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N1M : Christian Latulippe ou l'Atlantique effacée
N1M : Christian Latulippe ou l'Atlantique effacée
18 Septembre 2020 | National > Nationale 1M

Dans quelques heures, le championnat 2020-2021 de Nationale 1 masculine va se lancer. Certes, tous les regards sont tournés vers la poule Elite, mais c’est faire fit de 48 autres équipes qui sont là et bien là pour en découdre et tenter de rester à ce niveau où dans deux saisons, il faudra qu’il n’en reste que 48.

Une, parmi ces 48 là, goûte son bonheur à fond, c’est celle de Poitiers. Enfin plus exactement celle de Grand Poitiers, issu de l’historique PEC puis de du défunt PEC-JC et remis en selle via le club de Valvert. Après une très profonde chute dans les abymes jusqu’à l’excellence régionale, le handball poitevin renait de ses cendres avec cette place acquise en N1M à la grâce de la recomposition à 5 poules. Mais pour en arriver, il a fallu la rencontre assez improbable entre un enfant de Montréal devenu amoureux fou du Handball et un club qui ne parvenait plus à regrimper les échelons.

Un certain Christian Latulippe, enfant de la rive sud de Montréal, sur les bords du Saint Laurent où prosaïquement les seuls sports « logiques » sont le Base Ball et surtout le Hockey sur Glace, mythe parmi les mythes avec les « Canadiens de Montréal », véritable dieux vivants dans la province des cousins du Québec. Pourtant, après avoir commencé avec des patins au pied, c’est vers le Handball que va migrer la préférence de Christian Latulippe. « J’étais du quartier où tous les handballeurs de Montréal étaient concentrés et tous quasiment était dans l’éducation. Alors j’ai eu des professeurs qui m’ont initié à 12 13 ans et j’y ai pris plus que goût, avec au final un titre de champion du Québec avec Champlain » S’ensuivra 6 titres toujours avec Champlain, mais, le hic est que le handball canadien dans les années 80-90, c’est un peu l’Arlésienne… On en entend parler mais on ne le voit jamais. Confiné dans des salles inadaptées. Avec 0 budget et comme principe absolu de fonctionnement la débrouille, le fameux système D, une petit grappe d’amoureux de la balle qui ne colle pas encore va lancer un début d’aventure. Et Christian Latulippe va rapidement faire partie des piliers de tout cela. En tant que joueur au poste de demi-centre, mais déjà aussi en tant que coach, une fonction que le futur poitevin embrassera dès ses 15 ans.


Mais paradoxalement ce sont ses études qui vont le rapprocher de la France. Engagé dans une maîtrise de Géographie, il va venir à Grenoble pour continuer ses études. Il en profitera pour « tâter » du handball tricolore avec le Meylan HB avant de repartir pour finir ses études au Québec. Mais le handball n’en avait pas fini avec lui. Revenu à ses premières amours à Champlain en tant qu’entraineur manager du club, il va aller dévaster le handball des USA dans un tournoi à New York en 2001 ! « On a gagné le tournoi haut la main et la fédération des USA m’a contacté pour que je prenne en main son équipe nationale en vue de lancer un programme de développement avec les JO d’Athènes comme objectif. J’ai envoyé mon CV, fait un test à Westpoint (quand même !!!) et j’ai pris en main l’équipe nationale. On a progressé rapidement, au point de finir 4° des Panaméricains en 2003, mais insuffisant pour rejoindre la Grèce. Alors comme toujours aux USA, tout s’est arrêté d’un coup » l’ex-coach des USA va se lancer dans une aventure avec l’université de Cortland qui va intégrer le championnat du Québec et va arriver à lancer une ligue dans le Nord Est américain, mais faute de moyens là aussi, tout s’arrête en 2006. « Là je n’avais plus rien devant moi alors j’ai envoyé des CV aussi bien en Géographie qu’au niveau Handball un peu partout, aux USA, au Canada et en Europe et c’est le club de Perpignan qui jouait en Pré nationale qui a répondu en me proposant un mi-temps et un post doc en géographie… » Retour en France et début d’une aventure où le grand écart entre la France et l’Amérique du Nord sera le fil conducteur !


Alors que le handball canadien vit ses plus belles heures avec les Charles Bariteau, Alexis Bertrand (Photo ci-dessus face à la Grèce à Radès) et autre Geoffroy Bessette, tous venus jouer en France et qualifiés pour le Mondial 2005 en Tunisie. Christian Latulippe, lui, va commencer à marquer le handball tricolore. En passant d’abord de Perpignan à Toulouse ou en quelques saisons, il va comme adjoint d’Olivier Orfèvres envoyer Toulouse titiller le plus haut niveau français. Si l’aventure toulousaine se terminera sur un dépôt de bilan mémorable, cela ne freinera pas Christian Latulippe. La Motte Servolex va profiter de son savoir et grimper les échelon. Idem avec Le Pouzin, mais où les choses vont s’arrêter en 2014 faute de moyens. Sauf qu’entre temps, Christian Latulippe n’en avait pas fini avec ses amours américaines. L’équipe nationale du Canada féminine, les USA, toujours en féminine, les fédérations Nord-Américaines savent qu’elles on là un entraîneur capable de les emmener beaucoup plus haut. Alors malgré une famille en composition en France, le futur Poitevin va enchaîner les allers-retours au-dessus de l’Atlantique pour coacher et entraîner les sélections. « Le problème est toujours le même en Amérique du Nord, les moyens. On lance des programmes, on arrive à trouver un financement pour quelques saisons et tout s’arrête faute de moyens. Le rôle de sélectionneur est aussi de prendre sa petite valise et d’aller chercher des fonds pour continuer à exister. C’est comme ça qu’en 2015 je me suis retrouvé à Auburn au milieu du Texas sans finances pour continuer mon aventure avec les USA. Alors là encore j’ai envoyé des CV, j’ai prospecté et c’est Poitiers qui s’est présenté et je ne le regrette surtout pas ! On a fait progresser le club au point de revenir en N1, niveau que le club avait quitté en 2005 et conjointement je continue à être le coach de l’équipe nationale des USA féminine. » Si au niveau des USA les choses progressent aussi, les deux équipes de cœur de Christian Latulippe vont devoir passer des examens de passages dans cette saison 2020-2021 de tous les risques. Le COVID est là pour faire planer la menace d’un arrêt brusque et la compétition va être sacrément rude dans la poule 2 de Nationale 1 masculine pour Grand Poitiers avec des pointures comme les réserves de Nantes et Toulouse, les Bretons de Lanester ou les parisiens de l’ACBB ou encore le presque voisin saintais. Bref du pain sur la planche pour le natif de Montréal, celui qui, un jour, a troqué un palet pour un ballon rond en tout illogisme mais surtout avec une réussite indéniable !


© François Dasriaux
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