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Mondial U21 M: L'Espagne, c'est déjà l'Eldorado pour l'Australie
Mondial U21 M: L'Espagne, c'est déjà l'Eldorado pour l'Australie
18 Juillet 2019 | International > Mondial

Même si les résultats ne sont pas au rendez-vous, les joueurs de l'équipe d'Australie sont tout simplement heureux d'être au Mondial U21 et de se mesurer à bien plus forts qu'eux. L'apprentissage est difficile mais ils n'ont pas l'intention de s'apitoyer sur leur sort. Après deux fessées contre l'Egypte et la Suède, la France leur est proposée. Le scénario augure un monologue des Tricolores, les "Aussie" s'y sont préparés.

par Yves MICHEL, envoyé spécial à Vigo


Après le Nigéria, c’est un nouvel adversaire pour le moins atypique que les Français s’apprêtent à rencontrer ce vendredi. L’Australie cultive le paradoxe d’un pays qui veut s’ouvrir au handball mais qui ne s’en donne pas les moyens. Ou plus exactement qui ne rencontre que des obstacles pour mener à terme, un projet cohérent. En juin 2018, les "Aussie" débarquaient à Nouméa en Nouvelle-Calédonie à 2 heures de vol de leur terre natale. Afin d’y disputer le Trophée Challenge de l’IHF pour l’Océanie avec à la clé pour le vainqueur, un ticket pour le Mondial espagnol. L’ Australie a remporté ses cinq confrontations. Face à la Polynésie française, la Nouvelle Calédonie, la Nouvelle Zélande, Fidji et les îles Cook. Des destinations de rêve pour une lune de miel. Seulement voilà, l’euphorie de la performance passée, il a fallu rentrer sur Sydney et penser à l’organisation du voyage vers la péninsule ibérique. Un bond de 17 000 km et selon la ville de départ (Sydney ou Brisbane) jusqu’à 35 heures dans les airs ou les aéroports pour les correspondances. Et la problématique du financement s'est vite posée. « Le hand est considéré comme un sport mineur en Australie, raconte le coach danois des U21, le cricket est à des années-lumière devant ! Et on a du mal à recevoir des aides du gouvernement. Notre équipe est soutenue par la Fédération internationale mais c’est insuffisant. Pour venir en Espagne, des parents de joueurs ont eu l’idée de créer une cagnotte sur internet et ils ont récolté 3000 dollars (australiens).» Soit le tiers de la somme qui était espérée. Peu importe, le projet était lancé. Toute la saison, les joueurs australiens et leur famille ont oeuvré pour être présents au rendez-vous. Rien ne leur a été donné, c’est un vrai sacerdoce que pratiquer le hand dans ce pays grand comme 12 fois la France !



Un an après l'amorce du projet, les jeunes Australiens ont atteint leur but : ils participent pour la 1ère fois de leur histoire à un Mondial juniors. A leur tête, Ricki Enghoff Lyngsoe (photo ci-dessus) est un Danois de 29 ans, né à Londres, ancien handballeur pro, mannequin à ses heures, parfait polyglotte (il parle 4 langues) et maître en littérature anglaise. « Gérer une équipe nationale dans un pays aussi vaste que le nôtre avec des joueurs qui pour certains vivent en Europe, c’est un sacré défi. Nous essayons d’organiser des camps d’entraînement sur Sydney mais ce n’est pas évident de rassembler tout le monde.» Autre singularité de cette équipe, elle compte donc quelques expatriés. Les frères McCourt, les jumeaux de 19 ans Liam (ARG) et Björn (GRD) et Tim (ARG - 16 ans) vivent et jouent en Norvège, Thiemo Lautz (ALG) en Allemagne, Jake Ljungberg (DC) en Suède. Toute la petite troupe est arrivée au Portugal pour un camp d’entraînement en fin de semaine dernière. Sans aucun match amical programmé, l’enchaînement direct sur la compétition a été brutal. Et le 1er bilan ne surprendra personne. Les Kangourous sont passés à la moulinette égyptienne (17-44) et au concasseur suédois (16-44). A quelle sauce vont-ils être dégustés par les Tricolores ? « La France, c’est la référence à tous les niveaux du handball, s’enflamme Ricki Lyngsoe. C’est une occasion unique pour mes joueurs de rencontrer de tels adversaires et de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir. » Pour leur humilité, leur joie de vivre et le simple fait d'être présent en Espagne, les 14 "Aussie" et leur encadrement méritent le respect.

Bethune, un nom qui chante bon la France

Lorsque les présentations ont été faites, le nom a claqué dans les oreilles. « Bonjour, je m’appelle Scott Bethune. » Avec les frères Langenberg, Scott habite Brisbane mais n’a jamais mis les pieds dans le Pas-de-Calais. Il ne savait même pas qu’une ville française portait le même nom que le sien. Le futur kiné est un des tauliers de la sélection des U21 australiens, un des plus athlétiques aussi. « Avant le hand que j’ai découvert au lycée à l’âge de 13 ans (il en aura 21 la semaine prochaine), j’ai fait de la gym et du foot australien (avec un ballon ovale sur un terrain de cricket et où presque tous les coups sont permis). Comme le hand me plaisait, j’ai rejoint le seul club de ma ville (Brisbane, plus de 2,28 millions d’habitants). Il faut vraiment y croire pour pratiquer cette discipline car il y a un manque d’aide au niveau des autorités fédérales. C’est un défi permanent mais passionnant. » Difficilement quantifiable, la communauté handball est pourtant bien regroupée. Côté océan pacifique entre Sydney et Brisbane. En club, l’université de Sydney où évoluaient encore la saison passée huit Français est régulièrement invitée à se frotter aux meilleurs au Super Globe au Qatar. Pour autant, les sélections nationales qui plus est, en jeunes ont des difficultés à disposer des moyens les plus basiques, sans parler du déficit de reconnaissance. « C’est vrai qu’expliquer à un Australien de la rue ce qu’est le hand, ce n’est pas évident. En caricaturant, je dis que c’est du water-polo sans l’eau et avec un peu plus de vêtements (rires).» L’image est forte et prend malheureusement tout son sens au vue des résultats depuis le début de la compétition. Les Australiens doivent en permanence se résigner à boire la tasse. Ils ne se font guère d’illusions face à leurs homologues français. « Participer au Mondial c’est déjà un honneur, affronter des adversaires comme la France, c’est une fierté. En plus, c’est un coup de projecteur sur notre équipe. J’espère que grâce à cette expérience, le monde entier et nos compatriotes vont se rendre compte que le hand existe bien en Australie. » Avec l’entrée en scène des Etats Unis mais aussi à termes des Chinois, la mondialisation du hand est en marche.



Thomas Gerstch, le "Crocodile Dundee" français du hand australien

Depuis quelques années, des Européens plus particulièrement des Français sont venus terminer leur carrière sportive en Australie, en menant en parallèle une véritable activité professionnelle. Pierre Bonnin (ex Nîmes) y a passé deux saisons, Jean Philippe Haon et Jordan Perronneau (eux aussi de l'USAM) y sont restés 12 mois. Avec Sébastien Traverso, Thomas Gerstch fait partie des pionniers. Voilà une décennie que le Grenoblois d'origine, gravite autour de Sydney. Il sillonne même le pays au service d'une société qui construit des fermes solaires. Passé par le Chili et Lyon-Caluire, le handball fait partie de l'ADN de ce gardien qui en mai a fêté son 35ème printemps. « Malgré les difficultés à trouver des joueurs, j’ai même monté un club il y a cinq ans, le St Kilda Handball Club. » Cinq ans, c’est tout juste le temps qui le sépare de sa dernière participation au Super Globe au Qatar. Avec l’université de Sydney, il retrouvera l’épreuve en août prochain et avec la sélection, il défendra les chances du pays au championnat d’Asie en février. D’où une attention toute particulière sur ces jeunes qui portent les couleurs nationales à Vigo en Espagne. «Ce sont des bons gars. Parmi eux, deux ou trois sortent du lot. Mais pour bien aller et pour qu’ils progressent, il faudrait que des clubs européens les accueillent un ou deux ans. Ici, on a du mal à les garder. Ils passent séniors, trouvent un job et ont tendance à arrêter. » Et l’image du joueur qui met la main dans le portefeuille pour s’auto-subventionner et pour exercer sa passion n’est pas illusoire. « Une année en équipe nationale par exemple, leur revient entre 3 et 5000 dollars australiens (1900-3000 €). Au Mondial, ce sont même eux qui paient les frais pour le staff. » Un autre monde sur lequel les instances internationales devront se pencher car faute d’ouverture à d’autres pays et surtout d’autres continents, la discipline intégrée au programme des Jeux depuis 1972, pourrait disparaître de la liste olympique.  


Diaporama "les jeunes Australiens découvrent le Mondial" par Yves Michel



                                              BREVES EN STOCK

Dans le groupe B, celui de la France, les favoris sont au rendez-vous et c'est le goal average général qui les sépare. Avec deux succès au compteur et donc 4 points, l'Egypte (+44) devance la France (+43) et la Suède (+34). Rien n'est fait pour le 4ème billet qualificatif aux 8èmes, la Corée, le Nigéria et l'Australie n'ont toujours pas ouvert leur compte.



Un petit cocorico au passage… Edouard Kempf (notre photo) est en tête du classement des buteurs. Le Français réalise un début de Mondial qui frôle la perfection. Avec 21 réalisations (8 de l'aile droite, 11 en contre-attaque, 2 à 7m), il devance le Coréen Jinyoung Kim (16) et le Danois Emil Laerke (14). Mais la cerise sur le gâteau français, c'est que Kyllian Villeminot est en embuscade à la 4ème place (13 buts). Gaël Tribillon n'est pas très loin (12), Axel Cochery et Dylan Nahi (10 et 8) non plus.

En revanche, défensivement, la France peut beaucoup mieux faire. Dans ce secteur, elle pointe en 11ème position devant l'Allemagne qui n'est d'ailleurs pas au mieux (après sa défaite de cinq buts face aux Danois) et largement devant le Portugal, en difficulté (en atteste la défaite assez surprenante de 5 buts face au Brésil). Les Espagnols qui n'ont disputé qu'un match contre… les Etats-Unis ont pour l'instant, le meilleur bloc devant les cages.  



Hécatombe chez les Nigérians
Le point commun entre les trois rencontres proposées ce mercredi dans le groupe B, est à chaque fois, un écart substantiel établi par le vainqueur. Avant que la France ne dispose de la Corée de 14 buts, la Suède avait croqué l'Australie de 28 et l'Egypte avait distancé le Nigéria de 17. C'est sur cette dernière équipe que pointent des inquiétudes. Les représentants de l'Afrique de l'ouest issus d'un pays de 203 millions d'habitants sont plus que limités dans ce qu'ils offrent. Et leur envie, leur générosité ne suffisent pas à pallier leurs carences. Shittu Adewunmi leur entraîneur ne sait même pas avec quel effectif, il va terminer la compétition. Car si comme prévu, les Nigérians ne passent pas la phase de groupe, ils disputeront "la coupe du Président" soit encore 5 matches à honorer. Mardi face à la France, deux joueurs étaient restés au tapis, face aux Egyptiens, deux autres ont donné leur corps à la science. L'assistance médicale du Mondial est intervenue (car la délégation nigériane n'a pas de staff médical) et les intéressés sont repartis en boitillant. Vu la tournure des événements, il ne va pas rester grand monde sous le maillot vert. Le vrai test, c'est samedi que les Africains de l'ouest le passeront, face... aux Australiens.

© Yves Michel
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