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On y va tout droit ! Mais où ? (Acte 2)
On y va tout droit ! Mais où ? (Acte 2)
31 Juillet 2020 | France

On l’a vu précédemment, le nombre de matches programmés pour la saison 2020-2021 est à la limite de l’incohérence au niveau des organismes, des temps de repos obligatoires, et de la vie professionnelle des joueurs mais aussi des encadrants. Reste qu’à tout cela, on peut y rajouter des interrogations au niveau de l'entraînement et de la préparation ainsi qu’à, sans doute, l’obligation pour les joueuses et joueurs de faire des choix cornéliens par moment.

Quid du travail des entraîneurs ?
Au-delà de la gestion des organismes, les entraîneurs et coaches vont se retrouver souvent devant une nouvelle problématique en fonction de la quantité de joueurs à leur disposition. Pour Thierry Anti, nouvel entraîneur d’Aix, le travail au quotidien va certainement beaucoup changer. « Avec l’enchaînement des matches, je pense que notre façon d’aborder les matches va changer. Avant on se projetait à 3 ou 4 semaines en avant et on organisait le travail pour gérer la période. Là, pour la saison prochaine, il y a de grosses chances que je change ma façon de faire. On va être beaucoup plus dans le « coup d’après », dans le match suivant seulement et mécaniquement, le jeu peut en pâtir… » On le voit, ce type de saison fait un peu peur au président de 7Master, surtout que l’on sait depuis que le PAUC a été invité en EHF Ligue et que, c’est tout ce que l’on souhaite à Aix, une participation aux phases de poules ajouterait encore des matches à un effectif loin d’être pléthorique.  Comme Aix est un club qui n’a pas encore un centre de formation productif comme peuvent l’être ceux de Nantes, Paris ou Montpellier...


Pour Laurent Bezeau, coach des féminines de Brest et responsable du secteur féminin à 7Master, les choses sont différentes, les moyens du BBH lui permettant de ne pas réduire son effectif au contraire. Pour lui, tout cela n’est que la suite d’un processus engagé depuis 3 saisons. « Depuis 3 ans, on joue tous les 3 jours ; la saison passée sur 5 mois de compétition, 2 mois se sont passés à l’extérieur… Pour les joueuses, comme pour le staff, le problème des matchs tous les 3 jours, ce ne sont pas les matchs, ce sont les déplacements, les attentes aéroport et la récupération et la vie de famille ». Sa gardienne Cléopâtre Darleux, toute nouvelle maman est aussi très sensible à cet état de fait : « C’est une vraie problématique, surtout pour les mamans.  Et là, le papa va devoir tout gérer (rires), mais il est bien entouré familialement (re-rires). Même s'il y a des problèmes, on trouve toujours des solutions. ». Alors on s’habitue, on gère, parfois on arrive même à progresser comme Brest où Laurent Bezeau continue à faire grandir le club : « On a augmenté les effectifs et le staff. On a réussi à faire un recrutement permettant de ne plus avoir une seule joueuse par poste, avec une acceptation de « tourner », ce qui n’est pas toujours simple, afin de rester dans une logique gagnant/gagnant. Car l’obligation de résultats doit être toujours impérative. Avec un staff (préparateurs physique, entraîneur gardien, adjoint-entraîneur,…) quantitativement important, on peut se permettre un travail personnalisé pour « coller » au plus près des réalités et des besoins de chaque joueuse. En clair, il y a autant de projets d'entraînement que de joueuses. Lors des périodes de matchs à 3 jours, on doit privilégier la récupération et faire « du jeu » lors des entraînements collectifs. »


Comment faire des choix si choix il doit y avoir
Alors subir, accepter, faire avec ? On peut aussi penser qu’à certains moment, des choix vont devoir se faire. On se demande qu’elle va être la position des clubs au niveau de leurs jeunes en janvier prochain… Car les Euro et Mondiaux jeunes repoussés cet été sont programmés pour avoir lieu à cette période. Verra-t-on les clubs lâcher leurs jeunes pousses les plus prêtes à haut niveau ? Thierry Anti pense que là aussi il faut arrêter le massacre… « Que l’on joue des Euro ou Mondiaux – de 21 , ok ! Mais que l’on en organise en – de 19, - de 18 – de 17 – de 16... Cela devient presque risible. On oublie que ce sont de très jeunes joueuses et joueurs, qu’ils ont besoin de vrais temps de repos mais on les envoie jouer tout l’été, pire que pour les Pro… » Est-ce que ce sera aux joueurs de faire des choix ? Choisir entre son club ou l’équipe nationale ? Vincent Gérard le clame haut et fort, ce n’est pas aux joueurs de faire des choix, même si au final cela leur retombe dessus. « Ça devient fou ! Avec tout cela, demander aux joueurs professionnels de gérer eux même leur saison en faisant des choix ! Mais le club est celui qui nous paye et l’équipe nationale reste une vitrine incomparable et en plus obligatoire quand on a l’honneur d’être sélectionné. On se retrouve dans la position d’enfants de couple divorcé, on doit choisir entre Maman et Papa ! Comment peut-on nous demander cela ? » Pas de choix possible pour les joueurs, des compétitions qui s’allongent à la demande des uns et des autres. Des réalités économiques très disparates Laurent Bezeau en est tout à fait conscient et se demande où est la solution à tout ça « Il y a clairement des conflits d’intérêt, des réalités différentes… Le risque de ne plus avoir de hand aux JO a nécessité une mondialisation impérative générant une multiplication des compétitions et des matches de qualification. Des clubs « européens » qui jouent simultanément deux championnats, et les clubs « non-européens » qui ont un besoin économique légitime à augmenter le nombre de matches dans un championnat national LBE qui devient de plus en plus qualitatif. Ce qui est dommageable, c’est que les différentes parties n’arrivent pas à s’entendre ! »


Dates resserrées avec la pandémie, compétitions qui augmentent leur nombre de matches, crise économique qui resserre les effectifs, bref, tout cela ressemble à la quadrature du cercle ! Le pire dans tout cela, c’est cette incertitude qui pèse sur toutes les compétitions. La crise du Coronavirus serait bel et bien passée, on se dirait, il n’y a plus qu’à attendre que le mauvais moment passe. Mais là, on se dit que l’épée de Damoclès est sacrément grosse. Ce qui semble se dessiner en ce moment n’engage pas à un optimisme béat et prévoir autant de matches sans aucune porte de sortie semble assez difficile à comprendre. Au niveau de la COC, son président Pascal Baude avait pris le taureau par les cornes et dès juin avait obligé les clubs de nationale à se soumettre à une formule capable de se sortir de la catastrophe d’une nouvelle saison inachevée. Au niveau du handball professionnel on est loin de ces considérations. On est tout proche du « panem et circenses » proposé à Rome, sauf que l’histoire s’est très mal finie…

© François Dasriaux
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