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CAN 2020: La Tunisie et le Nigéria face à leur destin
CAN 2020: La Tunisie et le Nigéria face à leur destin
17 Janvier 2020 | International > CAN

La Tunisie n'a pas raté son entrée dans la Coupe d'Afrique des Nations qu'elle organise sur son sol. Face à de modestes mais valeureux Capverdiens, l'issue de la confrontation ne faisait aucun doute. C'est la semaine prochaine que Toni Gerona et ses joueurs s'attendent à des obstacles bien plus difficiles. Le technicien espagnol qui est aussi celui de Chartres (Starligue) reste focalisé sur un unique objectif, la finale le 26 janvier prochain. A l'opposé, l'Isséen Samy Rafiu ne peut qu'afficher de modestes prétentions qui ont le mérite d'exister à la tête du Nigéria.

par Yves MICHEL


A Tunis, Toni Gerona (photo de tête) n’a pas une minute à perdre. Le technicien espagnol prépare l’équipe de Tunisie avec minutie, ne négligeant aucun détail et veille à dédramatiser l'enjeu. Protégeant même ses joueurs contre un éventuel éparpillement dû aux multiples sollicitations dont ils pourraient faire l’objet. La 24ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations qui a débuté ce jeudi a déjà donné une tendance sur la nature des forces en présence et des résultats plutôt logiques. Avec un 1er large succès pour le Maroc de Yassine Idrissi sur le Congo de Fred Beauregard (+9), pour l’Algérie d’Ayoub Abdi sur la Zambie (+25) et le Cameroun d’Erwan Siakam sur la Côte d’Ivoire (+9), alors que le Gabon et la Libye se sont quittés dos à dos et que l'Egypte de Mohamad Sanad a vitrifié la Guinée (17 buts d'écart) de tous ces petits Français binationaux qui la renforcent.

La péripétie de la journée est venue de Nabeul où la République Démocratique du Congo a longtemps attendu le Kenya, son adversaire du jour. Sauf qu’il ne s’est pas présenté. Les Congolais ont donc remporté leur opposition par forfait. Loin de s’en émouvoir, les Kényans étaient pourtant dans l’avion qui les amenait à Tunis où ils ont atterri à 12h40 alors que la rencontre était programmée à midi à 70 km de là. Comme si de rien n’était, les joueurs de l’Afrique de l’est entreront dans la CAN dès ce vendredi face à l’Egypte. Coup d’envoi 12h00, enfin… si tout va bien !



Comme on pouvait s’en douter, la Tunisie n’a pas raté son entrée dans SON championnat, prenant la mesure de la fragile mais valeureuse équipe du Cap Vert (33-21). Ce vendredi, elle affrontera la Côte d’Ivoire avant de terminer sur le Cameroun l’adversaire qui apparait comme étant le plus coriace du groupe.

L’obsession de l’excellence et ne sous-estimer aucune équipe  sont les leitmotivs de Toni Gerona qui cette saison est arrivé dans le championnat français aux commandes de Chartres.

Vous voilà dans la compétition, quel est ton état d’esprit ?
Il y a c’est vrai un peu de pression car évidemment cela se passe en Tunisie. On a tous une grande responsabilité car on connait les enjeux et surtout l’objectif final. On a aussi gagné la dernière CAN, on remet le titre en jeu et il faut qu’il reste chez nous. Cette fois, c’est particulier car c’est qualificatif pour les Jeux Olympiques.

Le public en Tunisie est très exigeant…
Oui, je le sais. Je suis ici depuis deux ans et j’ai eu l’occasion d’assister à tous les derbys du championnat. Tout le monde, dans l’équipe, dans le staff, est conscient qu’on attend beaucoup de nous. La CAN, c’est important pour le pays. La Tunisie en a remporté dix. On sait que personne ne nous fera de cadeaux. Les adversaires qu’on va rencontrer et les gens qui vont nous soutenir.

L’essentiel aussi, c’est que les joueurs tunisiens ne soient pas déconcentrés par cette ferveur locale…
Il y a au sein de cette équipe, des éléments très expérimentés qui savent se concentrer dans les moments-clé. Ils sont conscients de ce qu’on attend d’eux et qu’on n’aura pas seulement besoin de bien jouer. Le moindre petit détail peut être perturbant.

La bonne préparation n’a fait que valoriser votre statut de favori de la CAN.
J’ai surtout fait une revue d’effectif. Donc j’ai voulu concerner tout le monde et varier les options tactiques. Par moments, gérer tout ce groupe n’a pas été facile mais je ne me plains pas. Je dispose de tout le monde.

Vous bénéficiez d’un groupe très abordable…
C’est ce qui fait la difficulté de la CAN. Il y a des équipes dont on ne perçoit pas bien le niveau et qui peuvent réaliser des exploits. De toute façon, pour gagner la CAN, la Tunisie prendra tous ses adversaires au sérieux.

La finale est déjà dans tous les esprits tunisiens…
Ce serait une erreur de ne penser qu’à ça. Dans le 1er tour, je veux donner du temps aux joueurs. Pour cela, il faut se rendre les matches faciles. Mais c’est clair que ça serait une catastrophe si nous ne sortions pas 1ers de la poule. Ce sera une 1ère étape. Avant le second tour et le carré final. On est le favori de l’épreuve avec l’Egypte, il ne faut pas que cela se retourne contre nous.

Cet été, cela fera 3 ans que tu es en Tunisie. As-tu envie de t’inscrire dans la durée ?
Ce n’est pas le point le plus important à résoudre dans l’immédiat. L’objectif majeur est de gagner la CAN et d’aller aux Jeux. Après, on verra. J’aurai bien le temps d’y penser le moment venu.

Et Chartres ? C’est aussi un challenge important si on pense au maintien…
Bien-sûr ! Là-bas, les joueurs ont repris le boulot, le staff est de qualité et je ne me fais pas de souci. Je me tiens quasi quotidiennement informé de ce qui se passe. Tout le monde savait qu’à cette période, je serais à la CAN. J’ai une mission avec la Tunisie et rien ne pourra me perturber.

Cela ne pose-t-il quand même pas un problème sachant que tu ne rentres pas avant le 27 janvier ?
Je le répète, la situation était connue à l'avance. On a anticipé sur ce qu’allait être la préparation, l’encadrement à Chartres sait ce qu’il doit faire, il y a beaucoup de compétence. Le 1er match officiel de l’année, ce sera en coupe de France à Tremblay (le 1er février), je serais présent à temps pour travailler avec l’équipe.



Un Isséen aux commandes du Nigéria

C'est la comparaison entre deux extrêmes. La Tunisie déjà confortablement installée sur la planisphère handball et le Nigéria qui tente de l'atteindre. Avec à sa tête, un citoyen français "Samy" Rafiu Salami.

Il a gardé cette jovialité et cette bonhomie qui le rendent forcément sympathique. Pourtant Rafiu Sulu Salami (photo ci-dessus) que son entourage et ses amis appellent "Samy" n’a jamais choisi la facilité. Nigérian d’origine, naturalisé Français depuis quelques années, passé par Issy les Moulineaux et Belfort où il a clôturé sa carrière de joueur (arrière gauche) avant de devenir entraîneur, il a réintégré le chef-lieu des Hauts-de-Seine en 2011 pour s’occuper de l’équipe masculine évoluant en N3. N'oubliant jamais ses racines, il a mis son expérience au service de son pays, dans le secteur qu’il maîtrisait le mieux, le handball. « J’ai trouvé cela tout à fait logique. Le Nigéria a décidé d’investir sur sa jeunesse et un plan a été élaboré sur 4 ans. Le but premier est de s’installer dans le peloton de tête africain. Cela avance tout doucement. Il faut se montrer patient avec des joueurs qui ne sont pratiquement jamais sortis de leur environnement. Le 1er championnat qu’on a fait ensemble, c’était il y a deux ans au Gabon, on n’a pas gagné un seul match. On a travaillé et on a changé l’équipe. » Celle qui est en Tunisie fait partie des plus jeunes (peut-être la plus jeune) des seize. Avec notamment des éléments présents au Mondial U21 l’été dernier en Espagne et U19 en Macédoine. Un des deux gardiens n’a pas encore 17 ans ! « Le but est de les aguerrir, de multiplier les confrontations avec ce qui se fait de mieux dans notre sport. A mon niveau, j’essaie de leur transmettre ce que j’ai appris vu d’Europe. Il y a un grand déséquilibre. Tant sur le plan physique que sur le plan technique. » Ce jeudi, pour son entrée dans la CAN, le Nigéria a été logiquement battu par un adversaire angolais bien mieux armé (30-24) mais les hommes de "Samy" n'ont pas été ridicules puisque le score était en leur faveur à la pause (13-14). « Il va falloir tenir dans la durée. Les jeunes eux, n’ont peur de rien. Ils dégagent une telle sérénité, une telle insouciance aussi… lorsque vous discutez avec eux, ils sont persuadés qu’ils vont gagner tous les matches (sourires). Si on sort de notre groupe, je pense qu’on peut aller loin. » Pour cela, le Nigéria devra dès ce vendredi battre le Gabon et ensuite écarter la Libye. « Tout est possible. On espère accrocher un billet pour jouer le Mondial 2021 en Egypte. Par rapport à toutes les équipes d’Afrique noire, je pense qu’on est en avance. D’autant que nos dirigeants ont assuré que même si on ne se qualifie pas pour la prochaine échéance, rien ne sera arrêté et on continuera à se développer. » Au dernier Mondial U21 que la France a remporté, si le Nigéria a terminé 19ème devant l’Argentine, le Chili et trois autres formations, certaines individualités ont émergé à leur façon comme le gardien Michaël Salomon ou l’ailier gauche Mohamed Anas. Ils sont tous les deux cette semaine en Tunisie et n’ont pas encore 22 ans ! « L’idéal pour ce type de joueurs, soupire Samy, c’est qu’ils sortent du pays et aillent en Europe. Mais à la base, nous ne sommes pas un pays anglophone, encore moins francophone donc pour s’intégrer ailleurs, ce n’est pas évident. Mais nous avons de gros espoirs sur nos générations à venir. » Rafiu Salami sait que dans quelques jours, il sera temps de rallier Issy les Moulineaux. Le plus tard possible, cela serait bon signe pour le Nigéria.

© Yves Michel
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