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Taboada veut régner sur la Coupe de France
Taboada veut régner sur la Coupe de France
24 Mai 2019 | France > Coupe de France

C'est le grand soir pour Reinier Taboada. L'arrière dunkerquois sera le 1er Cubain de l'histoire du hand tricolore à disputer une finale de coupe de France. Bercy et Chambéry n'attendent que ça et ce match aura des allures de revanche. Il y a huit ans, les Savoyards s'étaient inclinés face aux Nordistes après une mémorable séance de jets de 7 mètres.

par Yves MICHEL
 

Dès la seconde où il entrera sur le parquet de Bercy ce samedi, Reinier Taboada aura marqué l’histoire. En étant le 1er joueur cubain à disputer une finale de coupe de France. Arrivé du Portugal où il évoluait l’été dernier, le néo Dunkerquois a dû changer ses habitudes et surtout s’adapter au jeu français et à l’exigence du haut niveau. « Au quotidien, il ne mettait pas assez d’engagement mental et physique dans ce qu’il faisait, témoigne Arnaud Calbry, un des coaches nordistes. En plus, pour lui rien n’était acquis et il a dû gagner son statut. Il a fallu le canaliser, qu’il apprenne à lire le jeu et utilise ses qualités aux moments opportuns. Il sait faire tellement de choses qu’il s’emmêle un peu dans l’ordre des priorités. Son handball est physique, il a besoin de spontanéité et de créativité donc on a dû l’aider à trouver un certain équilibre. » Lors des matches, Patrick Cazal a dosé l’utilisation de son arrière gauche qui possède à presque 22 ans (il les aura le 2 juin prochain) une belle marge de progression. Reinier Taboada a deux saisons pour convaincre et surtout relever un défi. Celui de s’imposer dans un championnat parmi les plus exigeants. « Jusqu’à présent, je suis satisfait du travail accompli, confesse l’intéressé, même si bien-sûr je dois m’améliorer. J’ai marqué quelques buts mais il faut que je sois plus décisif. J’arrivais du Portugal (du club d’Avanca Aveiro) où le rythme et l’engagement étaient différents de ce que j’ai trouvé en France. C’est beaucoup plus physique ici. Mais ça va. Ce que j’ai remarqué aussi, c’est que le niveau est homogène et que chaque match est un vrai combat. » C’est par atavisme que le jeune Cubain est arrivé au handball après s’être essayé au volley-ball sur son île natale. «Vers l’âge de 11 ans, j’ai accompagné mon père qui évoluait dans une équipe de vétérans. Presque tous avaient fait partie de la sélection nationale. Ce jeu m’a plu et j’ai intégré une équipe de jeunes. En fait, je m’intéresse à un peu tous les sports.» Les années ont défilé et Cuba s’est ouvert progressivement sur l’extérieur.



Les handballeurs ont débarqué au Portugal puis en Espagne. Le plus célèbre d’entre eux, Rolando Urios a même parcouru l’Europe, gagné le championnat de Hongrie avec Veszprém avant de rester trois saisons à Ivry au début du siècle et terminer son périple à Ciudad Real où pendant huit saisons, il accumulera les récompenses. Il y aura ensuite José Hernandez Pola passé lui aussi par la LNH notamment à Ivry, St Cyr sur Loire et Cesson. « Le gouvernement cubain a compris que ce n’était pas en retenant ses meilleurs joueurs qu’ils allaient progresser, valide Reinier Taboada. Il faut qu’il y en ait encore plus pour que la sélection atteigne un bon niveau. » En France, l’arrivée du Dunkerquois a coïncidé avec celle de Yoel Cuni à Ivry qui avait déjà recruté Yosdany Rios (transféré depuis, à Limoges). L’acclimatation de chacun a été différente mais réelle. Leur progression également. « A Dunkerque au début, cela n’a pas été évident. Et cela ne concernait pas que le handball. J’ai dû m’adapter. A une nouvelle langue, à la nourriture, au climat (sourires). C’est vrai que la famille est éloignée et qu’elle me manque parfois, surtout dans les périodes de doute mais ma copine qui vit en Europe n’est pas très loin. Et c’est très bien pour mon équilibre. »  Samedi, celui qui dès ses 1ers pas dans le hand s’est inspiré de Nikola Karabatic, découvrira Bercy et une Arena bien remplie. Avec ses partenaires de l’USDK, il retrouvera Chambéry en finale de la Coupe de France. « Nous avons eu des résultats irréguliers depuis le début de la saison mais c’est une grande motivation de jouer un tel match. C’est un titre qu’on doit gagner car cela nous permettrait d’obtenir une place en coupe d’Europe. Ce trophée pourrait, c’est vrai, largement sauver notre saison. » Et Reinier Taboada entrera dans l’histoire. Il pourra alors clôturer sa 1ère expérience française en beauté avant de penser à retrouver la sélection cubaine fin juillet et disputer les Jeux Panaméricains au Pérou où un billet olympique (JO de Tokyo en 2020) sera attribué. « J’ai encore beaucoup à faire et à découvrir dans le hand et si j’en ai la possibilité, m’installer en France dans la durée. » Et ce n’est pas un hasard si le Cubain est nommé aux Trophées de la LNH dans la catégorie Espoirs. Comme un encouragement à persévérer.



Il y a 8 ans, même adversaire, même heure, même lieu
Ce samedi, Dunkerque disputera la 4ème finale de coupe de France de son histoire. Après deux essais infructueux en 1991 (face à Vénissieux) et en 2000 (face à Montpellier), la consécration est arrivée 11 ans plus tard face à Chambéry. Un match intense qui avait tenu en haleine tout Bercy. "Un match d'hommes" comme le décrivait à l'époque Olivier Stéphan, envoyé spécial d'Handzone. "Une finale qui bascule sur un coup de dés, 25-25 à l'issue du temps règlementaire, deux gardiens Dumoulin pour Chambéry et Gérard pour l'USDK qui ont réalisé des prouesses et une séance de jets de 7 mètres qui ménage le suspens. Une séance conclue par Sébastien Bosquet (notre photo) qui offre à son club, le 1er titre de son histoire." Le début d'une histoire qui coïncidera avec la fin de Yérime Sylla aux commandes de l'équipe professionnelle et l'arrivée sur le devant de la scène de Patrick Cazal, son adjoint. En 2013, Dunkerque remportera à quelques mois de différence, le Trophée des Champions (face à Chambéry) et la coupe de la Ligue (face à Nantes).  Et en 2014, la consécration, le dernier titre décroché par les Nordistes, celui et non des moindres, de champion de France. Depuis, le club du président Jean Pierre Vandaele a goûté à la Ligue des Champions mais a quitté les palmarès. Un succès ce samedi sur Chambéry lui permettrait de renouer avec l'Europe et la coupe EHF.

© Yves Michel
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