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Starligue: Tous derrière et Paris devant ?
Starligue: Tous derrière et Paris devant ?
4 Septembre 2019 | France > LSL

Au Trophée des Champions samedi dernier, les Parisiens ont affiché la couleur. Il sera très difficile encore cette année de les déloger de leur piédestal. Pourtant au moins sept autres équipes prétendent au podium. Reste à savoir dans quel ordre. Pour la relégation, le Val-de-Marne et la Provence risquent d'être en fâcheuse posture. Mais comme souvent en pareil cas, le pronostic ne demande qu'à être bousculé. C'est la rentrée des classes de la Starligue et la lutte promet d'être intense.

par Yves MICHEL


Du plus petit budget (Istres à quasi 2,5 M d’euros) au plus gros (Paris à plus de 17), certains traits du discours sont les mêmes. Ils affirment tous que la concurrence s’est organisée et qu’il sera difficile de renouveler la performance de la saison écoulée. Dès le 1er match, le comportement des uns et des autres sera observé à la loupe. En un soir, la préparation sera loin derrière.

Pour ce qui est du top 6. Celui des Européens de l’exercice précédent,  s’oriente-t-on vers un copié-collé ? Une certitude : samedi dernier à Limoges, le PSG a envoyé un sacré signal non seulement à Montpellier mais à tous les autres. L’ensemble est déjà bien en place, les joueurs ont répondu physiquement au défi qui leur était proposé, la défense a excellement bien tenu, Vincent Gérard a démontré qu’il pouvait changer de maillot sans être trop perturbé, la tendance est donc positive. Même si tout le monde sait que ce n’est pas au seul palmarès du Trophée des Champions que sont attendus les Parisiens.

Qui seront les outsiders ? Montpellier ? Certainement. Même si Héraultais ont donné une image d’ensemble plutôt terne à Beaublanc. Trop d’éléments (Truchanovicius, Simonet, Soussi, Duarte) n’ont pas été au niveau. Le MHB a des ambitions mais aussi un devoir. Celui de faire oublier le fiasco du parcours européen incapable de sortir de la phase de poule. Samedi soir, Patrice Canayer avait l’humeur mauvaise et on le comprend. Si pour leur 1er match officiel, ses joueurs n’endossent pas la pression, où va-t-on ? Le groupe est au complet et Bonnefoi remis de ses soucis aux ischios pourrait même faire son apparition sur la feuille au détriment de Portner. Car dans les bois, le patron c'est Marin Sego.

Il y a ensuite les quatre représentants tricolores en coupe EHF. Pour Chambéry, la plus grande difficulté sera de confirmer le bon cheminement passé. La coupe de France, la 3ème marche sur le podium, pour son baptême du feu en Savoie, Erick Mathé a plutôt bien réussi. Pierre Paturel (notre photo) qui a repris avec fierté le brassard de capitaine puisque Quentin Minel est parti goûter à la Bundesliga, ne se fait pourtant aucune illusion. « On sait qu’on sera attendu. Déjà dans notre entourage, dirigeants, supporters, bénévoles, tous nous ont mis une certaine pression. On a construit notre dernière saison sur la régularité au niveau des résultats. C’est simple, nous n’avons perdu que face à des équipes qui nous précédaient. » L’intersaison en Savoie a été plus ou moins mouvementée.  Deux départs (Minel, Mindegia) pour trois arrivées (Faustin l’arrière-demi centre de Montpellier, Von Deschwanden le meneur de Stuttgart et Grigorias l’arrière droit de Tatabanya). « Le changement s’opère sur le poste stratégique de demi-centre. L’intégration de Jean-Loup s’est faite sans souci, celle des deux autres est plus longue due à la barrière de la langue. Mais après quelques cours de français, cela ira beaucoup mieux. » Les automatismes sont déjà là et la 1ère réception ce mercredi de Tremblay aura valeur de test. « Pour une fois, on débute à la maison, c’est une révolution (jusque-là le Phare était occupé par une grande foire qui débute la semaine prochaine). Cela signifie aussi qu’on n’aura pas le droit de se louper face à une équipe bagarreuse. Après, aller à Aix puis à Montpellier et recevoir Nîmes, cela va vraiment pouvoir nous situer. » La cerise sur le gâteau pour les Savoyards, après un an d’abstinence, c’est la réintégration en EHF. C’est encore loin puisque l’équipe n’entrera qu’au 3ème tour à la mi-novembre. « Si on a fait tous les efforts nécessaires pour retrouver cette coupe, ce n’est pas pour s’arrêter en tour qualificatif. Si on n’entrait pas dans la phase de poules, martèle Pierre Paturel, ça serait considéré comme un échec. » Nantes et Nîmes seront logés à la même enseigne. Faisant partie des seize équipes exemptes des deux 1ers tours.

Nantes 4ème aurait pu prétendre à mieux s’il n’y avait pas eu cette fin calamiteuse de championnat. En Loire-Atlantique, il va falloir non seulement digérer le départ de Thierry Anti et son remplacement par Alberto Entrerrios mais aussi le jeu de chaises musicales entre Nicolas Claire parti vers Aix et Aymeric Minne qui en vient. Le "H" qui entre en scène ce jeudi, bénéficiera plus tard d'une expertise plus approfondie.

A Nîmes, une victoire dans un tournoi aux confins de la Biélorussie a réussi à re booster un groupe qui n’a pas été épargné par les pépins physiques (Nyateu, Dupuy, Prandi) et l’arrivée de Michaël Guigou doublée de celle de Jean Jacques Acquevillo (qui manquera sa rentrée ce mercredi à Ivry en raison d'un problème à une hanche) a pour le moment compensé le manque de rotations et surtout de solutions dans la conduite du jeu. Mais avec un budget en augmentation de plus d’un million d’euros, l’USAM n’entend pas jouer les faire-valoir.



C’est le point commun partagé avec Pays d’Aix qui a décroché le dernier billet européen grâce aux bons résultats d’ensemble des clubs français. Pour sa 8ème saison (à peine) consécutive parmi l’élite, le club du président Christian Salomez affiche de véritables ambitions. Là aussi, le budget a été largement revu à la hausse  (+ 870 000 euros) et le recrutement effectué en conséquence avec un accent mis sur l’expérience (Claire, Kavticnik, Bonnefond) et le retour de celui qui a brillé lors du dernier Mondial juniors, Noah Gaudin. « On a un effectif pour viser le Top 4, assure sans sourciller le capitaine Iosu Goni Leoz (notre photo). Pour cela, il faudra nous améliorer dans la constance au niveau des résultats. Etre capables de battre les gros, on y est arrivé mais aussi être concentrés de la même façon face à des adversaires réputés moins bien armés. » L’Espagnol entame sa 7ème et peut-être dernière campagne au sein de la formation provençale. Il s’y sent bien et a vécu l’aventure au plus près. « C’est vrai que quand je suis arrivé, je n’aurais jamais pensé rester aussi longtemps. Une telle durée, c’est de plus en plus rare. Je suis en fin de contrat et je ne sais pas encore quel sera mon avenir. Mais bon, j’ai le temps d’y penser. Ce qu’on a à partager tous ensemble est plus excitant. C’est aussi grâce à mes bonnes perfs en France que j’ai réussi à être convoqué en sélection espagnole et 2020 est une année très intéressante avec l’Euro bien-sûr mais aussi la qualification pour les Jeux. » Taulier sur la base arrière, le Basque est tout à fait légitime pour évaluer le switch entre Claire et Minne. « Nicolas a plus d’expérience et de poids au sein d’une équipe. On l’a vu à Nantes. Cela n’enlève rien aux qualités d’Aymeric notamment en 1 contre 1 et dans la finition. Claire est plus complet, il joue peut-être un peu plus pour l’équipe. Je ne veux pas me montrer égoïste mais à titre perso, son arrivée et celle de Vidko vont me permettre de me recentrer sur mon jeu. » Six équipes déjà passées en revue, on sent bien que des oubliés commencent à trépigner.


                              Wissem Hmam - Dan Rares Fortuneanu, duo de choix pour St Raphaël ?

La saison écoulée, St Raphaël a disparu des sommets. L’usure du temps a été fatale à Joël Da Silva qui après un bail de 5 ans, n’a pas été prolongé. Et plutôt que d’aller chercher ailleurs ce qui pouvait se trouver à portée de mains, les dirigeants varois ont fait confiance à son adjoint, Dan Rares Fortuneanu qui connait la maison depuis… 2004. « J’ai changé de statut mais pas de principes, insiste le Roumain. Je suis peut-être plus dans l’anticipation, plus concentré mais toujours avec la même exigence. Je sais maintenant que si ça ne marche pas, c’est moi qu’on viendra trouver. » Le staff a changé (avec l’intégration de Wissem Hmam comme adjoint) mais pas l’effectif. Un départ (Jurka), aucune arrivée. « C’est un choix délibéré car on avait procédé à un brassage l’an passé en incorporant aussi des jeunes du centre de formation. On se retrouve avec des internationaux à tous les postes qui auront des devoirs et surtout devront donner l’exemple. Certains vont peut-être croire qu’ils sont intouchables mais ça serait un mauvais calcul de leur part. » Ce changement dans la continuité sera-t-il suffisant pour gommer le manque de rigueur parfois observé par le passé ? La défense qui faisait la force de la formation azuréenne n’a pas donné le rendement escompté. « Tu ne peux pas jouer les 1ers rôles en ayant la 10ème défense de l’élite. Pendant la prépa, on a beaucoup travaillé sur ce secteur. La saison dernière, on a montré qu’on était capables de battre Paris en championnat ou Chambéry en coupe et chuter face à des adversaires réputés plus faibles. Notre problème a été de rester concentrés jusqu’à la fin du match. C’est mental. Donc c’est à chacun de faire un effort. » Comparé à certains de ses grands rivaux, St Raph’ a un début de calendrier plutôt équilibré (Toulouse, Istres, Nantes, Ivry, Dunkerque). Mais comme la méfiance est de mise, Fortuneanu ne tombera jamais dans le piège de la prétendue facilité.


                                 Le Slovène Jan Jurecic, une des trois recrues dunkerquoises

Pour bousculer l'ordre précédemment établi, des dynamiteurs et des francs-tireurs seront nécessaires.

Avec un budget moindre mais une masse salariale supérieure à celle de Chambéry ou de Nîmes, Dunkerque peut affirmer de réelles prétentions. Un sérieux coup de balai a été passé dans l’arrière-cour avec le départ de quelques historiques et dixit Patrick Cazal, l’état d’esprit a changé (nous aurons l’occasion d’y revenir puisque les Nordistes attendront jeudi avant de se déplacer à Nantes). A quoi également peut prétendre Tremblay ? A enfin un peu plus de quiétude et de stabilité ? Rastko Stefanovic réintègre le club avec l’envie de l’amener au plus haut. Le Slovène aime les joutes et les matches au couteau. Cela tombe plutôt bien, nous aussi ! Si ses gars montrent un peu plus de constance, ils pourraient gêner plus d’un adversaire.

A Toulouse alors que comme partout la préparation est terminée, on se demande si tout a été correctement pensé. Selon le 1er bilan qu’il a tiré, Philippe Gardent a avoué ses inquiétudes sur la résistance défensive de son équipe. Un secteur en chantier a-t-il même avoué. Yassine Idrissi est remonté dans le centre de la France à Limoges et le Fenix a constitué un binôme pour le moins inédit dans ses cages. Le Belge Jeff Lettens a été associé au spectaculaire Brésilien « Bombom » de Almeida. Il faut que les deux hommes trouvent une saine émulation. Pierre Soudry fait aussi partie des six recrues toulousaines. Après 13 ans passés à Dunkerque, l’Amiénois n’est pas dans la ville rose seulement pour sa douceur de vivre et son climat ensoleillé. Il est en quête de revanche après une saison en retrait. Dans le sillage de l’inusable Pierrick Chelle, Toulouse qui pourra toujours compter au moins encore cette saison sur Ferran Solé et Nemanja Ilic, peut également faire office de poil à gratter.


                               Youssef Benali, cheville ouvrière de l'équipe de Chartres

A Istres, certains ont cru à une boutade lorsque Alain Felzen, le président a fixé l'objectif d'être au dessus de la 9ème place. Sans préciser donc que son club était le moins riche de Starligue. Il y a quelques mois, il a fallu un final de gladiateurs pour éviter la relégation. L'alchimiste Gilles Derot va encore devoir faire preuve d'imagination et de prise de risques. Il n'aura pas le choix tout en espérant une traversée plus sereine que lors du précédent exercice. Quelques blessures sont venues contrarier la fin de la prépa et recevoir Paris, dans le choc des extrêmes n'est certainement pas un cadeau. La salle sera bouillante.

Chartres est un des promus de la saison et depuis la victoire dans les play-offs de Proligue, beaucoup de paramètres ont évolué. Changement d'entraîneur avec l'arrivée de Toni Gerona, de président et renouvellement de la moitié de l'effectif. Tout cela dans un seul but: assurer le maintien et ne pas vivre le scénario 4 ans plus tôt avec une descente au terme d'une unique saison parmi l'élite.

Le sort des deux formations val-de-marnaises est-il lié ? Les finances de l'un et de l'autre n'ont pas permis de consentir à des folies en matière de recrutement. Plutôt minimaliste pour Créteil, l'autre promu de Proligue avec seulement deux renforts (le gaucher slovène Bratkovic et l'arrière gauche Molinié), peut-être plus judicieux pour Ivry avec quatre nouveaux éléments habitués à la Starligue (Caussé de Montpellier, Davyes de Dunkerque, Sako de Tremblay et Ooms qui avant Sélestat, était passé par Cesson). Les deux seront jugés à l'usage. Avec une entame bien compliquée puisque ce mercredi, Créteil se rend à Montpellier et Ivry accueille Nîmes.



Pierre Montorier (Créteil) "Ne pas aller à Montpellier en victimes"

Dans quel état d'esprit, abordez-vous ce début de championnat ?
Impatient car on s'est préparé durant de longues semaines et on a hâte d'en découdre et surtout pouvoir se jauger.

Votre effectif a connu peu de mouvements. Est-ce délibéré ?
Oui, c'est une volonté de ne pas changer le groupe. La plupart des gars ont contribué à la montée, ils étaient encore sous contrat, je me voyais mal leur dire merci mais on ne compte plus sur vous. On a recruté sur deux postes qui nous paraissaient essentiels (aux extrémités de la base arrière).

On peut également considérer que Etienne Mocquais est une nouvelle recrue ?
Tout à fait. Il sort de deux années galère dues à des blessures. Il a largement les capacités pour jouer en D1 et peut même prétendre aller plus haut. Evoluer dans le top 5 de l'élite. Autant en profiter tant qu'il est chez nous.

Une équipe montée des play-offs ne s'est jamais maintenue. C'est inquiétant ?
On sait que cela ne sera pas facile. Si on arrive à mettre deux équipes derrière nous à l'issue de l'ultime journée à Chambéry, c'est suffisant (sourires). J'espère quand même qu'on n'aura pas à jouer notre peau là-bas. Une des clés sera de gagner le maximum de matches à la maison. Celui de la 2ème journée (contre Chartres) est d'ores et déjà capital.

Et l'entame face à Montpellier ?
On sait où on met les pieds. On y va sans pression mais comme j'ai dit aux joueurs le 1er jour de la prépa, c'est de ne pas commencer le championnat en passant pour des victimes.

Propos recueillis par David Poujol (Handzone)

Journée 1
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseTVDatehoraire
ChambéryTremblaybeIN6 04/0920h30 
ChartresAix en ProvencebeIN5 04/0920h30 
IstresParisbeIN4 04/0920h30 
IvryNîmesbeIN7 04/0920h30 
MontpellierCréteilbeIN8 04/0920h30 
ToulouseSt RaphaelbeIN1 04/0920h45 
NantesDunkerquebeIN1 05/0920h45 

en gras, le pronostic vainqueur

Au Trophée
© Yves Michel
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