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Le hand de haut niveau, c'est depuis longtemps  "marche ou... crève !"
Le hand de haut niveau, c'est depuis longtemps "marche ou... crève !"
28 Janvier 2019 | International > Mondial

L'ultime blessure de Cyril Dumoulin lors de la petite finale face à l'Allemagne a sans doute été la blessure de trop aux yeux de ses partenaires de l'équipe de France. Elle intervient au terme d'une compétition rallongée et très éprouvante pour les organismes. Elle se rajoute à la longue liste des éclopés qui ont garni les infirmeries des différentes sélections et qui ne semble pas émouvoir les autorités en place.

par Yves MICHEL


Est-ce un déni ou un oubli fâcheux, lorsqu’à l’issue d’un championnat du Monde de 18 jours et pour les finalistes 10 matches disputés, le président du comité d’organisation de l’épreuve, un certain Per Bertlesen, a évoqué en guise de bilan, le parfait déroulement de la compétition, les affluences sensationnelles dans les salles, l’audience des télévisions et le marketing engendré ? On aurait envie de dire à ce monsieur, aussi respectable qu’il soit, que sans les principaux acteurs, les joueurs, son Barnum n’existerait pas.

Sauf que chaque année, la rengaine est la même et le problème reste en apparence insoluble puisqu’aucun remède ou aménagement n’est trouvé. Le constat est évident. Le nombre de blessés est exponentiel et surtout, les lésions engendrées sont de plus en plus graves. La saison prochaine, les Internationaux qui appartiennent aux meilleurs clubs de la planète et qui auront en ligne de mire les Jeux Olympiques de Tokyo, vont avoir près de 80 rencontres à honorer de septembre à… août de l’année suivante. Sans compter les stages, les périodes de préparation et tout ce qui va avec. On se souvient qu’il y a trois ans lorsque les médaillés du PSG (Français, Danois et Allemand) étaient rentrés des Jeux de Rio, ils n’avaient bénéficié en tout et pour tout que d’une journée de repos avant de reprendre le chemin de la salle. D'ailleurs au début du Mondial, dans le quotidien danois "Ekstrabladet", Mikkel Hansen avait émis des réserves sur un calendrier qui au fil des ans, n'en finissait pas de s'allonger. « Il y a trop de matches dans un temps si court. Les joueurs concernés sont toujours à peu près les mêmes. Ils évoluent dans les grands clubs, sont en sélection à la recherche d'une médaille. En club, c'est pire car il faut jouer sur plusieurs tableaux. En Ligue des Champions par exemple, il y a un match par semaine pendant toute la saison et lors du Final Four, il faut en disputer deux en... deux jours. » L'an dernier, le Danois était arrivé à l'Euro en proie à des douleurs récurrentes au genou et cela l'avait perturbé.

Cette fois, avant même l’entame de l’épreuve planétaire, la liste des éclopés était déjà conséquente. Diego Simonet (touché à la cuisse droite) et quelques-uns de ses partenaires argentins avaient déclaré forfait, les Russes étaient privés de certains de leurs cadres, le Norvégien Kent Robin Tonnesen (main fracturée) était resté à la maison tout comme l’Islandais Sigurdsson (genou touché). Sans parler de Nikola Karabatic dont l’opération à un pied n’était que la résultante de sollicitations répétées. Le Mondial n’avait donc pas encore débuté que les infirmeries étaient déjà bien garnies. Et dès le 11 janvier, l’hécatombe n’a fait que s’accentuer.

Au bilan, le FC Barcelone paie un lourd tribut. Très tôt, l’ailier gauche Casper Mortensen s’est blessé au genou, il est resté avec la sélection danoise et a été de temps en temps utilisé. Lors de leur confrontation respective face à l’Allemagne, Cédric Sorhaindo a été touché au mollet droit et l’Islandais Aron Palmarsson est sorti, l’épaule en vrac.

Le Danemark qui a fort bien terminé l’aventure aurait pu lui aussi être affecté. Ce dimanche soir, René Toft Hansen est monté sur le podium pour recevoir sa médaille d'or à l’aide de béquilles. Touché à l’aine, il avait déserté le terrain lors du match de groupe contre la Norvège. Heureusement qu’Henrik son frère qui évolue au PSG et blessé pendant la préparation, est revenu à temps.

Il y a eu aussi Iman Jamali le Hongrois de Veszprém (le même club que René Toft), Thor Gunnarson l’Islandais, Jesper Nielsen et Jim Gottfridsson les Suédois, Luka Cindric le Croate de Kielce (qui perdra sur la fin de l’épreuve, Dani Dujshebaev) et Martin Strobel, l’Allemand. Pour ne citer que les "têtes de gondole".



Jusque-là, les joueurs évoluant dans les clubs français étaient passés entre les gouttes. Les derniers matches ont été fatals à Daniel Sarmiento (photo ci-dessus), le meneur de jeu de Saint Raphaël qui s’est blessé doublement à la cuisse gauche contre le Brésil. Le club varois qui comptait sur son Espagnol pour repartir à l'assaut des sommets devra s'en passer au minimum pour trois semaines, en croisant surtout les doigts qu'il n'y ait pas d'autres casses dès que le championnat va reprendre, dès le 14 février. 

La colère des Tricolores a atteint son paroxysme lorsque ce dimanche, après un arrêt et une mauvaise réception, Cyril Dumoulin s’est gravement blessé au genou gauche. Le Nantais a dû être porté pour regagner le banc de touche et malgré un sourire de circonstance lors de la cérémonie des médailles, le stress était palpable puisqu'une rupture des ligaments croisés était suspectée. Une IRM doit dans la matinée déceler l'étendue de la blessure et le "H" devra décider s'il doit se mettre en quête d'un gardien suppléant (Thierry Anti n'a pas fini de gamberger) . « Comment peut-on croire que les joueurs peuvent faire dix matches en quinze jours, s’est exclamé Vincent Gérard le binôme de Cyril dans les cages, en faisant quatre heures de bus ou de l’avion pendant les jours de repos ? On n’est pas non plus de la viande. » On n’ose imaginer les trajets dans un an, sur un Euro organisé à la fois en Autriche, Norvège et Suède ou lorsqu’en 2021, le championnat du Monde passera de 24 à 32 équipes, ce qui occasionnera un match supplémentaire au programme ! « La télé c’est important, poursuit le Montpelliérain, mais à un moment, il faut aussi penser aux joueurs et à leur santé. A cause de cette compétition, beaucoup ont gâché leur 2ème partie de saison. » On ne le répètera jamais assez. Voilà dix ans que la question sur le caractère démentiel du calendrier est réellement posée et dix ans que l’impuissance ou le manque de volonté d'avancer est le seul constat. Les fédérations internationale et européenne qui régissent les épreuves sont engagées dans un tel processus que les positions à l'origine bassement mercantiles sont difficiles à infléchir. « J’ai l’impression qu’ils n’en ont rien à foutre en haut, s’insurge Valentin Porte. Des anciens pros sont consultés mais personne ne les écoute. On ne fait pas attention à nous, c’est un scandale. On vit de notre sport donc on ne va pas boycotter mais ce serait bien qu’à moments donnés, ils pensent plus à l’humain et moins à l’économie. » Peuples du hand, unissez-vous ! Déjà, en début d’épreuve, l’entraîneur de la Suède Andresson avait tiré la sonnette d’alarme et un peu plus tard, ses joueurs avaient souligné l’ineptie de disputer un dernier match de classement face à la Croatie alors que les deux équipes étaient d’ores et déjà qualifiées pour un TQO. Sauf que des billets étaient vendus et que ce match (en bois) programmé le samedi, constituait un produit d’appel. 5000 spectateurs dans une arène pouvant en accueillir 10 000 de plus ont été recensés. Les Suédois ont gagné ce match, se sont classés 5èmes et cela leur a fait une belle... jambe ! 

© Yves Michel
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Pognon=mort
emmanuel clerc | Lundi 28 Janvier 2019 (10h39)
Bravo pour cette tribune !.. Oui il faut relayer le malaise des joueurs... La course au pognon des Fédés est inhumaine, cynique, stupide... Le président de l'IHF a été sifflé avant la finale, par des supporters avisés, et c'est tant mieux... C'est aussi aux joueurs de s'organiser, de trouver les modalités pour exprimer publiquement, médicalement, judiciairement, philosophiquement, ce qu'ils lâchent en itw... Le système à points remis au goût du jour doit être abandonné... (Comme la règle du jeu à 7, qui plombe des parties hors de la réalité du jeu)...
Le souci d'agenda existe aussi dans le rugby, où les commotions font fuir les licenciés et font planer une épée de Damoclès sur l'après carrière de joueurs broyés... Le pognon ne doit pas être au centre des directives fédérales... Et si la société est encore régit par un système malade, le sport, et le premier le sport de haut niveau, doit faire action de résistance à ces process funestes...
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