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D. Zovko : « La performance doit être examinée dans sa globalité »
D. Zovko : « La performance doit être examinée dans sa globalité »
12 Juin 2011 | France

Pour son dernier match à la tête de Créteil, Dragan Zovko a conclu en beauté l’exercice 2010-2011 en décrochant le titre de champion de France de Division 2, le deuxième de la carrière du technicien serbe. Non reconduit à son poste malgré une saison réussie qui permet au club val-de-marnais de retrouver la LNH, cet entraîneur charismatique du handball hexagonal fourmille toujours d’idées pour le développement de son sport.

Mettant à profit ses 20 ans d’expérience sur un banc de touche et les trois montées réussies dans sa carrière, Dragan Zovko explique pour HandZone la vision qu’il a du développement de son sport. Avec son franc-parler, il analyse sans ménagement la situation des entraîneurs de l’Elite. Nul doute que ses idées devraient suscitées un débat parmi les acteurs du handball hexagonal.

HandZone : Dragan, de plus en plus de jeunes entraîneurs arrivent sur les bancs des équipes de LNH ou de D.2. Est-ce une bonne nouvelle pour le développement du hand français ?
Dragan Zovko : Les clubs sont aujourd’hui des entreprises qui gèrent en moyenne des budgets de deux millions d’euros par an. C’est l’équivalent du budget d’une belle PME. Que ce soit à la Fédération, la LNH ou 7 Master, il y une volonté à tous les niveaux sur l’exigence des compétences et le rôle qu’un entraîneur doit occuper au sein d’un club. Tout le monde pense que l’entraîneur est un cadre, avec des convictions, des connaissances et de l’expérience. Existe-t-il des PME dont les cadres n’ont toujours pas terminé leur formation et ne sont pas qualifiés pour leur poste ? Bien sûr que non ! Il me semble que les clubs de l’Elite essaient de faire des économies en embauchant des jeunes entraîneurs qui n’ont pas tous terminé leur formation. Je ne remets pas en cause le fait de débuter à entraîner à 30 ans car c’est ce que j’ai fait. Certes, il faut rajeunir les cadres techniques mais donne-t-on une Ferrari à son enfant qui vient d’avoir son permis ? Je pense qu’il faut être prudent car cette tendance peut au final coûter beaucoup plus cher aux clubs.

HZ : Comment expliquer cette tendance ?
D.Z. :
Il y a tout d’abord des raisons économiques qui incitent certains clubs à ne plus regarder la performance des entraîneurs dans leur globalité ni de manière approfondie. L’image joue également un rôle majeur. Beaucoup pensent que confier une équipe à un joueur possédant un très bon palmarès de joueur est suffisant pour attirer les partenaires et obtenir des résultats. Il y a aussi un manque de responsabilité par rapport aux objectifs fixés. Enfin, le handball copie également le football. Sous prétexte de vouloir structurer le staff, on engage un préparateur physique et un préparateur mental. Je crois rêver ! Je ne pense pas que tous les clubs au handball aient besoin d’un préparateur physique.

HZ : Selon vous, il n’est donc pas nécessaire pour les clubs de l’Elite d’avoir un préparateur physique ?
D.Z. :
Non, mon jugement n’est pas si radical. Des clubs comme Montpellier ou Chambéry, qui doivent jouer sur tous les tableaux et qui sont des grands clubs, aient un préparateur physique, je peux le comprendre. Mais pour les autres, comment se fait-il qu’un entraîneur de handball ne puisse pas assurer la préparation physique de son équipe ? Cela voudrait dire qu’il ne mérite pas son diplôme. Aujourd’hui, la plupart des staffs sont composés d’un entraîneur, un entraîneur adjoint, un entraîneur des gardiens de but, un préparateur physique et un responsable de la vidéo. Au final, ça coûte cher et le travail n’est pas toujours bien fait. Il serait plus judicieux de faire confiance à un entraîneur et son adjoint qui possèdent l’ensemble de ces qualités et les expriment mieux que ces cinq personnes réunies. Mais cela risque de poser des problèmes à certains car un joueur qui devient entraîneur ne peut pas appliquer exactement la préparation qu’il a pu suivre dans sa carrière. Il doit savoir pourquoi il fait tel ou tel exercice. Et pour cela, il faut des connaissances physiologiques et anatomiques.

HZ : Montpellier domine le handball hexagonal depuis plusieurs années et possède un staff élargi. Existe-t-il un « effet Montpellier » qui incite certains clubs à copier le modèle héraultais ?
D.Z. :
Peut-être, mais Montpellier ou l’équipe de France n’y sont pour rien ! Ce sont des institutions et il est tout à fait logique que les staffs soient complets. Ils ont les besoins et les moyens pour cela. C’est le même problème pour les engagements rapides. Certains entraîneurs regardent un match du MAHB, voient que Patrice Canayer utilise des engagements rapides et, sans réfléchir s’ils correspondent à leur équipe, vont le copier. Ce serait trop facile si cela fonctionnait ainsi !

HZ : Quelles sont les qualités nécessaires pour entraîner une équipe de l’Elite ?
D.Z. :
Selon moi, un entraîneur doit avoir un minimum de trois compétences. Il doit tout d’abord développer des compétences liées à l’entraînement. Je pars du principe que le handball est un sport que l’on peut présenter par une équation : 50% de préparation physique, 35% de technico-tactique et 15 % de mental. Un entraîneur doit déjà maîtriser cela. Deuxièmement, il faut qu’il soit capable de manager et de coacher. Il doit pouvoir manager les systèmes : le staff médical, les dirigeants, les permanents du club. Il faut qu’il soit capable de travailler en collaboration avec tous les acteurs de la vie d’un club. Il doit manager et coacher les joueurs pendant les matchs. Quand on est entraîneur, on gère des humains. Coacher, ce n’est pas baratiner ! Le coaching permet à l’entraîneur de trouver les mots justes pour faire progresser ses joueurs et les mettre dans les meilleures conditions possibles. Troisièmement, un entraineur doit posséder les compétences d’un organisateur, qui possède une vision large, sait anticiper et communiquer. C’est quelqu’un qui a des convictions. Mais, pour avoir des convictions il faut avoir des connaissances suivies par l’expérience. Malheureusement, je pense que l’on ne tient pas toujours compte de cela. Le travail d’un entraîneur et la performance ne sont pas analysés dans leur globalité ni de manière approfondie.

HZ : Comment expliquer cette situation ?
D.Z. :
Peut être par un manque de gestion, d’une vision claire pour moderniser notre sport et des capacités d’anticiper les dix prochaines années. Peut-être également par manque d’un développement des partenariats sur des bases économiques. Si notre sport reposait sur un socle économique solide et si les clubs instauraient un système de prime en fonction des victoires, le championnat ne serait pas basé uniquement sur des sentiments. Or, actuellement, que les joueurs gagnent ou perdent, ils touchent le même salaire. Certains résultats en LNH et Pro D2 cette saison peuvent en effet laisser perplexe. Je me pose des questions simples : pourquoi un véritable développement économique des clubs ne se met-il pas en place ? Pourquoi passe-t-on pour un mercenaire lorsque nous parlons de budget dans le handball ? Les clubs doivent aujourd’hui être gérés comme une entreprise. Le monde de l’entreprise a su tirer le meilleur du sport. Mais nous, les sportifs, savons-nous tirer le meilleur du monde de l’entreprise ?

HZ : Que manque-t-il au handball français pour changer cette situation ?
D.Z. :
Le handball a déjà beaucoup évolué ces dernières années. Il faudrait maintenant qu’un certain nombre d’acteurs actuels évoluent, ou qu’ils changent leur vision et leurs habitudes. Par exemple, il existe des stages pour les entraîneurs ou les arbitres mais rien pour les dirigeants. Les équipes professionnelles sont donc souvent gérées par des amateurs passionnés par leur sport. Il n’y a pourtant pas de fatalité à cette situation. Il manque une véritable gestion comme dans les entreprises, notamment concernant la gestion des emplois et des compétences. La modernisation de notre sport passe, à mon avis, obligatoirement par ces changements. Cela permettrait notamment de juger les dirigeants et les entraîneurs sur leur bilan.

Propos recueillis par

© Olivier Poignard
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attention aux verbes
claude troccaz | Mardi 14 Juin 2011 (18h40)
quand deux verbes se suivent le second est à l'infinitif
exemple: "ses idées devraient susciter et non suscitées"
a part ce détail je suis assez d'accord avec Dragan sur son analyse et particulièrement sur l'arrivée d'un préparateur physique. Un entraîneur (niveau 6 BE2) doit être capable de préparer physiquement ses joueurs dans le cas contraire pourquoi demander un tel niveau pour entraîner une LNH ou pro D2.
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