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LFH: Paris 92 brûle-t-il ?
LFH: Paris 92 brûle-t-il ?
20 Avril 2019 | France > LFH

Grandeur et décadence d'un club qui a marqué durant les 8 dernières années le handball féminin tricolore, qui a sorti des joueuses de talent et attiré des pointures internationales d'envergure et qui cette saison, n'a d'autre destinée que se sauver des play-downs de LFH. Un entraîneur Arnaud Gandais qui annonce par un simple tweet qu'il quitte le navire, des cadres sur le départ et l'incertitude la plus complète pour s'accorder sur le profil du futur coach.

par Yves MICHEL

Quand on a connu ce bon (pas si) vieux club d'Issy Paris Hand modèle d'une ambiance familiale de moins en moins en vogue dans le hand français et dont la formation était vantée au-delà des frontières nationales, cela fait peine à digérer. Depuis quelques jours, après la phase régulière, Paris 92 (de son nouveau nom) dispute les play-downs de LFH. Deux 1ers matches, deux défaites. Heureusement pour les filles, elles partent avec un crédit de 4 points sur St Amand-les-Eaux. Il faudrait donc une répétition de catastrophes pour qu'à l'issue des quatre oppositions restantes, elles soient reléguées à l'étage inférieur. 

Depuis 2012, deux ans après sa remontée parmi l'élite féminine, I.P.H avait l'habitude de jouer les 1ers rôles. Se classant saison régulière et phases finales confondues, dans le Top 3 français avec comme récompense une coupe de la Ligue en 2013 et une place de finaliste de la coupe de France en 2014 et 2017. Les filles avaient même atteint l'apothéose de la coupe des vainqueurs de coupe en 2013, perdant en finale face aux puissantes Autrichiennes d'Hypo. C'était l'époque des Amélie Goudjo, Mariama Signate, Coralie Lassource, Armelle Attingre, Angélique Spincer, Astrid N'Gouan pour ne parler que des internationales tricolores que viendront rejoindre ou remplacer par la suite une colonie étrangère de haut vol avec Mayssa Pessoa, Karolina Zalewski, Charlotte Mordal, Jasna Toskovic, Pernille Wibe et autres Stine Oftedal. Grandeur et décadence ? En tout cas, l'équipe avait sa carte de visite et surtout inspirait la crainte au palais des sports Robert Charpentier et dans la plupart des salles où elle se déplaçait.

Artisan de ces multiples accessits dans un handball féminin surdominé par Metz, Arnaud Gandais (notre photo de tête). En place depuis janvier 2004, pionnier de l'aventure, il a rapidement étendu son autorité sur un club qu'il personnifiait à lui tout seul (peut-être un tort ?). Il a aussi dans les 1ères années, démontré son savoir-faire constituant un groupe cohérent malgré un budget de plus en plus difficile à rassembler. La corde comme les finances était tendue mais les résultats sur le parquet étaient au rendez-vous. Gandais pour le sportif, Jean Marie Sifre arrivé lui en 2009, pour tout le reste. Un tandem gagnant, sur la même longueur d'ondes, une véritable paire d'as. Enfin... jusqu'à cette saison.


                    Le président Jean-Marie Sifre à la présentation de Stine Oftedal en 2013

Car Paris 92 refusant d'être dispendieux, fait avec ce qu'il a dans les caisses. 1,9 millions d'euros annoncés lors de la conférence de presse de rentrée, bien loin derrière le mastodonte brestois et ses presque 5 millions mais devant huit autres formations de l'élite. Et pourtant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Et le sort commence à s'acharner. L'internationale française et meilleure buteuse Tamara Horacek se blesse gravement en novembre (rupture des croisés), un joker médical aurait pu être envisagé, les finances ne le permettent pas. En décembre, l'internationale roumaine Pintea quitte les bords de Seine pour Gyor et répond à une offre qui ne se refuse pas. Elle sera remplacée au pied-levé par la Suédoise Toft Hansen qui malheureusement connaîtra des soucis médicaux (touchée par deux fois à la main à un mois et demi d'intervalle). Arrive enfin l'impensable à la fin de la phase régulière, une remise en question dans les play-downs. C'est la 1ère fois que les Parisiennes vont se faire peur en naviguant dans l'antichambre du purgatoire.

Les finances, nerf de la guerre

Un 1er match contre Bourg de Péage mal négocié à domicile à Issy et ce jeudi, avant que les filles ne disputent leur second rendez-vous (qu'elles perdront) en terre dijonnaise, dans un tweet, Arnaud Gandais annonce qu'il quitte le club à la fin de la saison. Il aurait fait part en haut lieu de sa décision il y a une quinzaine de jours. En désaccord avec la direction du club face à une frilosité et une absence de prise de risque concernant le futur recrutement qui pour le moment est au point mort. Le timing de l'annonce sur les réseaux sociaux, n'est pas du goût de Jean Marie Sifre qui le soir même, préside une réunion de son comité directeur.

Une question devient centrale: la recherche d'un nouvel entraîneur avec la difficulté de remplacer quelqu'un qui a marqué le club depuis 15 ans. Dans l'après-midi, le président a consulté et s'est même renseigné sur trois noms. Du chapeau est sorti celui de Jan Basny. En réserve de la république en Corse, le Tchèque qui a dirigé Nantes Atlantique jusqu'à la saison dernière, peut être l'homme de la situation. Les deux autres sont plus ou moins engagés ailleurs ou en passe de l'être (c'est la raison pour laquelle nous ne révèlerons pas leur identité). Ils sont tous expérimentés et ont oeuvré à des niveaux supérieurs. Chez les garçons comme chez les filles. Sauf que quelques heures plus tard, le vent semble avoir tourné.



Le comité directeur n'est pas très emballé et surtout certains membres réclament un entraîneur issu de la jeune génération. Sous entendu, ayant des prétentions financières moins élevées que les autres. Ils auraient pu penser à Pablo Morel (36 ans - notre photo) qui fait des étincelles en D2 à Celles sur Belle. Mais il lui reste une saison à honorer dans les Deux-Sèvres (plus une en option) et surtout, même s'il connait parfaitement la maison francilienne, il en a été remercié sans ménagement en octobre 2016 alors qu'il était entraîneur depuis 2014 après avoir secondé Gandais. Un jeune entraîneur... Raphaël Vaquerin, l'actuel adjoint ? Le souci, c'est qu'il n'a pas les diplômes requis et à 23 ans, il pourrait être le frère de la plupart des joueuses.

Le casse tête dicté par l'équation financière ne fait que commencer. D'autant qu'au niveau des transferts, la colonne des départs (et non des moindres parmi les titulaires, Bulleux, Frey et Hanna Oftedal) contraste avec celle des arrivées (aucune annoncée pour le moment).

Voilà moins d'un an que le club a changé de nom, les tracas ont pointé juste après le baptême.

© Yves Michel
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