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EDF U21: La France a enclenché l'opération "Mondial 2019"
EDF U21: La France a enclenché l'opération "Mondial 2019"
14 Avril 2019 | International > Mondial

C'est le moins qu'elle pouvait faire. L'équipe de France masculine des moins de 21 ans a remporté face au Danemark la 1ère édition du tournoi Tiby consacré à cette tranche d'âge. Mais ce n'était qu'une étape sur la route qui la mènera en juillet au Mondial en Espagne. Elohim Prandi et les siens restent plus que jamais concentrés sur l'objectif. Le Nîmois s'attend à vivre une fin de saison très intense et bien plus... La semaine a été très favorable aux autres sélections jeunes qui ont ramené d'excellents résultats de leurs diverses campagnes.

par Yves MICHEL


L’équipe de France génération 98-99 a retrouvé son rang. Mais d’ailleurs, l’avait-elle perdu ? L’été dernier en plein cœur de juillet, elle avait échoué en finale de l’Euro et n’avait pas su mettre le coup de rein nécessaire pour contrarier la Slovénie. La cicatrice a mis du temps à se refermer. « Sur un Euro, dès le moment où tu perds le 1er match de poule, tu es ensuite condamné à tout gagner pour accéder au carré final, constate Elohim Prandi (notre photo de tête). On s’est épuisé physiquement et moralement, on a laissé encore un peu plus de gomme. Après, il faut savoir jouer avec la fatigue et surtout rester lucide. Ce qu’on n’a pas su faire. » "Economie" est bien un mot que le jeune Nîmois ne sait pas... ou a du mal à utiliser. Quelques mois ont passé et comme ses partenaires, il a bien-sûr progressé. Dans son jeu mais surtout dans la façon d’aborder les échéances. Que ce soit en club où son statut d’impact-player a changé, que ce soit en sélection où Yohan Delattre peut difficilement s'en passer. «Il faut quand même que je fasse attention. Je sais qu’on attend beaucoup de moi et à tous les niveaux. » Pilier donc de cette sélection des moins de 21 ans, "Elo" effectuait sa grande rentrée sur le Tiby.



Blessé puis volontairement préservé, il avait raté les deux 1ers stages en octobre puis en janvier. « Sans avoir l’obsession de me préserver, je fais attention, c’est actuellement une période très propice aux bobos, j’écoute attentivement mon corps et lorsque je sens que ça tire, je n’hésite pas une seconde à aller voir le doc ‘ ou le kiné. » La semaine internationale avait commencé lundi dernier par un rassemblement à la Maison du Handball. Le programme était simple. Evaluation du groupe, mise en place tactique pour arriver trois jours plus tard sur la 1ère édition juniors du Tiby avec le répondant nécessaire. Outre l’absence (parmi les tauliers) du Parisien Edouard Kempf qui se remet progressivement d’une pubalgie, Yohan Delattre a pu travailler avec un effectif au complet. Le technicien a notamment récupéré Benjamin Richert (photo ci-dessus), de retour chez les Bleus après une rupture en avril 2018, des ligaments croisés. Prudemment utilisé depuis février à Chambéry par Erick Mathé, le gaucher avait à refaire ses gammes, se rassurer aussi et montrer qu’il faisait partie comme par le passé, des facteurs déterminants de l’équipe. Dans ce domaine, si le 1er match livré jeudi face à la Serbie n’avait pas été totalement convaincant, sa prestation en finale face au Danemark a levé les derniers doutes. C’est lui qui a donné le ton en 1ère période et permis surtout aux siens de rester au contact des Nordiques qui avaient pris l’ascendant. « Il me manque un peu de rythme au niveau des matches mais je suis satisfait au niveau des sensations. C’était ma 1ère grosse blessure et dans ma tête, c’est vraiment derrière moi. Cela m’a servi au niveau du mental, je reviens à bloc, content de retrouver le terrain, les copains. » Les copains. On pense tout de suite à Elohim Prandi. Son bonheur est immense à la simple évocation du retour de "son Benji" préféré. « C’est très important qu’il soit là. Sur le terrain et je dirais aussi et presque autant, dans la vie du groupe. C’est la même chose pour Jo (Mapu qui avait raté l'Euro en Slovénie, à cause d'une blessure au pectoral gauche). Tous les deux ont été blessés, on ne va pas leur demander d’être exceptionnels tout de suite, il faut leur laisser le temps de revenir à leur niveau. » Lors de l'épilogue du Tiby, les Danois n’ont finalement pas su où donner de la tête tant Benjamin Richert s’est régalé. A 7 mètres (3/3), en décalage à l’aile (3/4), il sera perfectible à 6 mètres à l’image de cet immanquable face au gardien scandinave qui sur le moment rendra Delattre tout rouge.



Si Elohim Prandi avait été très en vue lors du 1er match face aux Serbes (7/8), c'est dans un rôle défensif qu'il s'est rendu plus utile, deux jours plus tard. Excepté Valentin Kieffer dans les cages, le Nîmois figure avec Yohan Gibelin, Benjamin Richert et le précieux Gaël Tribillon (12 buts à 80% sur les 2 matches), parmi les plus utilisés du groupe. Chacun a sa façon apporte son dû. Mais là où l’alchimie devient intéressante, c’est quand la situation parait bloquée et qu’une solution doit être trouvée. 21ème minute de la finale, les Danois sont les patrons de l’espace (10-14) et leurs grands gabarits (Laerke, Moller, Dolberg) aidés par un excellent gardien (Boutaf), font à peu près tout ce qu’ils veulent face à des Français sans réaction. Yohan Delattre vient de prendre un temps mort et décider de lancer Noah Gaudin (notre photo) dans la bagarre. Défense en position avancée, la mobilité du Cessonnais est un atout. Apport indéniable. Six minutes plus tard, le vent a tourné.



Les Nordiques qui jusque-là dispensaient des frappes chirurgicales, ne sont plus aussi fringants et surtout, les Tricolores ont repris le contrôle du tableau d’affichage (16-15). Pour eux, le second acte ne sera qu’une récitation. Un moment de grâce où les Danois vont réellement souffrir face à un bloc défensif plus agressif, des percussions plus franches et surtout quelques joueurs qui ont su prendre leurs responsabilités. C’est pendant ces moments que le rendement d’Hugo Brouzet (photo ci-dessus) a été apprécié. Le longiligne chambérien a véritablement pris de la bouteille. Il est moins pataud et beaucoup plus inspiré. Son placement défensif est encore perfectible mais une fois la balle en mains, il sait mieux en tirer profit. Ses trois buts (sur 3) en finale sont empreints de détermination. Le travail dans la récupération de son compère Dourte à la reprise de la seconde période a été tout aussi précieux. A cet instant très précis, la France était redevenue la nation conquérante qui depuis 2015 avec cette génération règne sans partage sur sa catégorie d’âge. Une démonstration de 25 minutes et un succès face au Danemark sans l’ombre d’une contestation, tout le monde, à sa façon ayant participé à la fête (35-29). Les Tricolores remportent la 1ère édition de ce Tiby consacré aux moins de 21 ans.


                               Toute la détermination du capitaine des U21, Jonathan Mapu

Mais ceci n’est qu’une étape sur leur route. L'explication finale aura pour cadre le Mondial en Espagne. Cet ultime rendez-vous programmé dans la communauté de Galice marquera aussi la fin d’une histoire, celle où les chemins pour tous ces gars nés juste avant le big bang de l’an 2000 se sépareront inévitablement. « Quand on aborde le sujet, reconnaît Benjamin Richert, on est un peu nostalgique de toutes ces années écoulées. On essaie de rester lucides. Il y a quand même un objectif commun. On sait très bien où on veut aller et comment on veut que cela se termine. » Par un titre, ce qui serait une 1ère toute catégorie d’âge chez les jeunes confondue (avec 3 médailles d’or et une d’argent). Dès lors, certains auraient le temps de penser au palier suivant. Comme Dylan Nahi l’a déjà vécu… chez les A ou comme Elohim Prandi a commencé à l’envisager lorsqu’en janvier dernier, son nom a figuré dans les réservistes pour le Mondial germano-danois. « On m’a dit qu’être dans cette liste pouvait être un signe. J’en suis très fier mais je ne suis pas pressé. Je n’ai pas envie de brûler les étapes. » Fausse modestie de la part du Nîmois ? Certainement pas. On ne plaisante pas avec le sacré. « Ce que je cherche à faire avant tout, c’est d’être performant en club. C’est cela qui me permettra de sortir du lot. » Lié à l’USAM jusqu’en 2022, il a trouvé un certain confort, dans un mode de fonctionnement qui lui convient parfaitement. « C’est excitant de se battre dans un club qui a l’ambition de revivre de grandes heures européennes. Je me sens bien là où je suis mais j’ai aussi l’ambition de viser ce qu’il y a de mieux, de frapper aux grandes portes, de jouer la Ligue des Champions, de tenter pourquoi pas une expérience à l’étranger. Mais je le répète, je ne me précipite pas. J’ai aussi la chance d’être très bien entouré par ma famille, mon agent. Cela m’évite aussi de perdre du temps dans ce que j’ai envie de faire. » A l’heure où l’équipe de France, celle des "A" est à la croisée des chemins, où de multiples questions sont posées sur le renouvellement, un tel discours d’un "gamin" de 20 ans ne peut qu’être encourageant pour la suite.

TROIS PODIUMS SUR TROIS !

Comme la bonne nouvelle et cette victoire au Tiby pour les moins de 21 ans n'est pas arrivée seule, la performance des deux autres sélections jeunes qui elles, étaient parties se frotter à différentes nations loin des bases hexagonales, est très satisfaisante.

Ce dimanche, les novices (U17) de Pascal Person sont rentrés de Norvège avec deux succès en poche. (31-27 vendredi et 31-23, samedi). Pour eux, ce sont les prémices d'un long chemin qui cet été les conduira à Bakou en Azerbaïdjan puisqu'ils participeront au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne. Il faut se rappeler que c'est sur ce même FOJE qu'en 2015 en Géorgie, les 98-99 (les vainqueurs du Tiby) avaient scellé le début de leur fabuleuse aventure. « Cela nous a permis d’évaluer en situation compétitive des joueurs par rapport à une sélection finale, explique le technicien français. Il faudra en choisir 15 pour aller au FOJE. On les a mis vraiment en concurrence et on est très satisfait de ce qu’on a vu car le comportement des jeunes a été irréprochable et surtout, certains ont élevé leur niveau. »

Belle satisfaction aussi pour les minots (U19) d'Eric Quintin. En pleine refonte après une campagne hivernale qui n'a pas répondu aux attentes (résultats médiocres au Tiby), cette sélection a redressé la tête lors de son périple au Portugal où elle a remporté le Tournoi international de Lagoa après s'être inclinée, et c'est la seule fausse note, face à l'Espagne (27-33) mais battu Israël (31-29) et le Portugal (37-34). Dans la perspective du Mondial programmé début août en Macédoine, il y a encore de la marge. Les partenaires du Nantais Baptiste Damatrin (18 buts en 3 rencontres) devront élever leur niveau de jeu pour espérer bien figurer.

© Yves Michel
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