En une seule journée et même si rien n’est encore perdu, les juniors tricolores sont tombés de haut. Les joueurs de Guy Petitgirard ont été très sévèrement corrigés par la Slovénie, 23-30 à l’occasion de la première journée du championnat d’Europe à Ankara (Turquie). Amorphes en défense, les Français n’ont fait illusion que durant les vingt premières minutes. Ce vendredi, ils affrontent la Serbie qui hier, a donné du fil à retordre aux Allemands.
De notre envoyé spécial à Ankara
Et dire que Mario Sostaric était incertain et que l’entraîneur Slavko Ivezic nous avait joué le couplet à la Droopy sur l’absence d’un de ses joueurs majeurs et qui plus est, capitaine de son équipe. L’ailier droit de Velenje était bien là et ses douleurs à la cheville n’étaient apparemment, qu’un lointain souvenir. Pour preuve, son omniprésence sur le front de l’attaque slovène et ses huit buts au final. Un métronome ce gars-là, tout comme son pote de Celje Borut Mackovsek (neuf réalisations) qui du haut de ses 2.03 m, en a fait voir de toutes les couleurs à la défense française. La défense ? Mais quelle défense ? Où étaient donc les Toto, Bataille et consorts hier, de la 23ème minute à quasiment la fin de la rencontre ? Tout simplement aux abonnés absents !
Les Français n’ont fait illusion que durant les 20 premières minutes, lorsqu’ils ont décidé d’imposer leur tempo et prendre les Slovènes de vitesse. Et comme dans les buts, Mathieu Merceron (surnotre photo en grande discussion avec Fred Pérez, l’entraîneur des gardiens) multipliait les parades, on se prenait à rêver d’une équipe de France irrésistible (9-5 à la 14ème). C’est au quart d’heure que la machine a commencé à se gripper. Une double infériorité numérique, un ballon perdu ou intercepté (où est la différence ?), une défense qui avait laissé les clés sous le paillasson, il n’en fallait pas plus aux joueurs des Balkans, non seulement pour revenir à hauteur (Mackovsek 10-10 à la 23ème) mais passer devant pour ne jamais plus laisser aux Français la direction des opérations. « En infériorité numérique, on a perdu beaucoup de duels et on a été dans l’incapacité d’enchaîner, constatait Jacky Bertholet, un des entraîneurs tricolores. C’est vrai que ce score fait un peu sévère. On paye surtout la mauvaise gestion de nos temps faibles. » Des ballons lâchés trop vite, des joueurs qui oublient de communiquer entre eux, un axe central déficient même si aux alentours de la 40ème minute, Adrien Ballet permettait à son équipe de réduire l’écart (17-19), les Slovènes faisaient toujours la loi. Bien aidés dans leur entreprise de démolition par leur gardien Zaponsek. Il est solide le Rok (c’est son prénom) de Velenje ! En une poignée de secondes, il va mettre en péril toutes les tentatives françaises (19-25 à la 49ème). Lancés dans le grand bain au plus mauvais moment en soutien de Mathieu Merceron, Alex Demaille et Rémi Desbonnet tentaient de limiter la casse mais avec un morceau de gruyère devant eux, ils étaient emportés dans le naufrage collectif.
La Slovénie avait réussi son coup. Prendre sa revanche (et de quelle manière !) sur la France et surtout s’installer à la première place du groupe, ex aequo en points avec les Allemands, qu’elle rencontrera ce vendredi après-midi à 17h00. La France retrouvera la Serbie et il faudra qu'elle montre un tout autre visage. « Comme on a trop souvent reculé, il faut repenser tout notre dispositif, soulignait Jacky Bertholet (notre photo). Mieux communiquer aussi, c’est comme cela que nous allons les remobiliser. » Mais remobiliser qui et sur quel projet de jeu ? Certes, cette formation est orpheline de certains de ses cadres blessés ou qui ont jugé bon d'avoir mieux à faire ailleurs, certes l’absence de Théophile Caussé fait cruellement défaut mais il y a urgence. Sinon, c’est la Coupe en bois qui se profile à l’horizon. « Théophile, on l’a dit et redit, c’était l’âme de l’équipe et c’est maintenant qu’on va voir si ce groupe a la faculté de se prendre en charge. » Il reste deux rencontres à disputer dans ce tour préliminaire. La Serbie puis dimanche, l’Allemagne. L’équation est simple : les Français devront sortir le grand jeu et s’imposer pour éviter le pire. « La poule est homogène donc très compliquée mais dans laquelle tout le monde peut battre tout le monde. Il faut qu’on se mette en position de gagner nos duels et surtout donner un tout autre visage défensif. » Et pourquoi ne pas réintégrer dans le dispositif, Nicolas Boschi que le staff tricolore n’a pas ou peu utilisé jusque-là en raison d’une blessure au genou. Sa puissance de feu de loin peut être une solution face à la 6-0 serbe. La marge de manœuvre offerte aux juniors de l’équipe de France est étroite mais avec le maillot tricolore sur les épaules, il est interdit d’abdiquer. Qu’ils en fassent une simple question de fierté et d’orgueil !
La réaction d'Hugo Descat
Elu meilleur joueur tricolore, Hugo Descat n'avait vraiment que faire du trophée en simili plomb reçu des mains des officiels. Le Cristolien était tout simplement dépité après la prestation de l'équipe de France. L'ailier gauche français s'est résolu à répondre à nos questions, sans faux-fuyants.
La feuille de match
Slovénie bat France 30 à 23 (mi-temps : 14-12)
Arb. : Javier Alvarez Mata (ESP) & Ion Bustamante Lopez (ESP)
Dans cette même poule D, l’Allemagne a battu la Serbie 24-20 (MT : 9-12)
Classement :1- Slovénie2pts(+7)
2- Allemagne2pts(+4)
3- Serbie0pt(-4)
4- France0pt(-7)
Les autres résultats de la journée :
Espagne – Turquie41-22
Norvège – Rép. Tchèque34-28
Croatie – Portugal23-28
Pologne-Russie18-32
Danemark – islande28-22
Suède – Suisse29-24
Ce vendredi dans la poule D
17h (locales)Slovénie – Allemagne
19h (locales)France - Serbie
L'adversaire du jour: la Serbie
De mémoire, jamais cette génération 92-93 n'a affronté en compétition officielle, son homologue serbe. Ce jeudi, les joueurs des Balkans ont bien failli causer la sensation face à l'Allemagne. Bien mis en confiance par leur portier Mihajilo Radovanovic et une défense 6-0 à la limite de la régularité, ils ont profité d'une certaine nervosité de l'adversaire pour virer en tête à la pause (9-12). Le salut, les hommes de Patrick Schwarzer le doivent eux non seulement, à leur gardien, le phénoménal Felix Storbeck qui au plus fort du grain a maintenu le navire à flots mais également à la précision du duo Julius Kühn et Patrick Zieker, les "tauliers" du couloir gauche, auteurs respectivement de 6 et 5 buts. « Dans un tournoi, le 1er match est toujours difficile, soufflait, un tantinet soulagé, Schwarzer. Ce qui est intéressant, c’est que je dispose d’une profondeur de banc, ce qui m’a permis de trouver des solutions de rechange. Il y a des choses à améliorer mais ce succès est mérité. » Avis également partagé par Jan Forstbauer, le demi-centre le plus francophone de la Mannschaft : « Nous avons eu du mal à défendre sur ce style d’opposition. Ils ont voulu mettre d’entrée un défi physique et il nous a fallu une mi-temps pour contourner l’obstacle. Il faudra être meilleur si on veut aller jusqu’au bout. » Les Français doivent-ils donc craindre à outrance les partenaires du géant Marsenic (2.02 m) ? Yohann Delattre, entraîneur des cadets tricolores et présent à Ankara pour décortiquer le jeu des équipes du groupe C et D, a un avis sur la question. « Les Serbes jouent beaucoup au près et les arrières cherchent constamment la relation avec le pivot. Ceci dit, ils ne paraissent pas au top physiquement car face aux Allemands, ils n’ont tenu qu’une période. » Les précieux renseignements vidéo de l’ancien champion du monde 95 vont pouvoir être utilisés par Guy Petitgirard et ses adjoints.
Et puis, pour vivre dans l'intimité des Bleus et dans les coulisses de cet Euro, le blog juniors 2012 est également dédié à la compétition.
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