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Jean Luc Kieffer, la passion humaniste
Jean Luc Kieffer, la passion humaniste
25 Octobre 2019 | France

Si on vous dit, Vincent Gérard, Mickael Robin, Julien Meyer, Roxane Franck ou encore Valentin Kieffer, tout de suite vous allez penser « gardien et gardienne de Handball »… C’est vrai ! Mais tous ceux-là et quelques autres ont un point commun en plus. Ils sont passés par les mains expertes de formateur d’un dénommé Jean Luc Kieffer. Formateur de gardiens comme on forme des Jedi, pour l’excellence absolue dans tous les instants et ce par seul amour du handball et de ce poste si particulier.

Après avoir formé des dizaines et des dizaines de gardiens et gardiennes, Jean Luc Kieffer va œuvrer pour la patrie toute entière et plus particulièrement pour l’équipe de France. Appelé dans le staff des Bleus par Didier Dinart et Guillaume Gille, il va maintenant guider les Gérard, Dumoulin, Meyer, Genty ou Pardin pour que l’équipe de France continue sa moisson de médailles internationales. Pour ceux qui souhaiteraient découvrir l’homme, un portrait du nouveau membre du staff tricolore…

Alsacien de toujours, membre d’une famille qui vit pour et par le handball, Jean Luc a d’abord eu une très jolie carrière avant de prendre son bâton de formateur. Des débuts dans la banlieue de Strasbourg au club de Truchtersheim. Une arrivée à La Robertsau où il va découvrir un maitre idéal en la personne de Branko Karabatic. Et après 6 saisons à la « Rob », 2 au Racing, direction la grande Bundesliga, la référence absolue du handball à cette époque, pour 5 saisons à Schutterwald… Autant dire une carrière de haut standing. Mais Jean Luc n’en avait pas fini avec sa passion, loin de là. A son retour en Alsace, il va mettre en application tout ce qu’il a pu apprendre pendant cette belle carrière et surtout s’inspirer du travail de son mentor Branko Karabatic pour former au Pôle de Strasbourg, une école de gardiens qui a fait plus que des merveilles. Certes, sa majesté Thierry Omeyer n’est pas passé par lui… Mais tous les autres le feront et quand on voit le nombre de sélections, de titres en jeunes comme en seniors de ses ex protégés, un petit quelque chose nous dit que tout cela n’est surement pas un hasard ! Que l’on ne peut pas tout expliquer par la nature du sol et les gènes alsaciens.

Amoureux du poste, Jean Luc l’est vraiment ! Mais en plus, une chose est claire quand on parle avec ses ex padawans, on entend parler de rigueur et de précision dans le moindre détail. Mais surtout, tous sont unanimes pour dire qu’il allie tout cela a une chaleur humaine et un sens de la relation hors norme ! Ils ont souffert, parfois plus que de raison dans des séances harassantes. Mais tous en redemandaient encore plus pour toujours progresser avec quelqu’un qui était toujours à leur disposition pour les guider et les aimer. Car s’il y a une chose que l’on sent très vite, c’est l’amour quasi filial qu’ont les gardiens passés dans ces mains et qui est totalement réciproque. Certes, ce poste de gardien au handball est si particulier, c’est une caste à part dans ce sport. Mais entre eux, cela va au-delà visiblement… Et si les gardiens cités plus haut sont devenus des stars, il y a tous les autres et à ceux-là aussi Jean Luc Kieffer prodigue tout son savoir. Ne cherchez pas la raison de la très nette hausse de performance de Bart Ravensbergen lors de son passage à Sélestat… N’ignorez pas tous les gardiens et gardiennes de N1 et N2 qui sont passés par ce moule. Et surtout gardez un œil sur les prochains, il y aura encore de très belles surprises !

On n’a certainement pas fini de voir arriver des jeunes alsaciens bourrés de talent et formés comme nulle part ailleurs. Tant que Jean Luc Kieffer sera dans la boucle, la source n’est pas prête à se tarir. Pourtant peu connaissent le nom, et encore moins le visage. S’il est une légende, c’est dans un petit monde de fous qui aiment voir arriver des balles à plus de 100 km/h sur eux. Cela lui convient parfaitement, comme cette pudeur quand on parle de la famille. De Valentin bien sûr, la dernière pépite sortie de la mine. Mais aussi d’Ilona, sa fille, partie dans l’aventure du handball professionnel à Besançon, mais en tant qu’arrière. Il y a aussi Charlotte, sa nièce, championne d’Europe en – de 19 et élue meilleure défenseure de la compétition. Pudeur, mais aussi une passion, presque un grain de folie, quand on parle de gardiens et surtout une envie de les voir se mettre en pleine lumière. Pour cela, cela passe par le Pôle de Strasbourg géré par Philippe Schlatter. Mais aussi par des séances avec les sélections du comité du Bas Rhin. Des présélections pour le Pôle, des séances dans les clubs de Sélestat et Achenheim ou autre ! Et même des séances dans son jardin… Quelqu’un qui aime sa passion plus que tout et à qui, celles et ceux qui ont croisé sa route, lui rendent bien.

Jean Luc Kieffer vu par…

Valentin Kieffer (photo ci-dessus), fils et gardien de Saran, champion du monde -18 et -21
Étant donné que Jean-Luc est à la fois mon entraîneur mais aussi mon papa, depuis tout jeune nous étions donc confrontés à une relation particulière. Au départ, ce n'est pas forcément facile de faire la distinction entre son papa et son entraîneur. Avec le temps forcement j'ai compris la différence et cette relation m'a été très prolifique. Ce que je retiens de sa méthode c'est surtout qu'on travaille beaucoup et que le lendemain matin, la majorité du temps on sent qu'on a eu entrainement gardien la veille. Je me rappelle quand j'étais petit on s'entraînait dehors dans le jardin, il a commencé à pleuvoir et je pensais qu'on allait rentrer s'abriter. Mais mon père n'était pas de cet avis, on n'est pas rentré tant qu'on avait pas fini la séance !  J'ai de nombreuses anecdotes semblables à celle-ci qui lui a permis de me transmettre des valeurs de travail d'exigence et de rigueur qui sont, je pense, primordiales.

Roxane Franck (photo ci-dessus), gardienne de Besançon, championne du monde -19
Jean Luc a toujours été volontaire pour m’accompagner. Dès le début il a été d’accord pour m’intégrer dans l’entraînement spécifique gardiens des garçons du pôle lorsque j’ai sollicité son aide par le biais de mon club (ndlr l’ATH). Il m’a ensuite fait plusieurs fois des entraînements spécifiques seule pendant les vacances ! Il m’a également permis de progresser sur de nombreux points tels que l’aile, ou les tirs à mi-hauteur. Lors de nos premiers entraînements, je ne faisais pratiquement jamais de parades mi-hauteur, on m’avait dit que physiologiquement cela allait être compliqué, mais à force de travail auprès de Jean Luc, j’y suis arrivée ! J’aime sa façon de coacher, son but est d’ancrer les parades dans nos habitudes afin que cela devienne des automatismes.

Mickael Robin (photo ci-dessus), champion de France et vainqueur de la Ligue des Champions
Jean Luc j’en parlerai des heures ! Il a été mon premier entraineur de gardien au pôle de Strasbourg et j’ai été le premier des gardiens qu’il a formé. Il sait être dur, même très dur, mais il le fait toujours avec une grosse humanité. Il sait détendre l’atmosphère quand on est près de craquer pour arriver à vous en demander encore plus. Pour moi il reste un référent quand je me pose des questions, que je ne suis pas sûr de moi sur un aspect particulier du jeu, j’ai une confiance absolue dans son jugement. Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette exigence dans la répétition des exercices, jusqu’à ce que le mouvement demandé soit parfaitement intégré et qu’il devienne automatique. Il n’hésitait pas à revenir plusieurs séances sur le même geste, la même parade jusqu’à ce que tout soit compris et intégré. Un souci du détail qui peut paraître superflu quand on est jeune, mais qui au final, fait toute la différence.

Vincent Gérard (photo ci-dessus), champion de France, d’Europe et du Monde
J’ai été le deuxième à passer entre les mains de Jean Luc. Pour moi c’était un gardien un peu mythique qui avait joué en Bundesliga, le Graal à l’époque. Les 3 ans que j’ai passés avec lui restent gravés à tout jamais dans mon esprit et surtout la dernière année, où j’étais le seul gardien du pôle, Mika (Robin) l’ayant fini la saison précédente. J’ai compris énormément de choses ! Il m’a façonné dans mon jeu et dans tout ce que je suis aujourd’hui. C’est avec lui que j’ai compris ce qu’était la lecture des tireurs adverses. Il m’a fait comprendre qu’il fallait toujours faire la bonne parade dans le tir de l’attaquant. Oublier les parades à l’emporte pièce où on saute partout, économiser ses mouvements et toujours être sur la balle, même si tu prends quand même le but. Aujourd’hui, je continue à échanger avec lui quand j’ai besoin de me caler sur un point de mon jeu. Tout le monde peut bien me dire ce que je dois faire, lui je sais qu’il a raison et j’ai une confiance absolue dans son jugement.

Julien Meyer Champion du Monde – de 21 ans
Pour moi, s’il y a un souvenir marquant de Jean Luc Kieffer, c’est quand il me disait « Arbeit » Ce qui veut dire « travail ! » en allemand pour me motiver lorsqu’il me faisait faire des exercices. Sa voix résonne encore en moi quand je suis sur le terrain et des histoires comme celles-là, j'en ai encore plein dans la tête.

© François Dasriaux
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