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LNH: Patrice Canayer... voilà 26 saisons que cela dure !
LNH: Patrice Canayer... voilà 26 saisons que cela dure !
13 Août 2019 | France

L'occasion était trop bonne. Après plusieurs rendez-vous manqués, Patrice Canayer a dans un emploi du temps surchargé, trouvé un moment pour répondre à nos questions et faire le point sur le Montpellier Handball à la tête duquel il vient d'atteindre et dépasser le quart de siècle.

Propos recueillis par Yves MICHEL


Record de longévité absolu. Vingt-six ans que Patrice Canayer est à la tête de la machine montpelliéraine. L’été dernier, le technicien sortait d’une saison faste auréolée du titre suprême en Ligue des Champions (le 2ème sur sa carte de visite et celle du club héraultais) et une place de dauphin du PSG au terme d’un exercice où le doublé pouvait être envisagé. Les lendemains de victoire et de félicitations sont parfois difficiles. Et le MHB a bien malgré lui, créé un précédent. Pour la 1ère fois dans l’histoire de la compétition européenne, le tenant était incapable de se qualifier pour les phases finales. 2018-2019 sera pour le club, une saison dépourvue de titres. Ah si… on allait l’oublier… la maigre consolation de rafler début septembre le Trophée des Champions. Récompense qui ne débouche sur rien ou pas grand-chose. C’est certainement la fin d’un cycle pour les locataires de Bougnol. De nouvelles têtes ont fait leur apparition, d’autres ont disparu et non des moindres. Parmi les plus emblématiques, Michaël Guigou a choisi de s’exiler chez le voisin nîmois pour continuer à exercer son métier de joueur. Patrice Canayer lui, est toujours là. Fidèle au poste, animé par la même passion, convictions chevillées au corps. L’homme regarde toujours vers le haut sans trop se retourner. A 58 ans, on ne se refait pas. Et c'est sans concession qu'il nous a accordé un entretien.

Quelles sont les leçons à tirer de l’année écoulée ? C’est en-deçà de ce qu’on attendait…
Chacun est libre de faire son analyse. On a essayé de réagir en prenant quelques décisions pour faire en sorte de partir cette fois, sur de meilleures bases. La question sur la Ligue des Champions en est une parmi tant d’autres. Ce qui est essentiel, c’est comment on construit une équipe performante avec un budget déterminé.

Doit-on parler de nouveau cycle ?
Cela pourrait y ressembler, oui. Maintenant, la vie d’une équipe n’excède pas 3 ou 4 ans. Ça rentre dans les habitudes et souvent, on ne s’aperçoit même pas des changements. Là, c’est vrai, il y en a eu quelques-uns et cela peut faire penser que c’est prononcé. A la direction du club et dans le groupe de joueurs. Avec des éléments qui nous ont quittés et d’autres qui sont arrivés.


                      Il faudra s'y habituer, Guigou viendra à Bougnol en visiteur et non en taulier

                          « Certaines positions ont été très partisanes »
                                                
Le départ de Michaël Guigou a fait le plus jaser. Une vraie page du club s’est tournée…
Je ne sais pas… chacun a son interprétation. Des joueurs-cadres de l’équipe arrivaient à un certain âge et on a pensé qu’il fallait passer à autre chose. Je considère que ça s’inscrivait dans une certaine normalité et le seul reproche qu’on aurait pu nous faire, c’est si on n’avait pas pris de décision. Le départ de Vincent Gérard ou de Vid Kavticnik s’inscrit dans cette logique.

Oui d'accord, mais Michaël Guigou, c'est quelqu'un à part
J’ai remarqué que dans certaines analyses, la passion l’avait souvent emporté sur la raison. Certaines positions ont été très partisanes. Nous avons pesé le pour et le contre. Michaël et il n’est pas le seul, ne faisait plus partie de l’avenir du club. Il ne faut pas non plus tomber dans la caricature, il n’y a pas eu d’un côté les bons et de l’autre, les méchants.

                              «Je ne choisis jamais un joueur, tout seul »

Es-tu pour l’instant satisfait des joueurs que tu as choisis ? 
Déjà, je voudrais apporter une précision qui a été une ambiguïté la saison dernière, je ne choisis jamais un joueur… tout seul. Contrairement à l’idée répandue, je ne suis pas le patron de l’équipe …

Ah bon ? Ça c’est une vraie information
Oui, oui. Et ça sera illustré par la présence d’un nouveau président qui devrait être beaucoup plus proche de l’équipe au quotidien. Les décisions sont prises au sein d’un comité directeur à 4 personnes et je ne suis qu’un membre de ce quatuor. 

On a quand même l’impression que ce que tu veux est toujours validé…
Les décisions qui sortent du comité directeur sont unanimes. Mais ce qui parait le plus important, c’est sur le choix des joueurs. Il est fait en fonction de deux critères. Le sportif et l’aspect financier. Aujourd’hui, beaucoup de gens sont capables de faire une équipe, la question est de savoir faire des additions et des soustractions. Une des satisfactions qu’on peut avoir, c’est que depuis 4 ans, nous rendons des comptes équilibrés à nos 17 actionnaires.

C’est bien mais tu n’inventes rien…
Si ce n’est que c’est une nécessité. Concernant le recrutement ou plutôt la prolongation des contrats. Aujourd'hui, quand on veut garder Melvyn Richardson ou prolonger Valentin Porte, il faut savoir faire des additions et des soustractions. Ça j’aimerais qu’on le prenne en compte pour que les analyses soient objectives.

Cela signifie que vous faites constamment des concessions ?
Ce n’est pas le mot que j’emploierais… ce que je veux faire comprendre, c’est qu’on ne peut pas faire des choses pour faire plaisir. On est obligé de peser le pour et le contre.  Je vais prendre un exemple très concret… le cas de Baptiste Bonnefond. On lui a fait une proposition, il a choisi d’aller à Aix pour un différentiel de salaire franchement minime puisque je le connais. Mais c’est son choix et pas le nôtre !

                                  « Pas de turn-over au niveau des gardiens »

Le recrutement est-il axé sur des joueurs revanchards ? 
Là aussi, il faut rétablir certaines vérités. Duarte, par exemple, je voulais qu’on le recrute avant même qu’il parte à Plock, les finances ne nous l’ont pas permis. Ça nous aurait bien aidé juste après le titre européen car notre tort a été de ne pas avoir su faire évoluer le groupe. On s’est peut-être endormi sur ce titre et on a oublié qu’il fallait bouger, notamment les cadres. On a aussi fait le choix de nous tourner vers des éléments majeurs.

Comme Ségo qui a gagné la Ligue des Champions ?
Voilà… c’est la démarche.

Du coup, avec lui, Bonnefoi et Portner, ce sont trois gardiens pour deux places… ce n'est pas un peu trop ?
Kévin (Bonnefoi) n’a pas fait une dernière saison extraordinaire. Celle de Nikola (Portner) a été correcte mais sans plus. Les deux ne nous ont pas totalement convaincus de leur capacité à devenir des numéros 1. Il y a eu l’opportunité de recruter Sego qui voulait venir en France. On a vite retrouvé un terrain d’entente.

Mais la situation risque de devenir… ingérable ?
Non, la situation est claire. Déjà, on a ouvert des portes de sortie à Nikola et Kévin, ils ont eu des propositions mais ils tiennent à relever le défi à Montpellier. Ce qui est acquis, c’est que Marin Sego part avec le statut de gardien n°1, Kevin et Nikola seront sur le même pied d’égalité.  
 
La crainte d’un combat de coqs est-elle possible ?
Non car la règle du jeu est déterminée dès le départ. Le seul inconvénient de cette situation, c’est que notre budget sur les gardiens dépasse celui qui était prévu. Mais l’avantage pour l’entraîneur que je suis, c’est qu’en ayant trois gardiens de ce potentiel, on devrait être bien armé dans les buts.

Un des trois sera donc déprécié et va se retrouver avec la réserve
Je répète que c’est un choix qui est assumé par les joueurs. Il y aura donc un n°1, un n°2 et un n°3 dans une hiérarchie qui peut être amenée à évoluer en fonction des blessures et des contreperformances.

Ne pourrait-il pas y avoir une sorte de turn-over ?
Il n’en est pas question. Je ne vais pas désigner celui qui va jouer le championnat, la "champions league" ou telle coupe.


                                          Yanis Lenne, un des espoirs du recrutement du MHB

               «Lenne et Descat peuvent incarner l’avenir en équipe de France»

Le recrutement de Lenne et Descat a-t-il une réelle signification  ?
Je dirai que s’ils n’ont pas le même âge, leur profil est semblable. Tous les deux peuvent incarner l’avenir en équipe de France. Ils en ont le potentiel, ils y sont passés. Descat, brièvement sur ses qualités en championnat, Lenne, tout lui a réussi pendant quelques années, il a été victime d’une conjoncture défavorable à Barcelone en se retrouvant en concurrence avec Victor Tomas et Aleix Gomez. Je dirai presque qu’il a été international avant d’avoir prouvé quoi que ce soit. Si ce n’est des performances en Espoirs.

Vous n’avez pas hésité une seule seconde à recruter Descat…
C’est vrai qu’on lui a collé une étiquette. De mon côté, je ne cherche pas à savoir si elle est fondée. Je m’en fous complètement. En Roumanie, à Bucarest, il était dans un bon club mais il avait disparu des radars du hand français. Il a manifesté par lui-même et surtout par son agent, une vraie volonté de revenir en France et à Montpellier. J’avoue que la démarche m’a séduit. S'il veut réussir, la balle est dans son camp.  

Mathieu Grébille partira au PSG l’an prochain, ta relation avec lui va-t-elle changer ?
Non. Même si je regrette sa décision. J’aurais aimé qu’il continue à Montpellier. Tant qu'il aura un comportement normal et se donnera à 200%, il n’y aura aucun problème de mon côté.

                                 « Le dernier des Mohicans sans Thierry Anti »

Tu entames ta 26ème saison à Montpellier, avec toujours la même envie ?
Je vais être très franc. Plus j’avance dans la carrière, plus ce qui gravite autour du hand commence à m’agacer. Quand on se retrouve face à 150 partenaires plus les collectivités territoriales et qu’il faut tous les ans les convaincre pour monter des budgets à 8 millions d’euros, ce n’est pas toujours facile. C’est très chronophage et de temps en temps, cela a un côté un peu pénible. En tant que manager général, je dirige 25 salariés dans le club et ce n’est pas facile de faire avancer tout le monde.

Julien Deljarry arrive dans les hautes sphères du MHB. Qu’est-ce que cela change ?
Il succède à Serge Granger qui a décidé d’arrêter pour des raisons personnelles. Les actionnaires souhaitaient que ce soit un des leurs qui prenne la présidence du club, Julien Deljarry a présenté son projet et il a été élu à l’unanimité. Il sera à 28-29 ans, le plus jeune président d’un club européen. Ce qui va changer, c’est qu’il va se rendre beaucoup plus disponible auprès de l’équipe professionnelle. 

Tu fais partie des derniers des Mohicans avec Thierry Anti mais il a dû s’exiler…
J’ai un immense respect pour Thierry et une profonde amitié et il le sait, il a quitté la France mais reste toujours dans le paysage. La leçon qu’on peut tirer nous autres entraîneurs, qu’on soit ou pas Mohican, c'est d'être toujours assujetti au choix de la direction de nos clubs respectifs. Et puis Thierry rebondit très bien, je connais la structure qu’il intègre et j’espère qu’il réussira. D’ailleurs je préfère le voir réussir à Lisbonne plutôt qu’à Nantes.

La tendance du championnat cette année va-t-elle se résumer à un mano a mano PSG-Montpellier ?
Difficile à dire car cela fait longtemps que ce n’est plus comme ça. Pour nous, ce qui va être compliqué, c’est l’enchaînement des compétitions. On a des qualités mais un effectif qui n’est pas pléthorique même si cette année, je compte m’appuyer sur de jeunes joueurs issus du centre de formation. Dès la reprise, on va commencer à pouvoir dégager une tendance.

Montpellier a son représentant aux J.O

En remportant la semaine dernière avec l'Argentine, les Jeux Panaméricains aux dépens du Chili, Diego Simonet est le 1er Montpelliérain qualifié pour les Jeux de Tokyo en août 2020. Ses partenaires français Grébille, Porte et Richardson lui emboiteront ils le pas ?

Sur une bonne note pour les débuts 

Les débuts sont plutôt encourageants puisqu'après avoir concédé un nul face à Chambéry (27-27) à St Jean de Maurienne, le MHB qui participait en Suisse au tournoi de Bâle, a remporté une ultime victoire de prestige face à Rhein Neckar Löwen de l'ancien parisien Uwe Gensheimer et l'ex Nantais Romain Lagarde. Ce fut serré (25-24) mais cela a suffi. Les Héraultais étaient pourtant menés de 4 longueurs (10-14) à la pause. Ce mercredi, c'est le FC Barcelone un autre grand d'Europe qui sera dès 20h30 à l'Arena. Montpellier enchaînera sur l'Eurotournoi à Strasbourg, rendez-vous incontournable du handball hexagonal (du 22 au 25 août).

© Yves Michel
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