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On y va tout droit ! Mais où ? (Acte 1)
On y va tout droit ! Mais où ? (Acte 1)
23 Juillet 2020 | France

On le sait maintenant, si la pandémie du COVID ne repart pas, les dates du handball professionnel sont connues et on sait que du 23 septembre 2020 date du début de la LSL au 9 août 2021, ou du 7 septembre 2020 à la date de la finale des JO de Tokyo pour la LBE, les joueurs et joueuses de Handball professionnels français vont en baver des ronds de chapeaux. Analyse de tout cela en deux actes !

Acte 1

Côté masculin, entre le passage à 16 de la LSL, la nouvelle formule de la Ligue des Champions, l’obligation de jouer en une saison les qualifications pour les JO et pour l’Euro, le Mondial en Egypte à 32 équipes en janvier prochain, si on additionne tout et que l’on se dit que les meilleurs disputeront les compétitions jusqu’au bout, ce sont pas loin de 80 matches officiels que pourraient devoir enchaîner les stars françaises de la petite balle pégueuse si ils sont au top toute la saison…

On frise presque la démence, en 46 semaines disputer 80 matches, et ce compte n’intègre pas les phases de repos obligatoires, les fêtes de fin d’années, la phase de préparation aux JO, au Mondial etc… Cela génère beaucoup de questions que l’on va essayer de poser une à une en essayant de décrypter les tenants et les aboutissants de chacune d’elle. Tenter de savoir quels en seront les impacts immédiats ou à long termes dans un sport à l’économie quand même hyper fragilisée par le COVID et la crise économique qui est en train de s’amplifier.

L’empilement des compétitions et la multiplications des matches
Certes, la saison 2020-2021 sera en tous points très particulière. Le report des JO et le début tardif, COVID oblige, fait que tout devra s’enchaîner au plus vite et très souvent. Cléopâtre Darleux (Photo ci-dessus), la gardienne du BHB l’avoue, les joueurs et les joueuses sont un peu résignés « C’est sûr, ça va être dur.  Mais les saisons avant les JO sont toujours difficiles, compliquées. Mais dur ou pas, on n’a pas le choix, et on est un peu résignées. Les instances ont fait au mieux, il n’y aura pas les phases finales comme avant, c’est positif ! ».Mais même si ce n’est qu’un épiphénomène, on peut légitimement se poser la question : « Est-ce que tout cela ne risque pas de se reproduire ? » Vincent Gérard, président de l’APJH (Association des Joueurs Professionnels de Handball) se pose lui aussi cette question « Bien sûr que l’on sait que la saison à venir sera très lourde avec tout ce qui s’est passé. Mais on se pose vraiment la question de savoir si tout se passe sans trop de casse, si cela ne va pas valider un mode de fonctionnement qui deviendrait récurrent ! » Le matches s’accumulent, les compétitions s’allongent, et cela n’a rien à voir avec le COVID, clairement c’est une volonté des instances dirigeantes et cela fait grincer pas mal de dents. Thierry Anti (Photo ci-dessous), président de 7Master met un peu en accusation l’EHF et l’IHF. « Je pense vraiment qu’il faut arrêter de jouer une compétition tous les ans. Déjà voir un Euro ou Mondial se jouer la même année que les Jeux Olympiques est aberrant. Il va falloir vite se poser la question sur ce sujet. Sinon c’est tout le Handball qui va aller droit dans le mur. On passe à 20 matches de LDC ou de Coupe EHF, on allonge et multiplie les compétitions internationales, la LSL passe à 16 clubs, etc… Est-ce là un bon moyen de faire la promotion du Handball ? » Evidemment, la multiplication des matches ouvre tout droit le champ à une multiplication des diffusions, donc potentiellement des revenus. De là à faire que les compétitions soient de meilleure qualité, il y a un pas à franchir… Les exemples du dernier Euro à 24 pour les hommes ou le Mondial à 32 pour les femmes sont criards ! On est loin d’avoir vu des matches de grande qualité et il a fallu attendre les derniers jours de compétition pour voir du très haut niveau. Est-ce la bonne formule pour capter des spectateurs et téléspectateurs pas fans absolus du Handball ?

La réduction des effectifs et des salaires
On a vu que la crise économique touche ou va toucher les clubs de plein fouet, résultat, beaucoup de structures ont anticipé une baisse budgétaire et se sont engagées dans des négociations pour baisser les salaires. Cet état de fait alerte Vincent Gérard ! « On nous demande de réduire nos salaires de 30%, mais dans le même on augmente le nombre de matches de 30%... Clairement le compte n’y est pas ! Pour les joueurs c’est un recul très net dans la professionnalisation et on se demande combien de temps il faudra pour que les choses reviennent en l’état. » Et si la LSL garde la même imposition au niveau du nombre de contrats pro, il n’en est absolument pas de même avec la ProLigue et la LBE… La réduction de ces contrats va mécaniquement engendrer une modification dans la gestion des effectifs. Thierry Anti, côté entraîneur, se pose lui aussi des questions. « Clairement, si on réduit le nombre de joueur pro, on va alors tirer toujours sur les mêmes. Les « Stars » vont avoir beaucoup plus de temps de jeu au détriment de leur santé. Mais on peut aussi légitimement s’inquiéter pour les jeunes appelés à faire le complément ! » Entre une sollicitation accrue dans les championnats nationaux et coupes d’Europe et des compétitions internationales 2020 repoussées en janvier prochain et celles prévues à l’été 2021, on se demande ce qu’il va advenir de la jeune classe bleue sur cette saison qui se profile…

La santé des joueurs
On arrive tout logiquement à se poser la question sur la gestion physique des joueurs à court et moyen termes ! Car si économiquement, il peut y avoir pas mal de dégâts, avec déjà une tendance à la réduction des effectifs qui va laisser pas mal de joueurs sur le carreau, la santé des joueurs sur la durée d’une carrière pourrait vraiment poser problème. Vincent Gérard résume un peu tout en quelques mots ! « Avec le rythme prévu, on peut se poser beaucoup de questions sur le futur des jeunes joueurs. Quand on voit comment ces jeunes joueurs comme Dika Mem(Photo ci-dessus) ou Ludovic Fabrégas (Photo ci-dessous) sont utilisés, on peut se poser des questions sur leur durée à très haut niveau. Même si ce sont des joueurs stars, ce sont encore des joueurs en cours de formation. On ne laisse plus le temps à ce type de joueur de se forger sur la durée. Et même si en termes de suivi, de nutrition de soins physiques, les joueurs et leur environnement ont énormément progressé, je doute que leur carrière puisse durer aussi longtemps que celle de la génération des Guigou, Abalo ou Karabatic. » On en arrive à se dire que tout cela va devoir être pris en charge par les staffs, et là la donne pourrait bien changer du tout au tout dans les gestion d’une saison. Et celle à venir va donner de grosses indications sur le sujet…

Acte 2 à suivre !

© François Dasriaux
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