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Mondial M: Un arbitrage trop répressif ?
Mondial M: Un arbitrage trop répressif ?
26 Janvier 2015 | International > Mondial

Depuis le début du Mondial 2015, l'arbitrage a souvent été montré du doigt par les joueurs et entraîneurs qui reprochent aux arbitres de trop rapidement sanctionner. Jugée souvent laxiste, la Fédération Internationale a voulu cette fois-ci accentuer les consignes sur les fautes mettant en péril l'intégrité physique du joueur et la continuité du jeu. Mais la règle n'est-elle pas en train de tuer l'esprit ?

De notre envoyé spécial à Doha, Yves Michel

Les nouvelles consignes édictées par l'IHF (voir plus bas) qui quelques jours avant le début de la compétition avait mis la pression sur les hommes au sifflet, ont souvent été mal perçues par le microcosme. Une pluie de "deux minutes" s'est abattue sur le désert qatari et certains matches ont parfois tourné à la farce. Des records peu reluisants ont été relevés où sur un seul match, jusqu'à 19 sanctions temporaires ont été prononcées ! On ne va pas pointer du doigt ceux qui sont là pour réprimer puisque parmi ces pénalités, la majorité était justifiée. Le problème posé est l'interprétation des consignes données et leur application. La Slovénie par exemple figure dans le top 3 des sélections les plus épinglées (42 exclusions temporaires en 6 rencontres). Ce qui d'ailleurs ne l'a pas empêchée d'accéder en quarts de finale. « C'est assez bizarre, ce sont les joueurs qui jouent et pas les mecs qui font les règles, peste Dragan Gajic, l'ailier montpelliérain. Oui, il faut protéger certaines situations mais pas faire n’importe quoi. Le hand est un sport de contacts, il faut savoir être ferme lorsqu’il y a une agression mais ensuite, il ne faut pas mettre des 2’ partout. » Et a contrario sévir et aller jusqu'au bout du raisonnement lorsqu'une agression est manifeste comme ce fut le cas lors du match Allemagne-Argentine, J.P Fernandez se faisant balancer violemment par l'arrière droit de Melsungen Michaël Müller. L'Allemand a pris un "deux minutes" alors qu'il aurait du quitter définitivement l'aire de jeu.

L'équipe de France dans la moyenne

Les Tricolores qui avaient terminé en tête du classement du fair-play au Mondial espagnol il y a deux ans, figurent cette fois en milieu de tableau. Avant le 8ème contre l'Argentine, ils ont été temporairement exclus à 25 reprises, Luka Karabatic prenant un rouge (justifié) face à la Suède. Avec 6x2' (dont trois sur le seul France-Islande) son frère Nikola figure semble-t-il, parmi les plus surveillés. « Il a parfois le sentiment d’être la cible des arbitres et peut-être ne pas le mériter, maugrée Claude Onesta. Avec cette frustration qu’ont les meilleurs et sans savoir pourquoi, d'être attendu par les arbitres. "Niko" a un jeu très engagé, il reçoit beaucoup de coups mais qu’on puisse l’éliminer d’un match en lui disant qu’il simule, même si sur l’action c’est peut-être le cas, je dirai qu’entre ce qu’il reçoit et ce qu’il y a lieu de simuler, c’est un joueur qui doit être protégé plus que de l’accuser. » Qui est "l'agresseur" ? Qui est "l'agressé" ? Ce qui est désormais demandé aux arbitres est d'apprécier, de juger et surtout de sévir. Terminés (en principe) ces temps immémoriaux où les "cisailleurs" passaient entre les mailles de filet.  Sanctionner le danger oui, mais pas dans la précipitation. « Ce n’est pas suffisamment bien préparé, remarque François-Xavier Houlet (ancien international devenu consultant sur beIN sports). On tente l’expérimentation sur un championnat du Monde et cela surprend tout le monde. La conséquence la plus dangereuse est de voir des simulateurs faire du cinéma pour éliminer son adversaire. On a vu des binômes jeunes d'arbitres non aguerris tomber dans le panneau. » Avec l'écrémage naturel lors de la dernière semaine du tournoi (autant au niveau des équipes que des arbitres), on pourrait retrouver des proportions plus proches d'un championnat d'Europe. « Le fait de ne plus jouer des équipes atypiques avec des défenses 3-3 très étagées, acquiesce Didier Dinart, va tendre à un rapport plus traditionnel. On va avoir à faire à des arbitres plus expérimentés que certains qu’on a vus. » Le couple lituanien qui du coup s'était montré trop laxiste lors du Allemagne-Argentine a déjà été renvoyé à ses chères études. Et le spécialiste défensif de l'équipe de France de conclure, « il faut que le handball reste un sport de contact, que cela ne devienne pas du volley-ball. En revanche, le joueur de haut niveau doit être aussi capable de s'adapter aux nouvelles règles. Il faut que toutes les parties concernées trouvent un consensus. » Quelles que soient les circonstances, ce Mondial qatari ne peut s'inscrire dans la tradition. Il restera à part. Tant par sa démesure, sa philosophie, son déroulement. Peut-être n'est on pas arrivé au bout de nos peines ? Il reste encore... une semaine de compétition.



Les principales recommandations faites aux arbitres:

sur le jeu au pivot:
tous les mauvais comportements offensifs (mauvais bloc, tirage de maillot ou du short avec la main faible, simulation) et défensifs (poussette, ceinturage) sont sanctionnés.

sur le jeu à l'aile:
la consigne est d'obliger le défenseur de jouer le ballon et rien d'autre. Tous les contacts visant le corps de l'attaquant et provoquant un déséquilibre seront directement punis par une exclusion temporaire voire définitive. Tout barrage (par la jambe ou le pied) sera également sanctionné. En même temps, la vigilance est demandée sur les attaquants qui en rajoutent pour obtenir la pénalité.

sur le jeu autour:
toutes les poussettes sur joueur en l'air, les défenses sur la partie supérieure aux épaules seront sanctionnées (exclusion de 2'). De même que les trucages visant à simuler un coup au visage (l'appréciation laissée aux arbitres fera appel à leur discernement).

La vidéo pour assister les arbitres

Cocorico en matière de technologie ! Notre ami Armand Steiger est à Doha avec toute son équipe de l'association "Handvision" pour superviser le système vidéo permettant aux arbitres d'avoir un supplément d'information sur une action jugée litigieuse. La balle a-t-elle franchi la ligne de but ? Le joueur fautif est-il bien celui visé ? Depuis le début de la compétition, les interventions de ces six techniciens avant tout passionnés de hand n'ont pas été nombreuses (et c'est tant mieux pour la continuité du jeu) mais efficaces. Par exemple, lors du match Espagne-Slovénie, vendredi dernier, Gonzalo Perez de Vargas pensait avoir sauvé un but. L'arbitre avait dans un 1er temps validé le geste du gardien du FC Barcelone, avant de se raviser. L'intervention du délégué technique posté devant un écran de contrôle a inversé la décision.



Le système mis en place par Armand Steiger est très simple. Trois "Go Pro" sont fixées sur la transversale de chaque cage (une dans chaque angle, une au centre). Cette technologie (française) est utilisée pour la 1ère fois sur un championnat du Monde. Elle avait déjà fait l'objet d'une expérimentation au Final Four de la Ligue des Champions à Cologne et la finale de la coupe de l'EHF. Pour rappel, Handvision propose (relayé par Handzone) les lives de la Ligue Féminine ainsi que le championnat de Pro D2 masculine. A Doha, ce sont pas moins de six français (un binôme dans chacune des trois salles) qui sont aux aguets pour une qualité d'arbitrage toujours accrue.



Les pères siffleurs tricolores sur le pont

Après avoir notamment dirigé Chili-Qatar, Slovénie-Brésil et Croatie-Bosnie en phase de poule, la paire française Laurent Reveret - Stévann Pichon sera à l'œuvre ce lundi à Lusail (21h locales - 19h françaises) pour un explosif Danemark - Islande désignant le futur adversaire de l'Espagne en quarts de finale.  

© Yves Michel
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