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Jérôme Fernandez ne veut pas brûler les étapes
Jérôme Fernandez ne veut pas brûler les étapes
25 Juillet 2012 | International > Jeux Olympiques
Hier, les joueuses de l’équipe de France féminine ont pris leurs quartiers au village olympique, les garçons les rejoignent aujourd’hui. Jérôme Fernandez qui disputera à Londres, ses 4èmes Jeux reste concentré sur l’objectif final et compte bien conserver le titre suprême acquis à Pékin, il y a quatre ans. Entretien avec le capitaine de l’équipe de France masculine. 

Avec Didier Dinart, Bertrand et Guillaume Gille, Jérôme Fernandez fait partie du carré magique français à avoir traversé trois olympiades, avec des fortunes diverses. 6ème à Sydney (après avoir été sorti en quarts par la Serbie-Monténégro) 5ème à Athènes (après avoir chuté en quarts face à la Russie) et la consécration, il y a quatre ans à Pékin, en s’installant sur le toit du monde après avoir dominé en finale, une équipe islandaise déjà satisfaite de se retrouver à un tel niveau. De son escapade chinoise, celui qui a déjà inscrit 1324 buts sous le maillot tricolore gardera un souvenir partagé entre l’émotion d’une médaille d’or olympique et la frustration d’une compétition gâchée par une blessure (main droite fracturée en matches de poule contre la Croatie) qui le privera surtout des phases finales. Sans parler de revanche, Jérôme Fernandez prend rendez-vous avec ces 12èmes Jeux Olympiques de l’ère moderne. Quelques heures avant d'entrer au village olympique, le Toulousain a répondu à nos questions...

Ça y est, on y est, les Jeux sont enfin là...
C'est sûr qu'il y a une certaine hâte d'y être, de découvrir le village, les installations, après on a suffisamment d'expérience pour savoir qu'il ne faut pas brûler les étapes et ne pas se précipiter. Même ceux dont ce sont les premiers Jeux ne montrent pas une excitation particulière. A mon avis, la tension va monter une fois sur place.

Pour toi, les derniers Jeux de Pékin ont été particuliers…
Oui mais ce n'est pas une revanche, à Londres, ce sera tout simplement une aventure différente. J'espère que cette fois-ci, je pourrai aller au bout et qu'on aura la chance de revivre les mêmes choses qu'il y a quatre ans. Malgré la blessure, l'aventure à Pékin a été fantastique. 

Quel est ton rapport avec l'Angleterre ? 
Déjà, j'ai grandi dans une ville très marquée par l'Angleterre. Bordeaux est la plus anglaise des villes françaises. Après, mis à part les voyages effectués avec le collège, je ne connais pas plus que ça. L'Angleterre, dans notre sport, c'est quelque chose d'inconnu et franchement, ce n'est pas un pays avec lequel j'ai beaucoup d'attaches. 

Cette équipe anglaise, c'est finalement un match de plus dans la préparation ? 
Nous, on va les prendre au sérieux et se donner les moyens de très bien entrer dans la compétition. Le niveau va augmenter par la suite avec l'Argentine et la Tunisie… Ce 1er match nous servira plus à prendre les repères dans la salle et à emmagasiner de la confiance individuelle. C'est vrai qu'on ne s'attend pas à un match stressant. 


La préparation a-t-elle été satisfaisante ? 
Nous avons eu une dernière alerte contre la Hongrie… Une bonne 1ère mi-temps et un fléchissement en seconde. La Hongrie est une bonne équipe et il faut être plus rigoureux. Mais je retiens qu'une semaine plus tôt, on a fait un excellent match contre l'Espagne. C'est une équipe qu'on n'avait pas battue depuis Pékin, qui nous pose toujours problème au niveau tactique et là, on a eu le sentiment que physiquement, on était bien et qu'au niveau de la détermination, c'était un match référence par rapport à ce qu'on avait pu faire depuis le Mondial suédois. 

Le syndrome serbe est passé ? 
Je crois que depuis, tout le monde s'est remis individuellement en question, a revêtu le bleu de chauffe et s'est investi pour cet été. Après, on sait aussi que pour prétendre décrocher une médaille ou gagner les Jeux Olympiques, il faudra être au maximum, notamment la 2ème semaine. En fait, on s'est rendu compte qu'on avait profité de la prépa de Pékin pendant plus de trois ans et là, c'est un nouveau départ. 

Le but dans ce 1er tour, c'est gagner tous les matches ? 
Oui, bien-sûr mais surtout y mettre la manière et surtout travailler et se préparer en vue du quart de finale. 

C'est là où tout commence vraiment ? 
C'est là où tout peut s'arrêter surtout ! En matches de poule, même si tu fais un faux-pas, tu perds un petit peu de confiance mais tu peux rebondir deux jours après. Sur un quart de finale, c'est irréversible. C'est le match couperet par excellence. Quand tu rêves d'une médaille, que tu as travaillé pour cela pendant deux mois et que tu chutes, tu te rends compte que tout l'investissement n'a servi à rien. Le quart, c'est le match le plus important de la quinzaine. On l'a vu contre les Russes en 2004. 
 
Il y a une certaine hiérarchie dans cette poule, la Grande-Bretagne parait bien faible, le 4ème sésame pour les quarts va se jouer entre l'Argentine et la Tunisie…
L'Argentine me parait mieux armé car les Argentins pratiquent un handball plus équilibré et plus abouti collectivement. Après, sur les valeurs de combat, c'est à peu près similaire. Par rapport à ce que j'ai vu au dernier mondial et les matches qu'on a fait contre les deux équipes, l'Argentine est un ton au-dessus. 

L'autre groupe est plus difficile… à part la Corée du Sud…
Attention, il y a quatre ans, les coréens avaient réussi à passer en étant 2èmes d'une poule qui était toute aussi homogène. Même en terminant premiers, nous allons tomber sur un adversaire très costaud. Ce qu'on espère c'est que vu que ce groupe est très relevé, l'adversaire en quart aura laissé plus de jus que nous lors de ses matches de poule. 


Du jus, vous n'en manquez pas malgré pour certains, vos âges canoniques… Stefansson est-il toujours pour toi, un modèle de longévité ?
Quand on me fait remarquer que j'ai 35 ans, que c'est peut-être ma dernière compétition, je ne peux répondre que par ''peut-être car on ne sait jamais de quoi peut être fait l'avenir'' mais par rapport à des joueurs comme Olafür (39 ans), je ne m'estime pas être un vieux joueur. Aujourd'hui, avec la qualité de notre préparation physique, avec ce qu'on fait dans les clubs et avec un minimum de sérieux, il y a moyen de durer. Tant que la passion est là et que le corps endure les charges de travail, il n'y a pas de raison de s'arrêter. Je prends énormément de plaisir, j'ai la chance d'évoluer avec une partie des meilleurs joueurs de la planète donc je me vois mal aujourd'hui, tirer ma révérence. 

Un qui parait bien aussi, c'est Titi, ton coloc de chambre…
Je le sens en grande forme. Physique et mentale. Et surtout très déterminé car avec Daniel, il a vécu à Kiel une saison fantastique, tous les deux sont loin d'être émoussés. Ils surfent sur la vague, sur l'enthousiasme et c'est très bien. Pourvu que cela dure jusqu'à la mi-août. 

Le hand féminin tricolore sera aussi présent à Londres, c'est important ? 
Oui bien entendu car la comm de la fédé est basée sur la parité, les filles ont de très beaux résultats depuis quelques années et c’est génial que les deux soient représentées aux Jeux. Et si en plus, on peut retrouver les deux équipes sur un podium… ça serait l'idéal. Elles ont une poule assez compliquée et au vu de leurs matches de prépa, elles peuvent tout gagner comme ne pas se qualifier pour les quarts. Elles sont moins bien loties que nous. 

On se retrouve le dimanche 12 août avec de l'or autour du cou ? 
C'est l'objectif mais je le répète, ne brûlons pas les étapes...
© Yves Michel
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