mèl :
passe :
s'abonner | oubli de passe
spécifiez l'adresse concernée
mèl :
retour
cliquez pour revenir
Mondial U21 M: Sebastian Wheeler... des Etats-Unis à Poitiers
Mondial U21 M: Sebastian Wheeler... des Etats-Unis à Poitiers
19 Juillet 2019 | International > Mondial

Si dans le groupe de la France, le Nigéria et l'Australie retiennent l'attention de par leurs balbutiements dans le handball, le Kosovo dans le groupe C et les Etats-Unis dans le A sont eux aussi, une véritable curiosité. Les Américains ont un projet à longue échéance, au moins jusqu'en 2028 et les Jeux Olympiques à Los Angeles. En Espagne, la sélection des moins de 21 ans fait l'objet de toutes les attentions. Dans cette équipe très hétéroclite aux horizons divers, Sebastian Wheeler a goûté à la Nationale 2 la saison dernière sous les couleurs de Grand Poitiers HB 86..

par Yves MICHEL, envoyé spécial à Vigo

Un large sourire barre un visage poupin et du haut de son mètre 95 pour presque un quintal, Sebastian Michael Klerud Wheeler cultive l’atypisme comme certains les betteraves. De mère norvégienne et de père américain, il fait partie de cette équipe des Etats-Unis qui soulève une vague de curiosité dès qu’elle entre dans l’arène des championnats du Monde des moins de 21 ans. Mais la singularité ne s'arrête pas là. L’arrière gauche qui adore prendre les commandes et glisser au milieu, vient de terminer une saison en Nationale 2 française sous les couleurs de Grand Poitiers HB 86.



Pour autant, avant de débarquer dans le chef-lieu de la Vienne, il a pu accumuler quelques miles dans les avions. « J’ai commencé le hand quand j’avais 10/11 ans en… Norvège. Et puis, avec ma famille, nous avons déménagé aux Etats-Unis en 2016 et j’ai découvert que chez les jeunes, il existait une équipe nationale. » Quelques mois plus tard, le voilà membre à part entière de la sélection US. Un 1er pas est franchi et surtout une immense fierté qui aurait pu avoir des allures de revanche. « C’était une opportunité incroyable. Dans cette catégorie d’âge, la Norvège n’a même pas voulu de moi. Je ne regrette pas mon parcours et surtout d’avoir persévéré. Je me rappelle l’émotion éprouvée puisque la 1ère compétition officielle avec un maillot avec le drapeau américain, je l’ai disputée en 2017. En novembre 2018, dans l’Illinois, c’est la consécration avec la qualif pour le Mondial espagnol. » L’incorporation a été rapide, le gamin vient tout juste d’avoir 18 ans. Le sensationnel gravite autour de lui. Mais sa soif de découvertes est loin d’être épanchée. Elle va le conduire à Poitiers. « C’est une longue histoire. Ma sœur joue aussi au handball et évolue aussi en sélection US. Il se trouve que cette équipe est coachée par un Canadien (Christian Latulipe) qui entraîne aussi les garçons de Poitiers. Ils m’ont fait venir et m’ont proposé un contrat de un an. Je viens de signer une prolongation, toujours pour un an. » La saison a été très intéressante, l’équipe où évolue un certain Florent Joly, s’est classée dans le top 5 et Sebastian s’est véritablement éclaté dans une ambiance qu’il qualifie de… familiale. « Je prends beaucoup de plaisir à vivre dans ce coin. J’apprécie vraiment cette ville à l’échelle humaine. Au début par rapport au hand, cela n’a pas été évident, le jeu est plus rapide que ce que j’ai connu mais je me suis habitué. D’ailleurs, si je n’étais pas à l’aise, je n’aurais pas prolongé l’expérience. » Mais à 20 ans, sa trajectoire est pour l’instant sans limite. Et parfois, les envies s’entrechoquent. Il y a la carrière individuelle mais aussi le collectif. « En France, je suis bluffé. Il y a une vraie culture du hand. Je suis attentif à ce qui se passe dans le championnat d’élite. Je me dis que mon avenir pourrait être dans le hand et je me verrais bien professionnel. Mon rêve le plus fou ? Gagner la Ligue des Champions, peu importe avec quelle équipe ! (rires). Mais il y a également la sélection américaine et là, il y a plein de projets. » Et on revient au point de départ de l’histoire.



Cette équipe des Etats-Unis qui a un plan tout tracé vers 2028 lorsque Los Angeles accueillera les Jeux Olympiques d’été. Et la génération de Sebastian sera pleinement concernée. D’ailleurs, la passerelle est toute trouvée puisque l’entraîneur des seniors américains n’est autre que Robert Hédin, l’ancien mentor de la Norvège qui peut compter sur un Cubain d’origine Julio Sainz, son homologue qui gère les juniors en Espagne. «2028, assure Sebastian, c’est l’échéance, en plus l’équipe sera automatiquement qualifiée puisque les JO sont chez nous. Il y en a une plus proche : les Panaméricains en août. Le vainqueur aura son ticket olympique. Notre groupe est jeune et ça sera très difficile car les grands favoris sont le Brésil et l’Argentine. Je pense qu’on peut être prêts pour Paris 2024. »  Rien que cela mais après tout pourquoi pas, devant la nécessité de s’ouvrir à de nouveaux espaces pour éviter que la discipline ne disparaisse du programme olympique, la Fédération Internationale a les yeux de Chimène pour la délégation US. Ce qui en Espagne pour les U21 ne l’empêche pas d’aller au-devant de cruelles désillusions. La dernière, ce vendredi contre la Slovénie (16-43) n'a pas été suffisante pour désarçonner le n°10 de la sélection américaine. « En face de nous, on avait quand même, le champion d’Europe en titre ! On doit passer par ce genre de matches pour progresser. C’est justement ne pas en jouer qui nous serait défavorable. » Encore deux rencontres (contre la Tunisie et le Japon) et les Etats-Unis pourront prétendre à la Coupe du Président avec des adversaires peut-être un peu plus dans leurs cordes. Sebastian lui, entrera sur le parquet avec la même envie, avec toujours cette large banane qui barre ce visage poupin. Avant de revenir d’ici quelques semaines sur Poitiers car c’est là, pour au moins une année, qu’il a planté son drapeau à la bannière étoilée.




Elyes Baltagi... vocation: petit ailier de poche 


Au sein de cette formation américaine, quasiment tous les joueurs viennent d'horizons différents et ont des origines différentes, au moins par l'un de leurs parents. Certains jouent aux Etats-Unis, un en France (voir plus haut), d'autres en Allemagne, Bosnie, Israël et Suède. Au milieu de ce melting-pot, Elyes Baltagi. Un petit ailier droit (1.73) pétri de qualités et qui bien souvent part à l'assaut des défenses sans trop se soucier des conséquences. Meurtri dans sa chair et dans sa tête contre la Serbie jeudi, il n'a pu faire que de courtes apparitions le lendemain contre la Slovénie. Son histoire est elle aussi, singulière. Le garçon est pudique et entretiendra quelques zones d'ombre. Né aux Etats-Unis sans dire pour quelles raisons ceux qui l'ont mis au monde se trouvaient là-bas, il a pourtant appris le handball à Tunis au club d'El Mensah. « J'ai fréquenté tous les échelons jusqu'aux cadets et j'ai passé mon BAC français. Je l'ai obtenu et j'ai décidé de rentrer aux Etats-Unis pour poursuivre mes études. C'est à ce moment-là que j'ai été en contact avec un des coaches de la sélection, il m'a fait venir à un rassemblement et j'ai été accepté.» A entendre l'intéressé, ce rassemblement en équipe nationale est considéré comme son 2ème acte de naissance. Comme une reconnaissance qu'il n'avait pu avoir autrement et autre part. Il a pris à bras le corps son nouveau projet, comme Sebastian Wheeler, entrevoir dans neuf ans les Jeux Olympiques à Los Angelès. Il aura tout juste 28 ans, l'âge de la pleine maturité. Dans l'immédiat, c'est l'Espagne et le Mondial U21. « Cela fait 30 ans qu'une équipe américaine n'avait pas participé à une compétition de ce genre (et ironie du souvenir, cela se déroulait, en Espagne, en Galice et les Américains avaient terminé bons derniers sur 16). On ne va pas se plaindre une fois qu'on y est. C'est un nouveau groupe qui ne joue ensemble que depuis 4 mois. On enchaîne les mauvais résultats mais il y aura un jour une revanche et la perspective de 2028 nous fait vibrer.» De là à voir arriver des joueurs américains en Europe pour se perfectionner ? René Ingram le capitaine-gardien joue déjà à... Erlangen en Allemagne. Non pas en Bundesliga dans le club que va rejoindre Quentin Minel mais au TVG 61, qui évolue plus modestement en 3ème division.

© Yves Michel
Partager
Identification nécessaire pour ajouter une réaction
Qui sommes nous | Mentions légales | Devenir annonceur
(C) Copyright 1999-2012 EURL 2ICS - Tous droits réservés.
joueurs | équipe | actualités

La LFH en Live
avec Handvision