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LDC F : Laura Glauser, gardienne de grand chemin
LDC F : Laura Glauser, gardienne de grand chemin
9 Mai 2019 | Europe > Champion's League
Entrée à Metz en 2010, par la porte du centre de formation, Laura Glauser a accompagné la progression par paliers du club lorrain sur l'échiquier européen. Jusqu'au Final Four de la Ligue des Champions, que la gardienne et sa formation vont découvrir ensemble ce week-end. Les ambiances survoltées la transcendent ? Elle sera servie à Budapest, ceci dès la demi-finale qui opposera les championnes de France à Rostov.


Laura Glauser a découvert l'Europe presque en même temps que Metz. 21 novembre 2010 : le club mosellan, détrôné en LFH par Toulon la saison précédente, reçoit l'OFN Ionias, modeste formation grecque, en seizième de finale retour de feu la Coupe des vainqueurs de coupe. Les Arènes sonnent creux (1300 spectateurs), les jupettes sont encore des croquis dans les dossiers du président Thierry Weizman. Au lendemain d'un match aller sans histoire (18-33, sur terrain ''adverse'' à Thionville), Sébastien Gardillou laisse au repos ses deux gardiennes, Amandine Leynaud et Cléopâtre Darleux. L'entraîneur lance une gamine de 17 ans et 3 mois, pensionnaire du centre de formation depuis le début de saison. La néophyte joue l'heure entière, arrête plus de tirs (23) qu'elle n'en encaisse (19). La promesse d'un brillant avenir pour la majorité des observateurs, la confirmation de l'immense potentiel développé au pôle de Besançon pour les plus avisés.

Que de chemin parcouru depuis ce baptême hellène... A 25 ans, la fille de Haute-Saône « a mûri, franchi les étapes pour être parmi les deux, trois meilleures gardiennes du monde », selon Alexandra Hector, conseillère spéciale du poste chez le champion de France. Les entraîneurs (Gardillou, Rac, Roussel, Mayonnade), les coéquipières (Pierson, Dangueuger, Ranikova, Rajcic, Csapo pendant sa grossesse, la saison dernière), les grandes rencontres ont défilé. « Le temps passe tellement vite, on vit tellement de choses qu'on oublie vite », constate, dans un sourire, Laura Glauser.

A l'échelle continentale, certains moments sont néanmoins inoubliables. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons. « Le match auquel j'ai adoré participer, c'était celui contre le Vardar il y a deux ans à la maison, en Ligue des Champions. On avait gagné 42-25. Malheureusement, il y a eu aussi la finale de Coupe EHF qu'on perd de cinq buts (face aux Danoises d'Holstebro), alors qu'on avait gagné de +4 là-bas (mai 2013). J'ai vécu de très belles choses avec Metz depuis que j'y suis. »



Elle n'imaginait pas devenir pro...

Et c'est pas fini, comme dirait la pub. Ce week-end, celle que Libé avait baptisé ''Notre-Dame de la garde'', au lendemain d'une éblouissante demi-finale olympique face aux Pays-Bas (août 2016), va expérimenter l'effervescence singulière d'un Final Four de Ligue des Champions. Comme la quasi totalité de ses partenaires, moins Gnonsiane Niombla (troisième en 2017 et 2018, avec Bucarest). Impensable lorsqu'elle avait quitté Besançon pour la Moselle, et pas seulement parce que le concept n'existait pas au début de la décennie (les demies et la finale se jouent sur un week-end depuis 2014). « Quand je suis arrivée à Metz, c'était pour venir au centre de formation. A aucun moment, je me suis dit que j'allais être professionnelle. Encore moins que j'allais passer neuf ans à Metz. »

Et pourtant... Laura Glauser se sent tellement « très bien dans le meilleur club français » qu'elle y a prolongé, l'automne dernier, jusqu'en 2021. On n'a donc pas fini d'entendre le refrain éponyme de Johnny aux Arènes, au bout de quatre ou cinq arrêts... En nombre de saisons, la Franc-Comtoise est la doyenne de l'effectif, ex aequo avec Grace Zaadi, qui appartenait également à la première promotion de conservatoire de Yacine Messaoudi, en 2010. « Grace et moi, on aime énormément ce club. On est très fières de pouvoir participer à ce premier Final Four, pour l'histoire du club et pour nous. »


Une qualification qui vient de loin. Qui demande un peu de mémoire. Dans un passé pas si lointain, le plus gros palmarès féminin français ne franchissait pas les tours préliminaires de la C1 (quatre échecs de 2004 à 2007, reversement en EHF). Un jour de 2007, il s'était ridiculisé contre le champion d'Islande, Stjarnan (22-23). Puis le premier Rubicon a été franchi, l'année suivante. Puis la première phase de poules, en 2011-2012. Puis Metz s'est offert son premier ''vrai'' quart de finale', en 2015, perdu contre Györ. Le troisième, le mois dernier contre Bucarest (31-26, 23-22), a ouvert les portes de la Papp-Laszlo Arena. Le temple de la balle pégueuse pour les clubs. Un écrin de 13 000 places qui n'intimidera certainement pas Glauser. « J'aime les atmosphères comme ça, quand il y a de l'ambiance, du bruit, même si les gens sont contre nous. Ca propulse, ça donne encore plus envie. J'ai hâte... »

Kapitanovic au soutien

Encore un peu de patience, Laura. Il faudra attendre la demi-finale Györ – Kristiansand, la multinationale double tenante du titre contre les héritières de Larvik au royaume de Norvège, pour pénétrer dans le saint des saints. Y retrouver Rostov, dominé à deux reprises au tour principal (29-25 en France, 26-18 en Russie), ses tireuses qu'elle connaît maintenant par cœur, à force de les croiser en club et en sélection. « En tant que gardienne, ça va m'aider un peu plus que si on avait joué une autre équipe. Après, il peut y avoir des choses qu'on n'a pas vu, qu'on ne savait pas, etc. »


La mère de Kaniéla, sa fille née il y a treize mois, puisera son énergie tantôt dans la ferveur ambiante, tantôt dans le travail de l'ombre consenti au quotidien, dans la salle d'entraînement des Arènes ou devant son ordinateur. La présence de sa famille en tribune, celle de son binôme croate, seront aussi essentiels. « Avant que j'arrive, Laura s'entendait extrêmement bien avec ''Maki'' (Marina Rajcic, partie l'an passé), raconte Ivana Kapitanovic. Je savais que je ne pourrais pas la remplacer, mais dès les premiers jours, Laura est venue me voir. Nous nous sommes parlées, et en quelques jours, nous sommes devenues très proches. » De la ''maison du club'', cohabitée avec les copines du centre de formation, aux sommets continentaux, c'est entendu, Laura Glauser ne marchera jamais seule à Metz...


La fiche de Laura Glauser
Née le 20 août 1993 à Besançon. 1,78 m pour 65 kg.
Clubs : Val de Saône, Besançon (2007-2010), Metz (depuis 2010).
80 sélections A (1 but).
Palmarès : championne d'Europe (2018), championne de France (2011, 13, 14, 16, 17, 18), vainqueur de la Coupe de France (2013, 15, 17), vainqueur de la Coupe de la Ligue (2014). Championne de France -18 ans (2009, 2011). Vice-championne olympique (2016). Troisième du championnat d'Europe (2016). Finaliste de la Coupe EHF (2013). Vice-championne du monde juniors (2012).



Le programme du Final Four
Demi-finales (samedi 11 mai)
15h15 : Györ (HON) – Kristiansand (NOR). Arbitres : Mmes Alpaidze et Berezkina (RUS).
18 h : METZ (FRA) – Rostov (RUS). Arbitres : MM. Erdogan et Özdeniz (TUR).
Les deux matches à Budapest (Papp-Laszlo Arena), en direct sur beIN Sports 3.

Match pour la troisième place : dimanche 12 mai (15h15).
Finale : dimanche 12 mai (18 h).

Les quinze derniers vainqueurs
2004, 05 : Slagelse (DAN). 2006 : Viborg (DAN). 2007 : Slagelse (DAN). 2008 : Zvenigorod (RUS). 2009, 10 : Viborg (DAN). 2011 : Larvik (NOR). 2012 : Buducnost Podgorica (MTN). 2013, 14 : Györ (HON). 2015 : Buducnost Podgorica (MTN). 2016 : CSM Bucarest (ROU). 2017, 18 : Györ (HON).

© Laurent Hoppe
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