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Quand les arbitres tombent le masque !
Quand les arbitres tombent le masque !
11 Octobre 2020 | France

Comme les joueurs et tous ceux qui gravitent sur un terrain, les arbitres sont soumis aux règles sanitaires et au protocole établi depuis l'apparition de la pandémie du coronavirus. Des contraintes ont été rajoutées et chaque binôme a du s'organiser. Chacun à sa façon, se heurtant parfois à des contradictions d'une région, d'un département à l'autre. Et c'est aussi grâce à leur investissement que les championnats ont pu reprendre sans trop de risque.

Par Yves MICHEL 

Il n’y aurait pas cette pandémie et les contraintes qu’elle impose, rien n’aurait changé. Le périmètre du 40x20 est toujours leur refuge même si en dehors, l’environnement reste par endroits incertain. Le train, l’hôtel, un taxi, la salle, quelques saluts et la préparation d’avant match. Le rituel reste immuable à un détail près, le masque qu’ils auront à porter avant et à la fin du spectacle. Comme les joueurs, le binôme arbitral s’est soumis aux tests biologiques (PCR avec le désagréable écouvillon dans la narine). S’ils sont prêts pour le rendez-vous, c’est qu’ils ne présentent aucun risque de contamination.

Les gestes sont ensuite "mécaniques". Vérification des composantes du terrain, dernières mises au point avec la table, tests des liaisons HF, il est temps de passer à l'échauffement. A quelques minutes du coup d’envoi, le masque disparaît. 

Si les règles du hand n’ont pas bougé, certaines obligations ont été rajoutées. Le ballon par exemple. Un peu trop mouillé ? Changé ! Touché par un élément non identifié autour du terrain ? Changé ! Le délégué va comme d'habitude accompagner les arbitres dans leur tâche et le référent Covid se muer en magasinier et père Fouettard en scrutant les tribunes et l'aire de jeu.

Charlotte et Julie Bonaventura arpentent les surfaces de handball, sifflet en main depuis plus de 20 ans. Elles font partie du fleuron de l'arbitrage international puisque certifiées EHF puis IHF. Et pour elles comme pour l'ensemble de leurs collègues, il a fallu s'adapter. « On évolue dans un monde pro, on comprend donc que personne ne souhaite se retrouver contaminé, martèle Julie (notre photo de tête). Nous avons intégré de nouveaux gestes, de nouvelles habitudes à notre quotidien, c'est comme ça. » Dès le début de l'épidémie en France, les instances du handball ont élaboré un protocole qui a sans cesse été retouché. Des normes sanitaires ont été établies comme la nécessité de passer par un test en laboratoire avant de disputer un match. Les officines étant submergées, les arbitres comme tout citoyen lambda, ont du s'armer de patience. « Oui, car on n'a aucun passe-droit, s'amuse l'une des deux sœurs. Nous nous présentons sans symptômes. Avec Charlotte, on a "l 'avantage" d'avoir trouvé un labo à proximité qui a tout de suite saisi la problématique et qui ne trouve pas anormal de nous voir quasiment toutes les semaines. » Dans certaines régions, l'incompréhension est totale et les binômes doivent insister pour obtenir un rendez-vous avant d'attendre le fameux résultat. « En plus en France, aucun arbitre n'est pro en tant que tel. On doit composer avec un travail. La désignation se fait 30 jours avant une rencontre et à partir de là, c'est pour certains, la course contre la montre. » Situation encore plus cornélienne pour les arbitres internationaux qui doivent également tenir compte des contraintes inhérentes au pays où ils sont sensés siffler. Là aussi, le bon sens l'a emporté. « L'EHF demande des tests entre 72 et 84 h et certains pays comme la Norvège imposent à certains étrangers une quatorzaine à l'arrivée. La Fédération européenne fait donc en sorte de désigner des arbitres provenant de pays où ils seront acceptés. Les délégués en coupe d'Europe, par exemple, sont désormais issus du pays hôte ou alors d'un état limitrophe. Et pour les binômes, on évite les longs trajets et la multiplication des correspondances. » Jusque-là, Charlotte et Julie Bonaventura n'ont pas eu la même charge que par le passé.

Pas de matches amicaux (cet été, les délais pour connaître les résultats des tests PCR étaient trop longs), un match de LFH (à Toulon) et deux de Starligue (à Istres et St Raphaël) à gérer, un autre reporté (Aix-Montpellier), cette reprise a été moins agitée qu'à l'accoutumée. Pour autant, sur les quelques contacts qu'elles ont eu avec le terrain, les rapports humains ont-ils changé ? Exception faite bien entendu de la distanciation nécessaire et d'un contrôle accru de l'état du ballon ? « Sincèrement, avoue Julie, on n'a pas senti une obsession liée au Covid. Tout le monde est tellement content de retrouver le terrain, le plaisir de jouer que cela dépasse le reste. Sur le terrain, ça parle toujours autant, on ne touche pas les joueurs ni le plus possible le ballon mais bon, on ne va pas aller se laver les mains en permanence parce qu'on aura eu un contact quelconque ! » Dans un futur proche, la Fédération Internationale publiera la liste des arbitres retenus sur le prochain Mondial masculin en Egypte (en principe en janvier). Les sœurs Bonaventura espèrent en faire partie. Elles savent que tout sera mis en œuvre pour que leur santé soit protégée. L'IHF envisage même de constituer une bulle hermétique autour des équipes et des officiels. L'environnement va changer. Ainsi va la vie.


Depuis le décés de son partenaire Thierry Dentz en janvier 2020, Denis Reibel (notre photo) a rangé le sifflet et sa tenue d'arbitre sans pour autant abandonner toute activité. L'Alsacien est désormais responsable du groupe pré-élite à la Fédération Française de Handball. Il supervise ainsi les 26 binômes qui opèrent en Starligue, Proligue et LBE mais également ceux qui aiguisent leur formation sur les matches de Nationale 1 garçons et filles.

Denis, a-t-il fallu s'adapter rapidement à une situation inédite ?
Totalement et dès que l'arrêt après 18 journées a été décidé, nous avons ébauché un protocole sanitaire qui a pris vraiment forme courant juillet-août. Avec toutes les composantes, sans distinction entre monde pro et amateur.

Cela n'a pas été sans obstacle avec la problématique des tests...
Justement, les matches amicaux nous ont permis de voir les dysfonctionnements. Concernant la règle des 72h, on s'est vite rendu compte que ce n'était pas tenable et que beaucoup d'arbitres ne pouvaient pas connaître leurs résultats à temps. On est donc passé à 7 jours maximum pour les tests. Dans certains coins, il y a encore des difficultés.

Comment celà ?
Un arbitre doit s'organiser avec son activité professionnelle pour se rendre sur un match, il est en plus hors de question qu'il prenne une demie journée supplémentaire pour passer 3 ou 4 heures dans une queue devant un labo.

Un arbitre peut-il intervenir s'il s'aperçoit sur un match que les normes sanitaires laissent à désirer ?
Non, le référent Covid est là pour ça. Le binôme ne doit se soucier que du 40x20 et de ce qui s'y passe avec les joueurs. Mais il n'est pas devenu soudainement irresponsable. Il peut émettre un avis mais il ne faudrait pas qu'ensuite, il soit pointé du doigt.

L'approche d'un match a quand même changé, non ?
Aujourd'hui, ce qui prévaut, c'est la norme sanitaire. C'est la responsabilité de tous les acteurs que chacun arrive et reparte en bonne santé.

Trois reports ont été actés pour différentes raisons, les désignations pourraient-elles devenir un casse-tête ?
Je ne le pense pas. La LNH a annulé la coupe de la Ligue et le Trophée des Champions, la Fédé a allégé le mode coupe de France, le calendrier est donc allégé même si on a une élite à 16 équipes. Mais c'est vrai, il ne faudrait pas que les reports soient systématiques à chaque journée. Avec les Jeux en ligne de mire, il faut que tout soit terminé en mai.

Y'a-t-il eu un contact avec les autres nations depuis le début de la crise ?
(sourires) Pas le moins du monde. Il n'y a pas d'entente pour la bonne et simple raison que les normes peuvent être différentes d'un état à l'autre. Rien n'est uniforme. Et puis, on a suffisamment à s'occuper de ce qui se passe à l'intérieur de notre périmètre.

Est-on vraiment entré dans une autre époque ?
Inévitablement mais tout le monde souhaite rapidement sortir de cette situation. C'est primordial essentiellement pour l'existence même des clubs. N'oublions pas que ce sont des entreprises qui ont une masse salariale, des charges et un bilan à tenir.


                           Masque de circonstance en N1... ici avec les frères Chiffoleau


                                        Ce qu'il faut savoir…

Sur un banc, le masque est-il obligatoire ?
Oui pour les officiels C et D (le plus souvent kiné et médecin) alors qu'il n'est pas obligatoire mais pas proscrit pour les A et B (entraîneur principal et son adjoint)
Les joueu(rs)(ses) peuvent le garder à condition de le retirer en entrant en jeu

Sur l'organisation de la table
Trois personnes pas plus (délégué et OTM) observant la distanciation imposée et le port du masque, le superflu s'installe ailleurs

Sur le référent Covid
Cette personne reste proche du terrain en relation permanente avec le délégué

Sur la prise en charge des tests
Concernant les arbitres, tous les frais engendrés par la prévention du virus sont supportés par la FFHB

Sur le ballon pendant le match
Outre la désinfection avant et à la mi-temps, il devra être remplacé à chaque contact au visage d'un tiers. Lorsque le ballon sort de l'aire de jeu, il est préférable qu'il soit récupéré par un joueur.

Pour les "serpilleros"
Port du masque durant tout le match et lors de l'entrée pour essuyer le sol, une distance de 2m avec les joueurs et arbitres devra être respectée

Pour la demande du temps mort
Le carton vert n'est plus déposé sur la table mais tendu par le coach ou son adjoint face au chronométreur à 1 m de distance

© Yves Michel
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