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Avec Zlatko Portner, une légende s'en est allée... trop tôt !
Avec Zlatko Portner, une légende s'en est allée... trop tôt !
23 Septembre 2020 | International

Zlatko Portner est décédé à l'âge de 58 ans. Le papa de Nikola Portner, gardien de buts du Chambéry Savoie Mont-Blanc Handball est parti sur la pointe des pieds bien trop vite. L'ancien joueur de Vénissieux était une gloire du handball yougoslave mais avant tout, un être humain d'exception.

par Yves MICHEL


Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Au pied de ces Alpes suisses où depuis si longtemps il avait élu domicile et travaillait. Zlatko Portner est décédé à l'âge de 58 ans.

Pas plus tard que la semaine dernière au détour d'un entretien avec Nikola, son fils, nouveau gardien de buts de Chambéry, nous avions évoqué LA légende. Car Zlatko avait non seulement donné sa vie au handball mais il en avait écrit les plus belles pages.

A la fin des années 80, quand la Yougoslavie et les pays de l'Est régnaient sur le handball international. Avec les Veselin Vujovic, Mile Isakovic et autres Mirko Basic, il n'avait pas tardé à appartenir aux "Extraterrestres". Ces joueurs qui ont le don de tenir toute une ville, toute une nation en haleine. Adulé, respecté, Zlatko avait remporté au sein du mythique Metaloplastika Sabac, six titres nationaux et trois coupes. L'Europe leur avait tendu les bras et les trophées avaient naturellement suivi avec deux succès consécutifs dans ce qui est aujourd'hui la Ligue des Champions en 1985 et 1986.

Zlatko Portner était un demi-centre hors pair dans son club et en équipe nationale. Capable de donner vie au ballon et d'articuler le jeu comme personne. Les "Extraterrestres" étaient partis à l'assaut de la planète handball. 98 sélections et 355 buts sur une carte de visite en or avec au cours de cette année 1986, la médaille de champion du Monde. En Suisse, là où le destin le ramènera quelques années plus tard. C'est l'état de grâce avec un nouveau podium, tout aussi sinon plus prestigieux aux Jeux de Séoul, en 1988 avec le bronze autour du cou.

Les fans de hand, les présidents de clubs, les médias spécialisés notamment des Balkans n'ont d'yeux que pour ces "mecs" à la barbe proéminente qui raflent tout sur leur passage et qui se permettent de contester la suprematie des Roumains, bousculer ceux qui avaient musclé une discipline (les Russes) ou lui avaient donné un autre caractère (les Allemands). Zlatko et ses potes étaient dès lors, les plus convoités. Le natif de Ruma (aujourd'hui en Serbie) répond aux sirènes espagnoles et avec l'inséparable Veselin Vujovic, enfile la tunique "blaugrana", celle du FC Barcelone. Trois saisons en Catalogne avec comme exploits, tout ou presque ce que la Liga peut offrir à un club mais surtout à titre personnel, une nouvelle (la 3ème) Ligue des Champions qu'il fête aux côtés des Xavi Pascual et David Barrufet (dans les cages), Veselin Vujovic bien-sûr, Enric Masip et autre Inaki Urdangarin, toute cette troupe magistralement menée par un certain Valero Rivera.

Alors qu'il n'a pas encore 30 ans, Zlatko reste ce qu'il est. Passionné mais humble dans sa démarche. Avec son épouse, il décide de découvrir la France et son handball embryonnaire qu'un Daniel Costantini et quelques Barjots vont dépoussiérer et amener à ses heures de gloire. Après le Barça, c'est Vénissieux qui avec Nîmes joue les gros bras du championnat français. Le "Yougo" au palmarès étoffé débarque dans le Rhône à l'été 92, il y restera deux saisons. Pas de titres ni de trophée mais le plus beau cadeau que la vie lui ait offert, le 19 novembre 1993, la naissance de Nikola.

La situation de Vénissieux n'est pas rutilante, le club met la clé sous la porte. La frontière suisse est toute proche et Berne n'est qu'à 3 heures de route. C'est dans la ville fédérale que le meneur de jeu terminera sa carrière de joueur avant d'entamer celle d'éducateur plus que d'entraîneur. La transmission est ce qui l'a toujours animé. Nikola, son fils collé à ses basques l'accompagne partout et l'atavisme fait le reste.

Ce matin, quand la triste nouvelle est arrivée, les yeux se sont remplis de larmes et le coeur est devenu très lourd. J'ai tout de suite pensé à Niko et ce papa qu'il chérissait autant qu'il admirait. Le destin avait voulu que le gamin aille faire ses armes de gardien de buts à Berne puis à Schaffhouse avant de rallier Montpellier où comme son modèle, il y a deux ans, il avait remporté une Ligue des Champions. Le destin toujours lui, l'avait conduit cet été à Chambéry en Savoie, encore plus près de ce pays dont il avait pris la nationalité.

Une légende de notre si beau sport en a rejoint d'autres. A coup sûr, le paradis l'a déjà accueilli. A Nikola son fils, à Katarina, sa fille et à son épouse, nos plus sincères condoléances.

© Yves Michel
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