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Au Portugal, Thierry Anti change de peau
Au Portugal, Thierry Anti change de peau
8 Août 2019 | France

Après dix ans de bons et loyaux services au HBC Nantes qu’il a contribué à hisser parmi les grands de France et d’Europe, Thierry Anti a choisi de tourner une page et à 60 ans, d’aller voir ce qui se passait à l’étranger. Et c’est au Portugal, à la tête du Sporting de Lisbonne que le Parisien d’origine a rebondi. Dans un des clubs historiques de l’extrémité de la péninsule ibérique. Pour y retrouver la frénésie d’un championnat national qui suscite une passion débordante mais aussi la Ligue des Champions puisque le club défendra ses chances en poule basse. Installé dans la capitale portugaise depuis le 23 juillet dernier, le technicien tricolore ne s’était pas encore longuement exprimé dans les médias. Il a choisi de le faire sur Handzone.

Propos recueillis par Yves MICHEL


Thierry, à quel moment ce départ à l'étranger s’est-il imposé ?
Dès l’instant où j’ai compris que Nantes voulait se séparer de moi, il fallait que je fasse un choix.  La question s’est posée de savoir si je prenais une année sabbatique qui m’aurait fait peut-être beaucoup de bien ou si j’enchaînais sur un nouveau projet ? Tant que le club (Nantes) n’avait pas officialisé mon départ qui s’est fait très tardivement et je ne parlerai pas de la manière… j’étais un peu coincé.

Pourtant, entre temps, tu avais des contacts…
Oui, bien-sûr. Mais je ne voulais pas me retrouver… comment dire… à entraîner une équipe pour entraîner une équipe. Déjà, je savais que si je continuais, je partais à l’étranger, qu’il ne me fallait pas rester en France. Après Nantes, dans l’immédiat, j’avais besoin de connaître autre chose. Soit je me tournais en Allemagne, soit je tentais le Portugal qui fait depuis quelques années, un excellent travail à tous les niveaux.

En Allemagne, dans un grand club ?
Oui, cela ne pouvait être qu’un club compétitif. Berlin m’intéressait mais cela n’a pas pu se faire.

L’opportunité d’aller au Sporting s’est révélée comme évidente…
Les dirigeants m’avaient contacté et ils attendaient une réponse. Cela a mis du temps car je le répète, je n’étais pas fixé sur ma situation avec Nantes. J’ai même eu deux propositions d’équipe nationale mais très lointaines et cela ne me convenait pas. Ce n’était pas le bon moment.

Si tu optais pour une année sabbatique, prenais-tu le risque de tomber dans l’anonymat ?
Cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit. La seule crainte que j’ai eue, c’est d’être sevré de terrain, de compétition, de tout ce qui m’a fait avancer depuis toutes ces années.

Attendre ses 60 ans pour tenter une 1ère expérience à l’étranger, est-ce osé ?
Non mais c’est sûr que ça chamboule les habitudes. En France, on a tout le confort nécessaire, les salaires sont corrects, l’économie du handball pro est saine donc souvent, on ne se rend pas compte de la chance qu’on a d’exercer en France. Mais j’étais peut-être aussi arrivé à un stade où je voulais connaître autre chose. 

En tout cas, tu t’es mis d’entrée les supporters dans la poche, en disant que ton 1er objectif était de vouloir reprendre le titre national au FC Porto…
Et on va s’attaquer à un gros morceau car Porto est une référence, qui a disputé le dernier carré de la coupe EHF, c’est vraiment du solide, tout comme d’ailleurs Benfica. Au Sporting, on a pris un peu de retard au niveau du recrutement et de la prépa mais quand tu es ici, tu ne peux pas tenir un autre discours. Tu as en face de toi, des supporters passionnés, des latins très exubérants et il faut viser le plus haut.

Tu t'étais engagé de la même façon avec Nantes il y a un an, et pourtant…
Le PSG était bien plus fort. Il fallait aussi que je trouve un argument de taille pour remotiver les joueurs après notre parcours en Ligue des Champions et la finale à Cologne. On a mal négocié le mois de mai en perdant deux matches à domicile et c’est dommage car cela a plombé une saison qui était bonne.

Nantes repart sans toi sur de nouvelles bases mais n’a pas obtenu son ticket pour la Ligue des Champions. Cela t’a-t-il  étonné ? 
Très sincèrement, je n’ai pas envie de parler de Nantes… Il y a sur la fin, des choses qui ne m’ont pas du tout plu… C'est tout ce que j'ai à dire.

Mais c’est de la colère, de l’amertume que tu gardes ?
(Long silence, il semble vouloir peser ses mots)…  En fait, je pensais faire partie d’une famille mais dans cette famille, certaines valeurs ont disparu. Certains comportements n’ont pas été acceptables. Nantes a représenté une période de ma vie, là je veux passer à autre chose. Une page se tourne.

C’est d’autant plus facile que l’accueil au Portugal est très chaleureux…
Ici, tout le monde est bienveillant et très gentil. Il faut que j’en profite car avec le temps, cela ne va peut-être pas durer (sourires). Mon quotidien est réglé par le handball. Je vis tout seul dans un appartement à 15 minutes de la salle, je fais mes courses, ma cuisine, je vais à pied à l’entraînement, je parle toute la journée soit en anglais, soit en portugais car je veux apprendre la langue. Depuis que je suis arrivé, je n’ai pas eu trop d’occasions de parler français. Ma vie me convient parfaitement.

Ta notoriété a-t-elle traversé les frontières ?
Oui, plus que je ne l’imaginais. Et sans prétention, cette notoriété internationale, je la ressens plus à l’extérieur.

Tu as signé un contrat de deux ans… pas plus, pas moins …
Je leur ai même proposé de tenter l’expérience sur un an, ils ont refusé car ils veulent vraiment que je m’implique sur la durée. J’ai réussi à mettre une clause au bout de la 1ère saison mais je ne dirai pas laquelle.

Le Portugal est-ce pour mieux revenir en France ?
Ce n’est idiot de penser cela mais ce qui m’attend ici s’annonce passionnant. Le Sporting va jouer la Ligue des Champions et il y aura la lutte pour le titre national même si le championnat portugais n’a pas la même densité que la LNH. On a en France, un des plus beaux championnats du monde avec l’Allemagne.

Tu vas donc garder un œil attentif sur la LNH…
Bien entendu ! Ce n’est pas parce que je traverse la frontière que je ne vais plus m’intéresser au hand français.

A 60 ans, as-tu changé de peau ?
A cet âge, c’est quand même incroyable de partir à l’étranger, non ? Je prends tout ce qui m’arrive comme une expérience de la vie et sincèrement, je n’ai pas l’impression d’avoir 60 ans.



Un bizutage en règle pour "coach Anti" !

Au Sporting CP, on ne manque pas d’humour. A peine arrivé, Thierry Anti a dû se soumettre aux questions de « Sporting TV », la chaîne interne du club. Et lorsque la journaliste lui a demandé de donner son avis sur trois nouveaux joueurs, le coach français s’est retrouvé totalement déstabilisé. Et pour cause, les noms cités étaient ceux de trois joueurs de… rink hockey, discipline très populaire dans le pays.



Entre compatriotes

Thierry Anti n'est pas le seul Français au Sporting CP. Arrivé pendant la trêve lors de la précédente saison, l'ancien ailier montpelliérain Arnaud Bingo entame une année pleine sur les bords du Tage. Son contrat court jusqu'en 2022. Il renouera donc avec la Ligue des Champions qu'il a remportée avec le club héraultais en 2018.

© Yves Michel
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