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Rétro : 2001, l'odyssée nîmoise de Sandy Demangeon
Rétro : 2001, l'odyssée nîmoise de Sandy Demangeon
21 Avril 2020 | France
Il y a dix-neuf ans, dans un Parnasse rouge de bonheur, feu le HBCN soulevait la première coupe d'Europe d'une équipe féminine française. Un événement inoubliable pour l'ailière droit (à droite sur la photo titre), qui n'a rien oublié du parcours inattendu des Gardoises en Challenge Cup et de ce qui l'a rendu possible.


Bien avant des masques, la France cousait des étoiles en 2001. Cette année-là, bien sûr, les Costauds de Costantini s'en attribuaient une deuxième, à l'issue d'une finale planétaire d'anthologie (28-25 a.p. contre la Suède). Chambéry atteignait le firmament de la D1 masculine, Montpellier se remettant de sa destitution avec la Coupe de France. Chez les filles, Besançon reprenait le pouvoir à Metz.
Mais le 13 mai, la rivalité plus que décennale entre bastions de l'est était éclipsée par l'exploit du HBC Nîmes. En confirmant à domicile (18-16) sa victoire du match aller, à Split (Croatie, 18-22), Rosu, Macra, Roca et compagnie s'adjugeaient le 13 mai la Challenge Cup. La quatrième compétition européenne féminine par la taille, certes, mais surtout le tout premier trophée continental d'un club français.
Une page d'histoire que, profitant du confinement, rouvre pour nous Sandy Demangeon. « A l'époque, très peu de joueuses étaient professionnelles à 100 %. En 2001, j'étais en fac de sport, en maîtrise », contextualise l'ex-ailière droit (41 ans, une quarantaine de sélections en bleu), aujourd'hui professeure des écoles en CP, mère d'une fille de 5 ans... et encore en activité à Apt (Vaucluse).

Le Handball Féminin Français en rêvait, Nimes l'a fait.




Vous reparle-t-on encore aujourd'hui de la Challenge Cup de 2001 ?
« En famille, ou à Apt, pas tellement. Certaines des filles avec qui je joue n'étaient pas nées, ou presque. Si on me pose des questions, j'y réponds, mais ce n'est pas quelque chose que je mets en avant. »

Lorsqu'on évoque cette consécration, que vous vient-il immédiatement à l'esprit ?
« Je revois un Parnasse plein (3400 spectateurs). C'était la première fois que je voyais la salle comme ça. Il faisait très chaud, parce qu'on était au mois de mai, et je me souviens où était placée ma famille. »

L'ambiance de cette finale retour était-elle la plus belle jamais connue à Nîmes ?
« C'était la meilleure, oui. L'apothéose de cette saison de Coupe d'Europe. Pour moi, c'est le plus grand match de ma carrière. A Split, ça avait été aussi très très chaud, mais contre nous. La pression était forte, le public était agressif, très proche du terrain. Une poignée de supporters nîmois avaient fait le déplacement, ceux qui nous suivaient. Nous avions la sensation d'avoir à prouver, de ne compter que sur nous. »

Malgré l'animosité croate, vous parveniez à l'emporter de quatre buts...
« On a fait un gros match, à un horaire inhabituel, parce qu'on jouait l'après-midi. Il n'y a pas eu trop d'effervescence à la fin. Même si on commençait à y croire, il restait encore des choses à faire : le match retour la semaine d'après, le trajet, un match de championnat au milieu... »

Huit jours plus tard, Nîmes termine le travail. Le score étriqué (18-16) suggère-t-il un match retour serré, ultra défensif ?
« Non, parce qu'à un moment donné, il a fallu emballer le match. Rester sur nos acquis, ce n'était pas notre jeu. L'esprit nîmois, c'est un jeu rapide, dynamique. Jusqu'au bout, on a plus été offensives que défensives. Je revois Laisa Lerus (demi-centre) partir en contre-attaque à trois minutes de la fin, alors qu'on menait... »

Sur le moment, et après-coup, estimiez-vous avoir ouvert la voie du succès aux clubs, comme l'équipe de France vice-championne du monde fin 1999 ?
« Non, ce n'est pas ''grâce à nous''. C'est plus une effervescence générale du handball féminin. Nous, on a été à l'image sur cette Coupe d'Europe, mais ça voulait dire que tous les clubs étaient dans la même dynamique, et que le handball féminin commençait à prendre un peu partout. »

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Qu'est-ce qui caractérisait ce collectif ?
« L'esprit de groupe, la combativité à la nîmoise nous ont amené au bout. Sans être méchante par rapport à notre équipe, il n'y avait pas de superstars. Très peu de filles étaient internationales. Alain Portes, avec son passé de sportif de haut niveau et de joueur en équipe nationale, a apporté sa gestion de l'événement. Des joueuses comme Pascale Roca et Laïsa Lerus avaient aussi l'habitude de les gérer, mais c'était une minorité. Beaucoup de jeunes, comme moi, ont commencé à goûter à l'épopée européenne. »

Ce parcours a commencé en septembre 2000, à Messine. Pouviez-vous vous douter que cette entrée en lice serait la première étape vers le sacre ?

« On ne s'imaginait pas du tout en arriver jusque là. Mais comme on dit, la mayonnaise a bien pris. En Italie, on avait un gymnase sympa, mais très peu de spectateurs (une centaine, officiellement). J'ai d'ailleurs peu joué dans ce match-là, je m'étais fait mal à la cheville. »

La sauce a continué à prendre aux tours suivants, où vous écartez Uzhgorod (Ukraine, quarts) et le Luch Moscou (Russie, demi-finales)...
« Individuellement, le match à Moscou était l'un de mes plus aboutis. Le jeu me convenait bien, Alain m'a fait confiance, et j'ai su être à la hauteur. »

Par la suite, les campagnes européennes de Nîmes ont, hélas, été beaucoup plus brèves (élimination dès le premier tour de C4 à l'automne 2001, au deuxième tour de la Coupe des Coupes 2003-2004)...
« C'a été dur de se remobiliser derrière. On a toujours envie de briller en Coupe d'Europe, mais il y a eu des changements d'entraîneur, de joueuses... Nos adversaires, aussi, n'étaient peut-être pas au même niveau que ceux qu'on a rencontrés en 2000 et 2001. »

Vous avez quitté le HBCN et le haut niveau en 2008, un an avant la seconde victoire gardoise en Challenge Cup (26-22 et 30-25 contre Thüringen, avec Dancette, Signaté... et toujours Nathalie Macra). Etes-vous partie une saison trop tôt ?
« Non. J'avais arrêté le handball au bon moment, quand j'ai eu mon concours de professeure des écoles. Mon seul regret, ce sont les Jeux Olympiques (de Pékin). J'étais sur la liste pour y aller cet été-là, mais je ne suis pas partie. Ce qui m'aurait fait vibrer, c'était de vivre des Jeux. Mais vu mon âge, les cours et ma vie de famille à côté, ce n'était pas possible de repartir quatre ans de plus. »

Avez-vous gardé le lien avec vos coéquipières de l'époque ?
« Honnêtement, non. En 2008, j'ai jeté les baskets et je suis partie à Paris. J'ai eu énormément de mal à retourner voir mes anciennes copines. Pendant très longtemps, je ne suis plus retournée dans les gymnases, sauf pour voir le PSG et Camille Ayglon, avec qui j'avais gardé quelques contacts, quand elle venait jouer à Paris. »

Cette fin de carrière n'était pas définitive : vous évoluez depuis trois ans à Apt, tout près de Carpentras où vous êtes née, et de Mazan où vous avez commencé le hand à l'âge de 5 ans, coachée par votre mère...
« J'y venais en stage avec l'équipe de France jeunes, à ce fameux tournoi Corine-Chabannes qui s'appelait à l'époque Trophée du Luberon. Christine Maillet, la maman de Michaël (Guigou), que je connais depuis toujours et qui a joué avec ma mère, m'a convaincu de venir donner un coup de main. Alors que ça faisait dix ans que j'avais arrêté, et que ça faisait loin... Pendant un bon moment, je ne suis pas sûre que certaines, notamment les plus jeunes, savaient ce que j'avais fait avant. Et je connaissais plus les parents que les filles avec qui je jouais ! Cette saison, on est troisièmes (du championnat départemental), notre montée en Prénationale est acceptée. »

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Le parcours de Nîmes en Challenge Cup 2000-2001
Premier tour : élimine Messine (ITA) 19-17 et 24-13
Quarts de finale : élimine Uzhgorod (UKR) 35-14 et 17-19
Demi-finale : élimine Luch Moscou (RUS) 25-17 et 16-18
Finale : bat Split (CRO) 22-18 et 18-16

Notre compte-rendu de la finale retour au Parnasse

© Laurent Hoppe
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