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Mondial U21 M: Gaël Tribillon n'a jamais quitté l'équipe
Mondial U21 M: Gaël Tribillon n'a jamais quitté l'équipe
26 Juillet 2019 | International > Mondial

Blessé, Gaël Tribillon s'est éclipsé de l’équipe de France juste avant l’Egypte et le match de phase de groupe perdu assez nettement (22-27). En cinq jours, les Bleuets se sont métamorphosés et refait surface au point de se retrouver en demi-finale face à ces mêmes champions d’Afrique. Alors qu’il soigne son entorse, l’ailier toulousain qui fait toujours partie intégrante du groupe s’est livré à un exercice dont il s’est très bien sorti… présenter l’ensemble de ses partenaires.

Par Yves MICHEL, envoyé spécial à Vigo

Qui de plus légitime que Gaël Tribillon pour évoquer ce qui s’est passé au sein de l’équipe de France des moins de 21 ans depuis une semaine ? Cette métamorphose d’un groupe très entamé au sortir de la phase préliminaire et qui en deux matches a ressurgi sur le devant de la scène. Le Toulousain aurait dû se trouver dans cette équipe si une vilaine blessure (grosse entorse au niveau du métatarse) lors du match face à la Suède ne l’avait pas renvoyé à la maison. L’ailier gauche n’a pas perdu de temps, il a consulté un chirurgien dès son retour en France qui ne lui a donné que de bonnes nouvelles. L’opération est évitée et la reprise est prévue dans 5 ou 6 semaines, bien plus tôt que prévue. En attendant, Gaël a rejoint ses partenaires de club en stage dans les Pyrénées, il se muscle le haut du corps avant de passer à autre chose. « Cela a été difficile de quitter les gars car j'avais envie de terminer sur une note positive, je suis un peu triste de les avoir laissés en route. D'un autre côté, je suis fier et content de ce qu'ils font. Je ne suis pas étonné de voir où ils en sont. On ne pouvait pas concevoir que l'aventure s'arrête en 8èmes et quel que soit l'adversaire. Cette génération qui a tout gagné ne pouvait pas terminer comme ça et si tôt. » La connexion est totale pour un des membres historiques de cette génération 98-99. Son apport sur le terrain avec ses grandes envolées et ses longues courses mais également en dehors, au quotidien ont fait de Gaël Tribillon, un maillon important de la sélection. « J'étais persuadé qu'ils allaient se relever, que cela allait être difficile parce qu'on avait pris un bon coup sur la tête depuis la Suède et voilà... L'arrivée d'Elo fait du bien, tout le monde s'est réveillé, Noah est au top, les arrières droits sortent de leur coquille, Valentin et Gauthier sont sur les ballons chauds, non, vraiment tout va bien. » Il ne reste plus que deux marches avant une possible consécration. Dont cette demie face à l’Egypte. Même si les champions d’Afrique, vainqueurs de leur poule avec un sans-faute, ont obtenu leur qualification pour les quarts puis pour le carré final de justesse (+1 contre la Serbie, +2 contre la Norvège).



L’Egypte était le dernière adversaire des Français lors de la phase de groupe et elle s’est confortablement imposée (37-32). Ce jour-là les Tricolores n’avaient pratiquement pas joué et avaient été surpris par le volume athlétique des Egyptiens. Un sentiment de revanche, la réintégration d’Elohim Prandi, deux matches couperet parfaitement négociés contre deux gros morceaux ont ravivé la flamme. « Justement, c’est là où tu dois être vigilant. Quand tu es sur une dynamique où tu viens de te redresser et que tout le monde te remet sur la liste des grands favoris, il faut l'assumer encore plus et ne pas retomber dans la facilité. »  L’Egypte qui en catégorie des moins de 19 ans avait terminé 14ème en Géorgie (2017) présente de beaux arguments avec notamment une base arrière très athlétique et une défense totalement en place. Est-ce pour autant un avantage de la retrouver cinq jours après l’avoir quittée totalement meurtri ? « Je pense, acquiesce Gaël Tribillon car dans certaines têtes, il y aura un esprit revanchard et puis aussi, le besoin de donner une autre image que celle qu’on a donnée en poule et qui n’était pas terrible. C’est une belle opportunité pour s’offrir une médaille puisqu’en finale, tu as au moins cette assurance. » Ce samedi sur le coup de 18h, Gaël Tribillon sera inaccessible. Il a prévu de suivre le match. Devant un écran de télévision ou si dimanche, la finale tend les bras aux Français, confortablement assis dans les tribunes d’As Travesas de Vigo. Juste derrière le banc tricolore. Histoire de faire encore plus corps avec ses potes.  

                            Les 18 Tricolores vus par Gaël Tribillon



Benjamin Richert (n°2 ALD Chambéry) / s'il est au top, il peut faire très mal. Il est très bon techniquement, avec Edouard, la paire qu'il forme est parmi les meilleures de la génération, toutes nations confondues. Donnez un bon ballon à "Benji" et vous verrez comment il sera efficace. Il faut lui foutre la paix, ne pas lui mettre la pression et il s'en sortira. S'il rate un shoot, tu peux être sûr que la fois d'après, il va y revenir et le réussir.

Julien Bos (n°4 ARD Montpellier) / plus gentil que ce mec, est-ce que ça existe ? C'est le type même du gars qui ne fait pas de bruit mais qui sait être très efficace. Je sais qu'il se posait beaucoup de questions sur son début de Mondial et en quarts (contre le Danemark), je l'ai retrouvé performant. Et ça nous fait du bien.

Noah Gaudin (n°6 DC Aix) / ben... c'est mon acolyte, c'est mon sang, je l'adore et là, depuis deux matches, il est en train d'exploser et de montrer son vrai niveau. Il devient quelqu'un de fort, techniquement, régulier surtout défensivement, je ne peux qu'adhérer.

Tom Poyet (n°7 PVT Nîmes) / j'ai appris à le connaître et cela a vite collé. C'est de la famille, comme Noah, avant le dernier stage, j'ai été quelques jours chez lui à Nîmes et on a passé vraiment de bons moments. Au niveau handball, je trouve que depuis deux ans, il a vraiment progressé et s'est véritablement affirmé au sein de cette sélection. Cela peut lui servir pour la suite.  

Antonin Mohamed (n°8 ALG Ivry) / je suis content qu'il ait été appelé (après la blessure de Gaël) parce qu'avec les stages qu'il a fait et l'envie qu'il a montrée, il mérite entièrement sa place.

Kyllian Villeminot  (n°9 DC Montpellier) / c'est mon frérot, mon coloc de chambre avec qui je partage plein de choses. Avec "Kiki", on s'est tout de suite bien entendu. Le problème, c'est qu'il a tellement été extraordinaire durant toutes ces années que dès qu'il est un peu en dedans, on dit qu'il n'est pas bon. Je veux simplement dire qu'on a vu le dernier match contre le Danemark et il était là. Je n'ai aucune crainte par rapport à lui. 

Dylan Nahi (n° 10 ALG PSG) / Il a été mon partenaire de poste depuis le FOJE et quand je l'ai vu arriver en 2015, il ne savait pas tirer, il peinait à faire des passes mais avec des qualités physiques exceptionnelles, il marquait déjà des buts. Cinq ans après, c'est la métamorphose et j'espère qu'il ira loin. Il a goûté à France A, il peut y revenir et y tenir une place. Je souhaite qu'il retrouve du plaisir car j'ai eu l'impression qu'il en avait perdu un petit peu mais déjà sa prestation contre le Danemark m'a rassuré dans ce domaine. Je l'ai vu épanoui en défense, efficace en attaque... le Dylan qu'on veut voir.  

Edouard Kempf (n°11 ALD PSG) / Ce qui me manque le plus en ce moment, c'est le petit "check" qu'on avait l'habitude de se faire tous les matins. On a de grosses affinités, on joue sur le même poste côté opposé, c'est important. Et puis Edouard c'est un garçon intelligent et c'est génial d'échanger avec lui à tous points de vue.

Gauthier Ivah (n°12 GRD PSG) / c'est le mathématicien du groupe, le mec aux grandes facilités intellectuelles qui a besoin de travailler tout le temps pour ne pas prendre du retard dans ses cours. Il a le même comportement au handball. Très posé, très studieux, en quête permanente d'apprendre. Il a très bien encaissé ce rôle ingrat de 3ème gardien l'an passé, il est opérationnel cette fois-ci, au détriment de Bastien qui supporte désormais cette position. Ce n'est pas évident.

Clément Damiani (n°15 ARD Chambéry) / C'est la force tranquille du groupe. Je le compare souvent à Bojinovic (l'ancien arrière de Montpellier et du PSG) qui courait un peu comme un papy (rires). Mais au final, c'est un joueur qui est juste, propre et efficace. Pour ma part, je pense qu'il est sous-côté parce qu'il est capable de réaliser de belles choses. La preuve, sa prestation contre le Danemark. A moments donnés, c'est lui qui tient la baraque.

Valentin Kieffer (n°16 GRD Saran) / Lui, c'est comme avec Noah, Tom et Kyllian, on forme le groupe des 4 Inséparables en équipe de France. On a les mêmes délires, on a un groupe sur "Snap", on partage énormément de choses, c'est un mec avec qui j'adore parler. Quand il a changé de club (de Sélestat à Saran), j'ai été un des 1ers qu'il a appelé. Il sera au rendez-vous dans ces matches qui restent, j'ai pleinement confiance en lui.

Yoann Gibelin (n°19 ARG Créteil) / Des qualités physiques hors normes, le plus gros potentiel offensif et défensif de l'équipe. Il pourrait montrer plus mais il arrive à gérer grâce à son acquis. Il a une facilité naturelle à faire ce qu'il fait, au point d'être un vrai obstacle pour n'importe quel adversaire. C'est un vrai calme, intraverti mais qui sur un terrain peut être déterminant.

Jonathan Mapu (n°20 PVT St Raphaël) / C'est le patron, le capitaine, le mec solide qui fait le travail qui a toujours les mots justes et qui dégage en permanence, de la sérénité.

Robin Dourte (n°21 PVT PSG) / C'est notre tour Eiffel. Le grand, un peu pataud qu'on attend au contre... avec lui, je me marre beaucoup sur les accents. Du Nord principalement. Mais c'est un mec de Metz, donc c'est un mec particulier.

Elohim Prandi (n°24 ARG Nîmes) / Avec les 4 cités auparavant, c'est le 5ème que je peux inviter à mon mariage si un jour ça doit se faire. On s'appelle tout le temps et j'ai été très fier lorsqu'il a signé au PSG. C'est un talent à l'état pur, le mec qui peut t'apporter beaucoup. Et dès qu'il en aura pris pleinement compte, il prendra une vraie dimension. Des anecdotes à son sujet ? J'en ai plein mais désolé, c'est secret-défense car la plupart n'est pas avouable (sourires).

Axel Cochery (n°26 ARG / Ivry) / C'est un fou-fou. Des fois, je me demande s'il n'oublie pas son cerveau quelque part. C'est pour cela qu'il me fait rigoler. Il tire dans tous les sens, il court partout, c'est sa façon d'évoluer. Le bas du corps n'est pas forcément avec le haut... Mais le plus terrible, c'est qu'il est comme ça en dehors du terrain et cela nous fait rire.

Nori Benhalima (ARG Toulouse) / c'est un futur toulousain donc on s'est connu en jeunes et on va donc réapprendre à se découvrir. C'est un bon mec, un joueur de devoir qui fait preuve de beaucoup d'humilité.

Bastien Soullier (GRD Chambéry) / il a le même rôle que Gauthier à l'Euro, 17ème homme, ce qui n'est pas le plus facile à tenir. Il l'a accepté, cela prouve que c'est un mec réfléchi.

Et on n'oubliera pas le pivot chambérien Hugo Brouzet qui aurait du faire partie de l'aventure mais qui blessé avant le 1er stage de prépa à Capbreton, a du renoncer.

 
On s'était dit rendez-vous dans 30 ans…

Même jour, même heure, mêmes pommes, pas tout à fait puisque c’était en septembre 1989 avec la génération 68/69. Le handball français végétait encore dans l’anonymat le plus total mais pourtant, trois ans avant la réussite bronzée aux J.O de Barcelone, certaines individualités commençaient à poindre. Il y a trente ans, la ville de Pontevedra accueillait un Mondial Juniors. L’équipe de France n’aurait pas dû y participer, la Fédération ayant oublié de l’inscrire et elle avait dû passer par un match de barrage, trois mois plus tôt à Madère face au Danemark. Les Bleuets de l’époque n’étaient pourtant pas des illustres inconnus, un certain Yohan Delattre (l'actuel coach des U21) dans les buts, Philippe Schaaf, Stéphane Stoecklin, Edouard N’doumbé et Jackson Richardson sur la base arrière, Jérôme Chauvet en pivot avaient déjà une notoriété dans les clubs où ils évoluaient. François-Xavier Houlet (l'actuel consultant émérite de beIN) aurait dû être du voyage mais une opération à l’épaule l’avait contraint à renoncer. Les Tricolores étaient tombés dans une poule très difficile dominée par la grande Yougoslavie devant laquelle ils s’étaient lourdement inclinés, ils avaient battu la Corée mais avaient cédé face à l’Algérie. Au tour principal, après une lourde défaite face à la Russie, ils relèveront la tête devant l’Autriche et la Roumanie. Ils prendront au final, la 6ème place (meilleur classement qu’une sélection juniors ait enregistré jusque-là) d’un tournoi remporté en finale (et ce devant plus de 4000 personnes) par la Russie de Talant Dujshebaev face à l’Espagne de Massip, Garalda et  Barrufet au pavillon des sports de Pontevedra, là où 30 ans plus tard, les jeunes Français disputeront (ce samedi à 18h) une demi-finale du championnat du monde face à l’Egypte. En trois décennies, le handball tricolore est devenu incontournable et s’est hissé parmi les meilleurs de la planète. Et les jeunes sont prêts à prendre le relais. 

L'autre demi-finale opposera le Portugal à la Croatie à 21h00.

© Yves Michel
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