mèl :
passe :
s'abonner | oubli de passe
spécifiez l'adresse concernée
mèl :
retour
cliquez pour revenir
A Chartres, Toni Gerona veut transmettre son "duende"
A Chartres, Toni Gerona veut transmettre son "duende"
3 Septembre 2019 | France > LSL

Toni Gerona fait partie de la bande des trois. Des trois techniciens espagnols avec Raul Gonzalez au PSG et Alberto Entrerrios à Nantes, venus apporter leur savoir-faire à la tête d'une équipe de l'élite française. Le Chartrain connait déjà son environnement et maîtrise parfaitement la langue. Il ne lui reste qu'à communiquer le "duende" à ses joueurs. Ce sentiment mêlé d'engagement mais aussi de charme dont seuls les Ibères ont le secret. Le Catalan de Tortosa veut s'inscrire dans la durée et cette 1ère saison outre Pyrénées s'annonce capitale.

par Yves MICHEL


Les entraîneurs espagnols ont depuis longtemps essaimé un peu partout en Europe. Et dans les plus grands clubs. Si la France restait hermétique à leur talent, peu d’expériences ont été tentées. Au sein de l’élite, Toni Garcia en 2014-2015 a été en quelque sorte le précurseur à Toulouse. Puis la saison passée, Raul Gonzalez a posé ses valises à Paris et cette année, alors qu'Alberto Entrerrios a succédé à Thierry Anti sur le banc nantais, Toni Gerona leur a emboîté le pas à Chartres. Remplissant de pair la charge de sélectionneur de l’équipe de Tunisie (depuis 2017), c’est sa 2ème grande expérience d’entraîneur principal en club après s’être arrêté au Qatar à El Jaish entre 2015 et 2017.

Dans un français impeccable que lui-même pourtant qualifie de perfectible, Toni Gerona n'a éludé aucune de nos questions.

Toni, arriver à Chartres n'est certainement pas banal ?
C’est en effet une découverte pour moi. Un nouveau projet avec un nouveau coach et un staff qui a changé jusqu’au préparateur physique. Huit joueurs ont quitté le groupe et autant sont arrivés. Il a fallu renforcer la cohésion. Cela demande un peu plus de temps. On a dû aussi tenir compte de petites blessures qui ont affecté certains pendant la préparation mais tout rentre peu à peu dans l’ordre et après le tournoi de Doboj qu’on a gagné, l’équipe a fait un grand pas en avant. Mais très honnêtement, il y a encore du travail et nous sommes encore très loin de notre pleine capacité.

Vous entraînez également la Tunisie, l’approche est différente.
Cela n’a bien entendu rien à voir. Une sélection, ce sont quelques rendez-vous dans la saison et une grande compétition par an, un club c’est une gestion au quotidien. Je voulais vivre ce genre d’expérience et à Chartres, je pense avoir trouvé le cadre idéal pour le faire.

Comment expliquer cet attrait des coaches espagnols pour la LNH ?
Le championnat français a atteint un niveau jamais égalé. Il y a quelques années, il y avait une volonté de protéger un peu plus les entraîneurs français. C’est presque légitime.

Qu'a de plus un coach espagnol ?
Mais il faut arrêter d'opposer l'un à l'autre ! Peu importe la nationalité. Chacun exerce le même métier et on peut le faire un peu partout sur la planète. Le plus important est d’avoir dans un club une personne qui partage les objectifs qui ont été fixés par les dirigeants et qui sait parfaitement comment il va travailler avec ses joueurs.  Je pense par exemple que Thierry Anti au Portugal est dans cet état d’esprit et qu’il doit être très heureux d’être là-bas.

Existe-t-il une méthode Gerona ?
Ce serait prétentieux de dire cela. J’ai passé 16 ans au FC Barcelone et j’ai connu divers échelons. J’ai été très influencé par Valero Rivera mais la méthode ou le style change avec l’époque. Il y a cinq ans, Xavi Pascual ne fonctionnait pas de la même façon que maintenant. Tous les entraîneurs évoluent avec les joueurs qu’ils croisent. Ce que je demande c’est de la rigueur et de la discipline aux entraînements. Je répète tous les jours que le plus important, c’est l’équipe.

Quel style de jeu affectionnez-vous le plus ?
Tout ce qui est dans la continuité, la fluidité dans le maniement du ballon, voilà des notions très importantes. Les pivots, les ailiers ont un grand rôle à jouer. Je fais passer le message à Vanja Illic, Mortem Vium et Youssef Benali et je pense qu’ils sont très à l’aise dans ce que je recherche.


                     Toni Gerona pourra aussi se reposer son adjoint Frédéric Salmon (à gauche)

L'entame de saison sera très importante…
Commencer par Aix, ce n’est pas un cadeau, ensuite, il y aura un match-clé à Créteil, un adversaire direct pour le maintien.

L’objectif est donc clair…
Oui. Chartres est promu en Starligue, c’est normal de partir avec le maintien en tête mais il doit être assuré pour la fin du mois de mai. Il faudra je le répète, se montrer patient, donner du temps à cette équipe pour s’installer. Après Créteil, on a à escalader les cols du Tour de France ! On va enchaîner Paris, Nantes et Montpellier. En cinq journées, on aura joué quatre des meilleures équipes du championnat. 

Aurez-vous le temps de mener de front la sélection tunisienne et Chartres ?
Bien-sûr et les choses sont très claires avec les dirigeants. En octobre, il y aura la semaine IHF et le championnat sera à l’arrêt. Tout le monde aura le même calendrier. Après ça, il y a quelques jours supplémentaires pour travailler avec le club donc je serai le plus possible au contact du groupe.


            Transfuge d'Ivry, l'ailier danois Morten Vium fait partie des pièces maîtresses de Chartres

Cette saison est très importante pour vous sur les deux tableaux.
Evidemment. Comme je suis très exigent avec moi-même, je ne négligerai rien. Avec Chartres, j’en ai déjà parlé, l’obsession sera de réaliser des matches les plus aboutis possibles et surtout rester parmi l’élite. Avec la Tunisie, j’ai déjà constitué un groupe élargi à 25-30 éléments. Donc, je n’aurai qu’à déterminer qui sont les meilleurs et les préparer pour l’échéance majeure: la CAN 2020 qui en plus se déroule en Tunisie. Il y aura un très bon niveau avec notamment cette génération montante en Egypte (bronze U21 et or U19), l’Angola qui a été constamment présent sur le podium depuis 2014 et il ne faudra pas oublier l’Algérie qui se restructure avec l’arrivée d’Alain Portes. 

Wael Jallouz* fait partie de l’effectif mais rejouera-t-il un jour ? 
Je suis très attentif à l’évolution de son état de santé, il essaie de s’en sortir. C’est vrai, il a perdu beaucoup de temps. Je ne pense pas pouvoir compter sur lui avant la 2ème partie de la saison. Il faut qu’il reprenne tout le travail physique. Il a fait partie des meilleurs joueurs au monde donc l’avoir avec nous serait un réel avantage.

* Depuis le Mondial 2017 en France, Wael Jallouz a malheureusement collectionné les blessures. Parmi les plus graves, un souci aux yeux très mal pris en charge. Il est arrivé à Chartres en provenance de Berlin (à qui il avait été prêté par Barcelone) en janvier 2019 alors qu’il était blessé et n’a d’ailleurs jamais mis les pieds sur un terrain. Il y a peu, il a été opéré d’une péritonite.

© Yves Michel
Partager
Identification nécessaire pour ajouter une réaction
Qui sommes nous | Mentions légales | Devenir annonceur
(C) Copyright 1999-2012 EURL 2ICS - Tous droits réservés.
joueurs | équipe | actualités