces deux secteurs. Il aurait fallu être plus concis et travailler plus précisément cette semaine. Aujourd’hui l’équipe du Portugal a su prendre notre mesure et mettre en lumière nos lacunes. Ce scénario n’était pas prévu : nous avions imaginé gagner ces deux rencontres. Ce soir à Guimaraes, nous avons joué face à un adversaire invaincu dans ces qualifications et qui cherche aussi à se qualifier. Nous avons l’obligation de gagner dimanche, aussi pour empêcher le Portugal de se qualifier directement, car alors nous serions en difficulté. Nous avons des imperfections dont il faudra tirer des enseignements, au niveau du coaching et dans la façon de préparer les matches. Je préfère penser que c’est dans mon sens, dans la façon de gérer le collectif et l’approche tactique. Les joueurs sont certes les premiers acteurs mais l’identité et le ton d’une équipe dépendent souvent de son entraîneur."

© Yves Michel
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