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Vincent Gérard tente un challenge encore plus excitant
Vincent Gérard tente un challenge encore plus excitant
26 Août 2019 | France

En fin de semaine (samedi) au Trophée des Champions, Vincent Gérard retrouvera sous ses nouvelles couleurs parisiennes, Montpellier le club où il a passé quatre saisons et avec lequel il a remporté la Ligue des Champions en 2018. A 32 ans, le gardien de buts tourne une vraie page de sa vie d'athlète dans une structure qui nourrit encore et toujours de sérieuses ambitions.

par Yves MICHEL


L'homme a ce petit regard espiègle qui ne l'a jamais quitté. Si avec le temps et l'âge, sa réputation de chambreur des 6 mètres s'est peu à peu estompée, il garde toujours une certaine faconde, sans échappatoire, un langage vrai. Avec lui, aucun sujet n'est tabou. Il parle du passé, du présent et surtout de l'avenir avec la même passion, la même envie. Les mots sont spontanés, l'assise inébranlable.

Il y a quelques jours, il a déballé le dernier carton d'un déménagement de Montpellier qu'il avait eu le temps de préparer puisque la conclusion d'un accord avec le PSG handball est intervenue en juin… 2017. Depuis, il a pris l'ascenseur émotionnel de deux saisons très différentes, l'une marquée par la consécration d'une Ligue des Champions à Cologne, la dernière par une carte de visite qui a eu du mal à se remplir et où il a du essuyer quelques reproches concernant une réelle implication. 

Comment se passe ton installation dans la capitale ? Qu’est-ce qui change fondamentalement ?
Je n’ai pas eu trop le temps de faire du tourisme (sourires). Mais c’est sûr que c’est différent car j’arrive dans une des plus grandes villes du monde et forcément l’environnement extra handball change. Il faut se réhabituer à de nouveaux murs, au climat, même si à cette période on ne sent pas de différence. Ensuite, il y a le cadre sportif….

A ce sujet, as-tu la sensation de franchir un nouveau cap ?
Bien-sûr. En soi, ce n’est pas compliqué mais certains repères ne sont pas les mêmes et puis tu sors aussi quelque part de ton confort. Il y a une mise en danger parce que j’avais mes habitudes à Montpellier et qu’elles ne sont plus les mêmes.

Tu n’arrives pourtant pas en terre inconnue…
Ah oui. Il n’y a aucun souci pour l’intégration. Certains étaient des adversaires très récurrents et il y a les partenaires en équipe de France. L’aspect handball n’est pas le problème. C’est plutôt le rythme de vie qui change fondamentalement.

En tout cas, au niveau de la prépa, tout se passe bien…
C’est une période indispensable mais qu’on aime voir vite passer. C’est plutôt simple à gérer, c’est fatigant physiquement mais il n’y a pas encore le stress des matches à enjeu donc tout le monde est plutôt détendu, le cadre est cool et je m’éclate.

Qu’as-tu trouvé ici que tu n’avais pas encore rencontré ailleurs ? 
Il y a une plus grande rigueur, un cadre professionnel où tout est fait pour que tu n’aies à te concentrer que sur tes objectifs.

C’est sûr que tu es à des années-lumière d’Istres ou Dunkerque…
J’ai toujours retiré du positif des endroits où je suis passé. Cela m’a permis de progresser. Je commence un peu à vieillir et je suis vraiment très heureux de découvrir autre chose. 5 ans à Dunkerque, 4 à Montpellier, ce n’est pas comme si je m’étais empâté mais il y a le risque de tomber dans une certaine routine. Là avec quasiment les meilleurs joueurs du monde à chaque poste, l’erreur n’est pas tolérée.


                            Raul Gonzalez - Viran Morros vecteurs d'importance pour Vincent Gérard

Tactiquement, la mise en place est-elle différente, notamment défensivement ?
On fait tous le même sport ! En tout cas, on essaie de s’adapter. Avec Viran Morros, on parle beaucoup. C’est la 1ère fois que je joue avec lui, il sait déjà quel type de tirs je préfère, on est à la recherche du meilleur timing. Avec des joueurs de cette qualité, on parle le même handball. Le seul juge de paix sera la compétition.

Et la relation avec Raul Gonzalez ?
C’est la 1ère fois que je travaille avec un entraîneur étranger mais le gardien est un peu à part (rires) et j’ai un peu plus d’autonomie. Il a déjà pointé du doigt quelques aspects, il veut par exemple, que je sois présent dans le jeu, dans le repli sur les interceptions et comme c’est quelque chose que j’aime faire, il n’y a aucun souci. 



             " En quittant le club je le laisse en meilleure position qu'à mon arrivée "

A Montpellier… certains ont douté sur ton implication. Est-ce que cela t’a blessé ?
Ces gens, c’est qui ? (sourire narquois). On gagne le Trophée des Champions, on termine 2ème du championnat, je pense qu’en quittant le club je le laisse en meilleure position qu'à mon arrivée. Quand sur les derniers matches, il a fallu être décisif, j’ai fait plus de 15 arrêts à chaque fois… alors c’est vrai, ces paroles gratuites… elles ne font pas plaisir mais au final, ces gens-là, je les emmerde un peu. Car sincèrement, cela aurait été tellement simple après le Mondial, de préparer tranquillement mon déménagement et de laisser le club se débrouiller. Cela n’a pas été le cas.

Justement, ici, malgré le titre et une coupe, il y a eu le traumatisme de la Ligue des Champions…
C’est sûr que quand au cours de la même saison tu as le record de points en poule de Ligue des Champions, une seule défaite en championnat alors que le titre est joué et en coupe contre Montpellier à l’extérieur d’un but et que ce parcours exceptionnel est gâché par une mi-temps de contreperformance (contre Kielce)... Ce truc-là reste dans les esprits mais ça ne sert à rien de ressasser, il faut passer à autre chose.

Ça donne plus les crocs ?
Ne t’inquiète pas. Ils auraient gagné la Ligue des Champions, ils ne seraient pas encore rassasiés. Mais ce goût d’inachevé de la saison dernière donne une motivation supplémentaire.

C’est une situation particulière que tu vas vivre. Avec cette saison, Rodrigo Corralès et l’an prochain, Yann Genty. Tu seras l’interface entre les deux.
Pour moi, ça n’a aucune importance. Je connais les deux. Avec Rodrigo, cela se passe très bien, on échange pas mal et on travaille de façon à ce que le poste soit toujours performant. Quand j’ai signé, je pensais qu’on allait rester plus longtemps ensemble… Yann va arriver. On n’y est pas encore, on ne va pas commencer à se projeter dans un an.

Tu es vite devenu le n°1 en équipe de France, es-tu au PSG pour être encore plus performant ?
Quand on arrive à Paris, c’est évidemment pour évoluer. Quand je finis meilleur gardien du Mondial en 2017 et de l’Euro en 2018 et quand je gagne la Ligue des Champions, je n’ai pas l’impression d’avoir volé quoi que ce soit. Je vais peut-être avoir plus de visibilité par rapport à ça mais je ne pense pas changer de dimension. Je n’étais pas un joueur lambda le 30 juin et exceptionnel, le 1er juillet. Je suis resté le même en étant sans doute, plus exposé.

Tu t’es beaucoup engagé par rapport aux cadences infernales, as-tu l’impression que ta parole a porté ?
Une rencontre avec le président de l’IHF est prévue sous peu, il y a peut-être une prise de conscience. Maintenant quels vont être les effets sur les compétitions ? On parle d’un jour de repos obligatoire mais si c’est pour voyager et passer plusieurs heures dans les transports, on n’aura pas eu tout à fait la même notion de la récupération. C’est un sujet qui est loin d’être clos et qu’on suit très attentivement à l’international mais également sur le plan national.

Le thème récurrent des objectifs… quand on est au PSG…
(il coupe)… la question ne se pose même pas. Personne n’est venu devant nous nous dire ce qu’on avait à faire. Le niveau de motivation individuelle fait que chaque match sera abordé pour le gagner.

Cela commence samedi prochain avec le Trophée des Champions ?
Par exemple.

Face à un adversaire que tu connais bien…
Enfin, oui et non. Montpellier a bien renouvelé son groupe avec beaucoup de départs et quelques arrivées. Je vais retrouver face à moi, une équipe avec qui je n’ai jamais joué (rires). Mais cela ne change pas grand-chose à la finalité. 

Cette saison, doit-on s’attendre à un mano a mano PSG-MHB ou peut-il y avoir des surprises ?
Qui sait ? Même s’il existe une certaine régularité de la part de ces deux clubs, peut-être que Nantes, Chambéry, Nîmes vont avoir leur mot à dire. Il y a tellement d’aléas sur une saison. Il ne faut surtout pas tomber dans le péché d’orgueil car c’est très difficile d’enchaîner les bons résultats.

Tu auras remarqué que nous n’avons pas parlé une seule fois de… Thierry Omeyer…
Et pourtant, je commence à être rodé à cette question (rires). Je ne lui pique pas sa place, je suis celui qui arrive après donc je vais essayer de faire du mieux que je peux. Je ne vais pas faire du Thierry Omeyer. C’est vrai que les hasards de ma carrière ont fait que je suis souvent arrivé juste après ou en même temps que lui et c’est vraiment un honneur de pouvoir passer au même endroit.

© Yves Michel
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