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Mondial U19 M: Les Français à l'épreuve du Canada
Mondial U19 M: Les Français à l'épreuve du Canada
6 Août 2019 | International > Mondial

Parmi les cinq équipes que la France devra affronter lors du tour préliminaire du championnat du Monde des moins de 19 ans qui débute ce mardi à Skopje en Macédoine du nord, le Canada fait partie des plus abordables. Les joueurs au maillot à la feuille d'érable sont des novices dans une discipline qui a du mal à se structurer dans un aussi grand pays.

par Yves MICHEL


C’est un adversaire plutôt inédit que les Français U19 vont affronter ce mardi (18h30), en ouverture du championnat du Monde en Macédoine du nord. Le Canada n’a pas l’habitude de disputer ce genre de compétition. Et pour cause, dans ce pays 15 fois plus grand que le nôtre mais presque deux fois moins peuplé, ceux qui pratiquent la discipline (6000 licenciés) passent presque pour des mutants. « A la base, je faisais du basket-ball, explique l’arrière droit Zachary Ouallouche, c’est ma cousine pendant l’été 2017 qui m’a attiré vers le hand. Et maintenant, quand mes amis veulent savoir quel est mon sport, je dois  leur montrer des photos et des vidéos pour qu’ils comprennent bien. » En 2011, une équipe juniors canadienne avait dû se cotiser et compter sur quelques généreux donateurs pour participer au Mondial en Grèce. Huit ans plus tard, la situation n’a guère évolué. Difficile de marquer son territoire lorsque le hockey sur glace et soixante autres disciplines écrasent tout. « Le défi n’est pas tant de convaincre un jeune de nous rejoindre, il demeure au niveau de la promotion du sport, explique Sylvain Gaudet, l’entraîneur adjoint des U19. Nous ne bénéficions d’aucun soutien médiatique et l’Etat ne nous finance pas. Par ailleurs, les entraîneurs sont rares, ce sont souvent des professeurs d’éducation physique qui s’intéressent à la discipline. Mais c’est limité. Heureusement que l'IHF a mis en place et financé les "Trophy Challenge" pour permettre à des nations comme la nôtre d'évoluer. » Il a fallu pourtant que ce soit un Français originaire de St Raphaël qui après une dizaine d’années passées à la formation des jeunes au SRVHB, tente de relancer l’activité. Ou du moins, structurer ce qui existait. Et Ludovic Roucoulet n’est pas peu fier d’aligner une formation complète en Macédoine. « On a quand même fait un tournoi de qualification qu’on a gagné qui nous permet d’être présents ici. Et on considère cette participation au Mondial, très sérieusement. Depuis le début de l’été, les jeunes n’ont pas fait de pause, ils se sont entraînés pour donner la meilleure image, une fois qu’ils seront en Macédoine. C’est sûr que par rapport à nos adversaires, nous n’avons pas le niveau. Mais cela ne doit pas être un obstacle. » Outre les moyens financiers et humains, le handball canadien est également victime d’un manque évident d’infrastructures. «Les gymnases sont construits à l’américaine, poursuit le coach français, avec des terrains qui ne font pas plus de 30 mètres de long. Les surfaces aux normes sont de vieilles arénas, des anciennes patinoires réaménagées mais sur tout le Québec (6 fois plus grand que la France), on n’en compte pas plus de dix ! » Un vrai sacerdoce pour ceux qui qui comme Ludovic lutte contre les vents contraires. Pourtant, parmi les seize jeunes (8 Québécois francophones et le reste anglophone) qui ont débarqué ce week-end à Skopjé après 15h00 de vol, l’enthousiasme reste entier. Qu’importe si sur une année, ils n’ont pu disputer qu’une vingtaine de matches et si les Français, les Suédois, les Egyptiens ou les Hongrois s’apprêtent à les dévorer. « Pour nous, c’est un rêve qui se réalise, confie Zachary Ouallouche. On est à la fois fiers et excités d’y être. On veut mener la vie dure aux équipes qu’on va rencontrer, on veut se situer par rapport au hand européen et la France, c’est du top niveau. » Et pour le Varois Ludovic Roucoulet, cette 1ère confrontation face aux Bleus dirigés par un encadrement technique qu’il connait parfaitement, aura un caractère particulier. « Comme pour nos gamins, c’est un rêve qui s’accomplit. En plus, pour moi, c’est un honneur d’affronter mes compatriotes. Nous restons réalistes en ayant conscience que ce sera très déséquilibré. Les matches s’annoncent très durs. On s’est fixé comme objectif, de remporter deux matches sur la durée du tournoi. On veut surtout apprendre. La catégorie "juvénile" n’existait pas il y a encore 2 ans. Tout se fait petit à petit même si on se heurte parfois à quelques réticences. » Si dans leur propre pays, les handballeurs canadiens œuvrent dans l’indifférence générale, ils entendent sensibiliser les bonnes volontés partout où ils se déplacent. En Macédoine, au contact des instances internationales et pourquoi pas des "cousins" français, ils espèrent attirer quelques cadres qui les aideraient à encore mieux se structurer. Après tout, Québec n’est qu’à 7h d’avion de la Guadeloupe !

Le Canada pour débuter (ce mardi à 18h30), l'Egypte (mercredi - 16h30), la Hongrie (vendredi - 12h30), Taïwan (samedi - 16h30) et la Suède (lundi prochain - 14h30) en suivant, les adversaires des Bleus sont très hétérogènes. Les Suédois champions d'Europe en titre n'ont plus les mêmes arguments à faire valoir qu'en Croatie, il y a un an.

C’est un choix totalement assumé. Championne d’Europe en titre dans cette catégorie d’âge, la Suède a décidé de remodeler entièrement son groupe et de faire confiance à 16 joueurs qui la saison dernière n’avaient pas été retenus pour le voyage en Croatie. Alors qu’on pensait qu’Eric Quintin avait brassé un nombre important de joueurs (près de 70) depuis qu’il a pris en charge les 2000-2001, son homologue suédois Dennis Sandberg est largement au-dessus avec plus de 150 éléments passés en revue depuis le 1er camp. Seul Zetterlund, le gardien le moins utilisé en août dernier est repris mais les pépites que sont Ludvig Hallbäck, Valter Chrintz et Eric Johansson (121 buts à eux trois lors de l’Euro) manqueront à l’appel. Sur les seize Suédois retenus, dix n’avaient pas revêtu le maillot national avant l’Open de Scandinavie que la sélection a disputé fin juillet. Le bilan est plutôt positif avec un nul face au Danemark et deux succès contre la Norvège et le Portugal.

En terminant 3ème lors du récent championnat du Monde U21 en Espagne, l’Egypte a fait forte impression. D’ailleurs quatre joueurs présents à Vigo et Pontevedra surclassés pour l’occasion, ont rejoint leurs partenaires et enchaîneront en Macédoine. Parmi eux, le demi-centre Ahmed Hesham avait causé bien des tracas aux Bleuets d’Eric Quintin lors de leur dernière participation au Tiby puisqu’il avait inscrit huit buts permettant à l’Egypte de nettement s’imposer (31-26). Habitués à évoluer ensemble, les Egyptiens seront peut-être les plus dangereux des cinq adversaires proposés aux Tricolores. D’ailleurs, une 1ère tendance pourra se dégager dès la 1ère journée puisqu’ils se mesurent aux Suédois.

Après l’Egypte, la Hongrie ne rappelle pas un excellent souvenir aux Français. En octobre dernier au Tiby, ils s’étaient inclinés (23-25) face au futur vainqueur du tournoi val d’oisien. Largués en fin de 1ère période, les Bleuets avaient refait surface peu après la pause sous l’impulsion de Baptiste Damatrin mais à courir après le score, ils s’étaient épuisés et avaient cédé près du but. En Macédoine, ils retrouveront une sélection quelle que peu remaniée par rapport à celle qu’ils avaient affrontée voilà neuf mois. Avec une absence de taille, celle du demi-centre Bence Balint (meilleur buteur du Tiby et 7ème de l’Euro) qui s’est gravement blessé au genou. Ceci étant, malgré ce forfait, la Hongrie a parfaitement négocié sa phase de préparation en battant à deux reprises la Pologne et très largement la Slovénie handicapée elle, par la défection du demi-centre de Celje Domen Makuc (genou droit).

Avec le Canada, Taïwan (Taipei chinois) sera l’autre maillon faible du groupe B et il serait miraculeux que les Asiatiques basculent en 8èmes de finale. Pour participer au Mondial en Macédoine, ils ont décroché un des quatre billets qualificatifs lors du championnat d’Asie U19 en septembre dernier en gagnant la petite finale face à l’Arabie Saoudite. Taïwan a toutefois remporté le Trophée Intercontinental de l'IHF en avril 2019.

En résumé, si les Français restent sérieux dans la manière d'aborder chacune de leur rencontre du tour préliminaire et compte tenu des petites faiblesses des uns et des autres (notamment cette inconnue subsistant autour de la Suède totalement remaniée), ils peuvent s'offrir une affiche en 8ème qui serait largement à leur portée. En terminant 1er de leur groupe, ils prendraient le 4ème du groupe A comme adversaire, le 2ème étant opposé au 3ème.

Le groupe A est composé de la Croatie (4ème du dernier Euro) conduite par Fran Mileta (finaliste et meilleur ailier droit du dernier Mondial U21 en Espagne), de l'Espagne (5ème à l'Euro U18), la Slovénie (9ème à l'Euro) et la Norvège (11ème à l'Euro). Le Chili et l'Arabie Saoudite complètent ce groupe.

© Yves Michel
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