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Mondial U19 M: La France trouve enfin son match référence !
Mondial U19 M: La France trouve enfin son match référence !
14 Août 2019 | International > Mondial

Vont-ils s'inspirer de leurs potes de 98-99 ? Les Minots d'Eric Quintin ont rendu la copie la plus aboutie depuis le début du championnat du Monde des moins de 19 ans. Ils ont totalement mystifié la Norvège (33-28) qui a perdu le combat physique et qui n'a jamais su déployer son jeu d'attaque. Les deux temps faibles que les Tricolores ont connus, n'ont été que des épiphénomènes. Les trublions français ont produit une prestation qu'ils se doivent de renouveler car désormais, ils ne peuvent plus… ils ne doivent plus s'arrêter en si bon chemin. Ce jeudi en quart, ils retrouveront le Portugal qui est venu à bout de la Macédoine (29-25). Un gros morceau, c'est vrai mais peu importe, la machine française est sur son tapis volant !  

par Yves MICHEL


Antoine Tissot (notre photo de tête) n'a pas l'habitude de tomber dans l'extravagance mais quand l'ailier droit chambérien est en confiance, qu'il se sent pousser des ailes et que surtout des caviars atterrissent dans ses mains, il est totalement aspiré vers le but. Baptiste Damatrin, sur le côté opposé, nourrit le même appétit. Et quand ces deux-là accordent en même temps leur violon, c'est la Norvège toute entière qui sent venir les larmes. Le match n'avait même pas franchi son 1er quart d'heure que les Nordiques avaient déjà eu recours à un temps mort. Panique à bord. Dûe à un départ catastrophique et des Français déterminés à ne laisser aucune alternative à leur adversaire. Des entames réussies, ils en avaient vécues mais par la suite, l'édifice s'était craquelé et l'épilogue n'avait pas été celui escompté. Cette fois, il fallait aborder cette dernière ligne droite des matches-couperet avec un tout autre état d'esprit. Arrêter de gamberger et aller de l'avant. Et les Bleus n'ont rien lâché. « Dès le départ, raconte Antoine Tissot, chacun a rempli sa mission, c’est ce qui explique notre réussite. On a amené les Norvégiens là où on le voulait. C’était très intense et quand tu joues en attaque, qui plus est à l’aile et que tu as autant de ballons, tu prends vraiment ton pied. » Faire déjouer l'adversaire. Pour cela, le jeu norvégien avait été méticuleusement décortiqué. Les points forts étaient identifiés, les failles aussi, le travail préparatoire réalisé par David Fayollat, esthète de la vidéo s'avérait primordial. Encore fallait-il que les directives soient parfaitement suivies ! « C’est dans ce domaine que les garçons ont progressé, insiste Pascal Bourgeais, autre cadre technique. Le travail préalable est toujours fait mais parfois, tout ne se passe pas comme on l’aurait souhaité. Les jeunes prennent des initiatives et oublient les fondamentaux. Aujourd’hui, tout le monde a pris les choses dans le bon sens. » Le postulat de départ était simple : gêner les Norvégiens dans le périmètre où jusque-là ils avaient excellé, les 6 mètres. En coupant notamment la relation entre le demi-centre et le pivot.



Le talent de démolisseur des gros cubes comme Jotham Mandiangu et surtout Jordan Yamdjeu (photo ci-dessus) va produire ses effets. L'Ivryen par exemple, transfuge de l'équipe de France jeunes de "beach" a mis ses 98 kg au service de ses partenaires et les Nordiques après plusieurs tentatives, n’ont pu que constater les dégâts. A deux reprises, Kristian Larsen va réussir à se faufiler entre les mailles du filet mais une fois le malaise identifié par les Français, le pivot s'est retrouvé en échec. « On a fait de Jordan, le socle de notre défense, insiste Pascal Bourgeais. Il a totalement accompli ce qu'on attendait de lui. Il a cette propension à détruire à lui tout seul ce qui fait la force des joueurs majeurs de l'équipe adverse. Bien entendu, il n'est pas le seul à le faire, pour mener à bien sa mission, il lui faut du monde autour. » Et les minutes vont s'égrener sur le même tempo. Quatre, cinq longueurs d’avance pour les petits Bleus qui ne donnaient aucun signe de relâchement. D’autant que si les ailiers Damatrin et Tissot rejoints par Drévy Paschal s’étaient jusque-là le plus mis en évidence, la base arrière ne tardait pas à s’illustrer avec l’increvable Sadou Ntanzi et le fantasque mais si précieux Mathieu Salou. Mais comme à leur (mauvaise) habitude, les Français vont connaître un temps faible. Assez sérieux, les Norvégiens alignant un 4-0 qui va les ramener à une longueur de retard (14-13). Il était temps que la pause intervienne. Le coach norvégien avait remplacé son pivot et Victor Helsinghof était plus tonique que son collègue Larsen et surtout plus efficace. Comment les Français allaient-ils digérer ce temps faible de cinq minutes et l’hémorragie allait-elle s’étendre ? «L’an dernier quand on prenait un éclat de la sorte, on passait derrière et on n’existait plus. C’est un autre progrès qu’ont fait les garçons. Mais si on veut aller plus loin, il faudra réduire ces périodes de doute, éviter ce déchet qui donne des ballons faciles à l’adversaire.» La menace norvégienne était bien présente, Helsinghof étant toujours aussi dangereux. Auteur d’un bon tampon sur Tissot, le Norvégien sera exclu 2’. C’est le moment que choisira Sadou Ntanzi pour illuminer la salle. Un pénalty, une trajectoire parfaitement calibrée dans la cage adverse laissée vide et un autre tir avant de se faire sécher à son tour, le Parisien avait non seulement soigné son capital mais permettait à ses partenaires de reprendre de la distance (+5). Ils vont longtemps surfer sur ce matelas. Pourtant un manque d’application, de la précipitation et trop d’initiatives prises en 1ère intention vont leur faire connaître un 2ème passage à vide. Moins prononcé que le 1er, les Norvégiens étaient cuits physiquement et si l’attaque tricolore s’était montrée un peu dispendieuse, la défense elle, tenait le coup. L’écart au score sera même maintenu (33-28). « C'est vraiment la prestation la plus complète qu'on ait produite, reconnait Antoine Tissot. On sent que match après match, le groupe grandit. » Satisfaction dans le camp français qui a vite quitté la salle sans prendre le temps d'assister au dernier 8ème qui devait désigner le prochain adversaire entre le Portugal et la Macédoine. Certains étaient entre les mains expertes des kinés (Thomas Spinardi et Julien Kamm) quand ils ont appris que ce jeudi, ils retrouveraient plutôt les Lusitaniens. Ce sera des retrouvailles puisqu'ils les ont croisés pendant la préparation à St Malo (3 confrontations, 2 victoires de +4 et +3, 1 défaite de -7). « On a l'avantage de bien les connaître, poursuit le gaucher. Ce qui est sûr c'est que ça sera un gros combat. Maintenant, avec les équipes qui sont en face de nous et ce qu'on a fait aujourd'hui, on veut afficher de vraies ambitions vers le carré final. Je pense qu'il y aurait vraiment des regrets si on s'arrêtait avant.» Les Portugais doivent tenir le même raisonnement.  



Quatre questions à Sadou Ntanzi, capitaine fier d’une équipe de guerriers…

Sadou, dans quel état est-on après un tel succès ?
Vraiment heureux que cette équipe ait donné une belle réponse sur le terrain. Mais on n’a rien gagné. On ne fait que passer le 1er match à élimination directe. On y a mis la manière, c’est un vrai plus et on a su gérer nos quelques temps faibles. Quand on voit que la Croatie qui était parmi les favoris, est éliminée, on ne peut qu’être satisfait, mais je le répète, ce n’est qu’une étape.

Ce match, on a l’impression que vous l’aviez déjà récité avant de le jouer ?
Là, on doit dire merci au staff qui nous a parfaitement préparés et surtout à David (Fayollat), le responsable de la vidéo. On avait pu déceler tous les points forts des Norvégiens mais aussi on savait dans quels secteurs, on pouvait les gêner. Et en respectant les consignes et surtout en jouant collectif, cela a très bien fonctionné. Il ne fallait pas les laisser respirer et en défense, on devait imposer le combat. 

Parti comme c’est parti, il est interdit de s’arrêter en quarts…
Bien-sûr. En plus, je l’avoue, à titre perso, je gamberge beaucoup, je me remets souvent en question et j’ai pris l’habitude d’envisager tous les scénarios possibles. C’est dans ma nature. Des fois, ça tourne presque au cauchemar. Tous les soirs, ça se bouscule pas mal dans ma tête. Je pense à tout ce qui peut se passer, si on gagne, si on perd, si on peut être champions, si on perd en finale… c’est fou je sais mais je ne suis pas le seul comme ça. En tout cas, on a une envie. Ce n’est pas d’aller le plus loin possible mais tout simplement, d’aller au bout.

Comme…
Oui, comme la génération précédente. Ce qui m’a un peu énervé, c’est qu’en nous comparant à ceux qui étaient là avant nous, il y a eu plein de critiques. Mais c’est normal car on n’a pas encore leur niveau. On doit écrire notre histoire. L’objectif, c’est une médaille, on sait que cela va être difficile car il reste encore de sacrés adversaires mais si on n’a pas cette ambition, ça ne sert à rien de se battre comme on l’a fait aujourd’hui. Je suis sacrément fier d’être le capitaine de cette équipe !



A Skopje (Nord Macédoine), SC Jane Sandanski Arena
Huitième de finale, mercredi 14 août 2019
FRANCE - NORVEGE   33 - 28  (mi-temps: 16-14)

Arbitres: Igor and Alexei Covalciuc (Moldavie)

FRANCE: Bolzinger (36' - 9a/26), Gouy (24' - 2a/12) - Laden, De la Bretèche (0/1), Tissot (7/8 dt 1/1 à 7m) Gaillard (n.u), Ntanzi (7/8 dt 1/1 à 7m) Damatrin (6/7 dt 3/4 à 7m) Paschal (4/6 dt 1/1 à 7m) Lenne (3/3) Zaepfel (0/4) Thellier (n.u), Verin (0/1) Yamdjeu (0/1), Mandiangu (1/2) Salou (5/11)

NORVEGE: Kristensen (59' - 10a/41), Nilsen (1' - 1/2 à 7m) - Reitan (2/4) Lindqvist (0/2) Segujja (3/5) Inselseth (0/1) Lillelien, Norberg (4/10) Rekstad (1/1 à 7m) Larsen (3/3) Buchardt (n.u) Langeland (n.u) Elverhoy (1/1) Helsinghof (7/7) Lyse (7/16) Gjermundnes (0/1)

Evolution du score: 4-0 (3) 4-1 (4) 5-3 (10) 9-5 (15) 13-8 (20) 14-11 (25) 14-13 (27) 16-14 (MT) 17-16 (32) 21-16 (35) 23-20 (40) 28-23 (46) 29-25 (50) 32-27 (55) 33-28 (FIN)



Le Portugal a attendu le money-time

Malgré 3000 supporters derrière elle, la Macédoine de Danilo Brestovac n'a pas réussi à passer le cap des 8èmes et a cédé sous la pression du Portugal (29-25). Un match comme on les aime dans les Balkans et partout ailleurs, tendu et très musclé où chaque bloc a défendu son périmètre. Les deux formations se sont longtemps neutralisées mais c'est le plus souvent les hôtes de la compétition qui ont couru après le score. A six minutes de la fin, rien n'était décidé, les Macédoniens qui venaient de repasser devant (23-24) par l'intermédiaire de leur arrière gaucher Serafimov (meilleur réalisateur de la soirée avec 9 buts) vont prendre une secousse (6-1) dont ils ne se relèveront jamais.

Les Lusitaniens qui sont les seuls avec le Danemark à avoir remporté tous leurs matches depuis le début du Mondial (5 en poule et donc le 8ème) ont fait la différence grâce à leur ailier gauche Filipe Morais (photo ci-dessus - 6/8), leur demi-centre Joel Ribeiro (5/8) et leur gardien Alexandre Magalhaes (15 arrêts). Les Français qui ont disputé et remporté leur 8ème, deux heures plus tôt, seront-ils plus frais et donc avantagés ? La réponse de Pascal Bourgeais est sans équivoque. «Non certainement pas parce qu'on a laissé beaucoup d'énergie, y compris mentale dans l'approche de notre confrontation avec la Norvège et les garçons sont sortis fatigués. C'est vrai qu'une victoire facilite la récupération. De toute façon, le chemin est tracé, les garçons ont savouré quelques minutes et ils se sont rapidement tournés vers le quart. »  Du côté du staff portugais, la satisfaction accompagne l'analyse même si Carlos Martingo, l'entraîneur ne s'estime pas totalement satisfait de la prestation de son équipe. « Nous n'avons pas joué à notre niveau, en défense ou en attaque. Pour mes joueurs, c’était une nouvelle expérience d'évoluer dans un environnement complètement défavorable, et je pense qu’ils ont donné une réponse extrêmement positive, car gagner en Macédoine contre la Macédoine est très difficile. Nous sommes donc extrêmement fiers du parcours que nous avons accompli jusqu'à présent et nous ne voulons pas nous arrêter ici. Nous savons que le quart sera un match extrêmement difficile, mais nous pensons pouvoir gagner. » A Drévy Paschal (photo ci-dessous) et ses coéquipiers de lui démontrer exactement le contraire.



Et si on voyait plus loin ?

Quelle que soit l'issue du quart de finale, il reste donc aux Français trois matches à disputer. Celui contre le Portugal, ensuite, c'est au choix. Entre le carré final et le classement de la 5ème à la 8ème place. Si, comme tout le monde l'espère, une demi-finale est en vue, ce serait face au vainqueur du quart entre l'Islande et… l'Egypte que les Tricolores ont battu pendant la phase préliminaire. De l'autre côté, c'est plus sinon tout aussi musclé. La Hongrie (voir plus bas) qui a créé la surprise en sortant la Croatie sera à l'épreuve de l'Allemagne. Les Espagnols qui ont joué au yoyo en 2ème période (de -5 ils sont passés à +3 pour ne s'imposer que de +1) ont battu une copie des champions d'Europe suédois. Ils retrouveront en quart le Danemark qui en faisant constamment la course en tête, s'est habilement sorti des griffes de la Tunisie.   

Le handball mondial reste donc sur représenté en… Europe. L'Egypte si chère au président de l'IHF est la seule nation "étrangère" au Vieux Continent. Au Mondial U21 en Espagne il y a trois semaines, les champions d'Afrique avaient raflé le bronze. La génération des U19 veut non seulement égaler un tel résultat mais si possible le dépasser.



Les résultats des 8èmes de finale

Jane Sandanski hall

Boris Trajkovski hall

EGYPTE - SLOVENIE

30 - 23

ARGENTINE - ALLEMAGNE

25 - 33

CROATIE - HONGRIE

23 - 27

ISLANDE - JAPON

38 - 34

FRANCE - NORVEGE

33 - 28

DANEMARK - TUNISIE

30 - 25

ESPAGNE - SUEDE

28 - 27

PORTUGAL - MACEDOINE

29 - 25

Les affiches des quarts de finale (ce jeudi 15 août)

Jane Sandanski Hall

Boris Trajkovski Hall

EGYPTE - ISLANDE       18h30

ALLEMAGNE - HONGRIE     18h30

FRANCE - PORTUGAL   20h45 

ESPAGNE - DANEMARK       20h45



La Hongrie expulse la Croatie et s'offre les quarts


C'est la sensation de la journée. La Croatie pourtant donnée favorite avant même le début du tournoi et qui avec la meilleure défense du Mondial, avait fait un sans-faute (5 victoires en autant de matches) en phase de groupe, est sortie par la Hongrie (23-27). Grâce à une défense qui a tenu le choc et un gardien (Benedek Nagy) décisif dans le dernier quart d'heure, les Magyars n'ont jamais vraiment été en difficulté. Ils ont pris les commandes d'entrée et n'ont connu qu'un temps faible en fin de 1ère période, encaissant plutôt sur leurs erreurs que sur la domination croate, un 3-0 qui aurait pu les faire douter (MT 12-13). Malgré une double infériorité numérique, les Hongrois sont restés très concentrés et n'ont surtout rien lâché, leur pivot Huba Vajda passant en revue une défense croate aux abois. Avec trois buts d'avance à 2' du terme, sur le bord de touche, ses partenaires pouvaient commencer à sauter dans tous les sens (photo ci-dessus) et envahir le parquet dès l'amorce du buzzer (23-27). 10ème de l'Euro l'an passé, la Hongrie écarte la Croatie qui chez elle avait terminé 4ème. En quart, ce jeudi, les Magyars seront opposés à l'Allemagne qui après une 1ère période assez équilibrée (15-16 à la pause) a débordé l'Argentine (25-33).

© Yves Michel
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