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Sauval ou l'autocritique d'une relégation constructive
Sauval ou l'autocritique d'une relégation constructive
13 Juin 2019 | France > LFH

Un an après avoir découvert la LFH, Saint-Amand-les-Eaux retrouvera le championnat de D2F. Entre désillusion et projection le club a choisi de surfer sur l'expérience acquise pour toute une structure. La coach Florence Sauval se livre, intraitable et sans détour comme à son habitude. L'éternelle ailière de l'équipe de France des années 1980-90 s'apprête à entamer sa troisième saison à la barre technique du club de l'illustre cité thermale.

Vous avez vécu une saison éprouvante au sein de l'élite. Comment expliquez-vous les résultats de cette saison.
Le niveau de cette LFH, de plus en plus dense, est dorénavant réputé. Un des meilleurs championnats européen. De plus, ce n'était apparemment pas la meilleure année pour y accéder. Je m'explique. D'une part nous étions le seul promu, ce qui est exceptionnel au vu de ces dernières saisons. D'autre part le retour au bercail de plusieurs internationales a encore plus élevé le niveau de la compétition. Donc effectivement on était la proie. On savait à quoi s'en tenir. L'apprentissage a été très difficile. On avait certes le statut VAP mais on n'était pas forcément prête. On était face à la dure réalité et face à nos responsabilités. Mais une accession en LFH ne se refuse pas quelque soient les risques. Et néanmoins, l'objectif était le maintien. La saison a donc été traumatisante pour tout le monde.

A votre arrivée, vous aviez annoncé l'accession en deux années. Cela s'est fait en une. Cette accession était-elle prématurée ?
Ce n'est pas facile de répondre mais oui on peut dire que cette accession était prématurée. Je tiens toutefois à préciser qu'il ne faut pas oublier d'où on vient. Je vous rappelle que le club a été officiellement créé en 1984. Après une mise en sommeil il n'est actif que depuis 2000 ! L'entité est très jeune et a peu d'histoire à l'image de la région (mise à part un titre de championnes de France pour les Dunkerquoises en 1982) . Le club a accédé tous les deux ou trois ans à la division supérieure. Tout est arrivé si vite. Il est clair que le club souffre d'un manque cruel d'expérience au plus haut niveau. Je pense qu'on doit prendre le temps de stabiliser et de construire les joueuses aux exigences de l'élite. Cette année le défi était périlleux pour un club aussi jeune mais on a grandi sur beaucoup de plans. C'est délicat de dire que le club est victime d'un succès trop précoce. Mais c'est vrai qu'il y a encore quatre ans le club évoluait encore en N1. Puis pour sa troisième année en D2F le club a pris le statut VAP.  Je suis arrivée à ce moment pour l'exercice 2017-2018. L'équipe avait obtenu une belle 4e place. La présidente Sophie Palisse souhaitait néanmoins renforcer avec l'apport d'un coach ayant connu le plus haut niveau et s'inscrire dans un projet de formation. On a donc opté pour la construction dans la continuité de mon prédécesseur Stéphane Pellan et c'est avec le même groupe qu'on a accédé à la LFH. Conjointement, le centre de formation a ouvert ses portes en Septembre 2018.

Bien que relégué, on sent une certaine sérénité qui émane du club. Cette saison a donc été positive malgré tout ?
Oui cette année le club a franchi un nouveau palier. Cette descente ne reflète pas nécessairement un échec. Le cahier des charges de la LFH a fait grandir structurellement le club. Le niveau, l'aspect économique et l'exposition de la LFH ont favorisé une certaine émulation. Le HBCSA s'est très bien structuré en interne. L'organigramme s'est renforcé à l'instar de Matthieu Dutry à la communication et de Manon Le Bihan (également joueuse) double championne de France 2010 et 2012, pour l'aspect commercial , qui font un superbe boulot. Malgré un environnement économique parfois hostile les dirigeants s’attellent à ce que le club soit un acteur social de la région. Naturellement ceci ne serait pas possible sans l'apport de nos bénévoles, partenaires et élus. On tire tous dans le même sens. L'ambiance est vraiment très saine. Sur le plan sportif je n'ai aucun doute que les carences décelées cette année nous rendront plus fort. On était une des plus jeunes équipes. Notons qu'on a su qu'au mois de mai 2018 que nous montions en LFH. C'est compliqué de travailler sur le recrutement dans ces conditions. D'où la complexité pour un promu de se maintenir lors de sa première année en LFH. Côté satisfaction Ivana Filipovic (4.7 buts par match) a été l'auteur d'une très bon exercice. Elle demeure une joueuse très fiable. Claire Vautier (3.9 buts par match) aussi a mené à bout de bras l'équipe. Elle a su sortir de sa zone de confort. Même quand elle n'était pas au mieux de sa forme son niveau est toujours resté correct. Sa récente sélection est une récompense pour sa régularité depuis deux saisons.

Claire Vautier vient de connaître sa 1ère sélection en EDF et est nominée parmi les trois meilleures espoirs de LFH. Sera-t-elle toujours Amandinoise l'année prochaine ?
Tout d'abord c'est une fierté pour toute la région. Claire va découvrir le cadre très enrichissant de l'EDF, qui est sûrement la meilleure sélection du monde. Vous savez elle est assez intelligente pour mener à bien sa carrière. Certains grands clubs comme Nantes, Paris ou Brest lui ont fait les yeux doux. Mais il n'y a jamais eu de souci avec cela. D'autant plus que Claire n'a jamais été en fin de contrat. Rappelons qu'elle a signé pour deux ans en  septembre dernier. Ici, Claire évolue dans un milieu propice pour continuer de progresser et elle fera les bons choix au bon moment. On sait que c'est une joueuse qui souhaitera voir d'autres cieux mais aujourd'hui Claire est belle et bien là. C'est donc un choix commun. Dès lors qu'une joueuse se réengage c'est un signe fort. C'est aussi le cas des autres cadres telles qu'Ivana et Marion Malina qui ont été reconduites en Janvier. On doit encore mener des réflexions je ne préfère pas trop évoquer le groupe tant qu'on n'a pas finalisé. Ce qui est certain c'est que ceux qui souhaitent recruter chez nous les joueuses en cours de contrat ne s'adressent pas au bon club. Je suis catégorique avec les joueuses qui se réengagent.

Peut-on s'attendre à des changements significatifs dans l'effectif ?
On est en  fin de cycle l'heure est au renouvellement d'oxygène. Donner du peps au groupe et de la valeur aux joueuses, qui vont intégrer le projet que je mets en place à travers des valeurs de solidarité et de plaisir. On a récemment annoncé les départs de Daniela Perreira, Nataliya Danshina, Roseline Ngo Leyi. De même Niakalin Kanté et Laetitia Saïbou rejoindront le voisin Sambre-Avesnois. On désire remplacer par des jeunes. La formation est notre priorité. Nous avons instauré une politique d'intégration des jeunes de la région au sein de notre centre de formation. Nos espoirs font leurs armes en équipe réserve (N2) sur laquelle on mise énormément, même rajeunie. Les jeunes Yasmine Massa, la gardienne Lili Heranger (internationale belge) ont déjà évolué en LFH et vont continuer à travailler pour gagner en maturité. Également issue de la formation l'ailière Chloé Bellonet, d'ores et déjà dans le groupe est celle qui a le mieux évoluée. Issue du Pôle, l'internationale tricolore U18 Maureen Gayet intégrera vraisemblablement le groupe à terme. L'objectif pour la réserve est de monter en N1. Cela devient une obligation nécessaire au bon fonctionnement du CF. Le travail de formation piloté par Julien Vasseur  semble déjà porter ses fruits puisque sept joueuses âgées de 13 à 19 ans évolueront au Pôle à Tourcoing.

Des jeunes mais aussi des joueuses d'expérience ? 
Oui. La meneuse expérimentée Marina Zivkovic en provenance de Bourg-de-Péage (LFH) répond à ses critères. On compte sur son dynamisme, son intelligence de jeu  ainsi que sa propension à mettre en valeur ses partenaires. Elle a également l'avantage de connaître la France. On a aussi recruté Elise Delorme (La Rochelle) qui est une jeune ailière gauche, meilleure scoreuse de D2F (5,86 par match). Enfin la gardienne championne d'Europe junior 2017 Manuel Dos Reis arrive sous forme de prêt en provenance de Metz. On a la confiance de l'institution lorraine qui connaît le sérieux de notre fonctionnement. Par ailleurs, on souhaitait conserver la jeune Alienor Surmely. Mais on n'a pas trouvé d'accord. C'est une enfant du club, on est content pour elle, on espère qu'elle s'émancipera à Toulon. Nos emplettes ne sont pas terminées. Ça va encore bouger (ndlr : effectivement le club clôturera son mercato quelques jours plus tard avec les arrivées de la Péageoise Noémie Barthélémy et de Nelly Planazet en provenance de Cannes, D2F). Il est hors de question de se cacher. L'objectif immédiat est de ré-accéder à la LFH le plus rapidement possible.

Quels enseignements retenez-vous in fine de cette saison en LFH ?
On doit indubitablement mener des réflexions pour avancer sur l'aspect sportif. Moi la première je me remets totalement en question. J'ai aussi fait des erreurs et moi aussi j'ai grandi. Je dois évoluer dans mon management, dans l'accompagnement des joueuses, le tout dans le cadre d'un projet contextualisé. Je suis persuadé qu'on doit coacher comme on gère une entreprise. A savoir responsabiliser mes joueuses, utiliser les compétences de chacune et optimiser le rendement de l'équipe. Je ne veux plus entendre dire d'une joueuse qu'elle n'a pas à réfléchir ! Ce sont vraiment le genre de propos qui vont à l'encontre de ma philosophie. Cette année j'ai senti certaines filles un peu trop passives en attente de directives alors que je souhaite au contraire qu'elles évoluent dans un mode participatif. Mais il y a tellement de choses qui n'ont pas fonctionnées. On est tous responsable joueuses et staff. On s'est aussi trompé sur certaines recrues qui n'ont pas toujours répondues aux attentes et j'en assume l'entière responsabilité. Je souhaite un groupe qui s'investit et en parallèle aura toute mon écoute.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours ?  
J'ai joué pendant seize ans en D1 à Besançon Dijon et Metz-Marly. Clubs avec lesquels j'obtiens entre 1982 et 1998 quatre titres de championne de France dont un doublé coupe-championnat. J'évolue aussi avec l'équipe de France durant douze années. J'ai 183 sélections à mon actif. Puis j' embrasse ma carrière d'entraîneur à Pontarlier, Nantes (champion de N1), Vaulx-en-Velin, Abbeville avant de revenir dans ma ville natale. J'évoluerai deux saisons (2011-2013) à Besançon en LFH. On se maintient administrativement la première année puis sportivement la seconde année. J'atterris alors à Saint-Amand après quatre années en tant qu'adjoint à Besançon chez  les hommes et à Fleury auprès de Christophe Cassan.

Vous vous plaisez vraiment à St Amand ? 
Aujourd'hui je suis heureuse d'être dans le Nord. L'ambiance est saine, très familiale. On échange beaucoup avec la présidence, salariés et bénévoles. Ça gravite bien autour du club. On se sent vraiment soutenu par la présidente. Sophie s'investit énormément au niveau de la structuration. Elle a aussi un regard sur le coté sportif . Et c'est normal que par moment elle s'interroge et se questionne. Cela fait partie du processus. Elle sait également prendre du recul. On travaille en toute sérénité mais cela n'empêche pas les échanges. On se sent  soutenu par tout un club. Donc, oui je m'épanouis pleinement dans ce club. Bien sûr rien n'est parfait et il reste certes des pierres à poser à l'édifice pour que sa structure devienne encore plus solide et plus professionnelle. Toutefois, on n'a vraiment pas à rougir, les conditions de travail dans lesquelles on évolue sont très satisfaisantes.

© Hamide Allem
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