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EDF F: Pour Orlane Kanor, c'est Noël en novembre
EDF F: Pour Orlane Kanor, c'est Noël en novembre
28 Novembre 2017 | International > Mondial

Orlane Kanor est un peu l'invitée surprise de la sélection d'Olivier Krumbholz qui s'apprête dès la fin de cette semaine à rallier l'Allemagne à l'occasion du championnat du Monde féminin. A 20 ans, l'arrière messine fait son apprentissage chez les "A" avec la ferme intention de marquer les esprits.

par Yves MICHEL


Orlane Kanor, c’est avant tout une joie de vivre communicative qui enchante toutes ses partenaires. A Metz où elle a désormais son rond de serviette à la table des grandes, comme dans cette équipe de France où elle tente de se glisser sur la pointe des pieds, le bonheur est total. Avec l’impression que cette semaine inaugurale chez les Bleues a été un véritable accélérateur à l'épanouissement. « Dans ce groupe, elles sont tellement gentilles avec moi, elles veulent tellement bien m’intégrer que cela ne peut que bien se passer. A l’entraînement, si je fais une erreur, il n’y aura pas de reproches et elles vont me donner des conseils, me stimuler et proposer des solutions. » Le week-end dernier sur le tournoi Razel-Bec à Coubertin, celle qui était vierge de toute sélection, attendait ni plus ni moins qu’un baptême du feu et un encouragement pour l’avenir. Face à la Tunisie, elle aurait tellement aimé briller sur le peu de temps de jeu dont elle a bénéficié. Les onze minutes passées sur le parquet ne lui ont pas laissé un souvenir impérissable. Un tir raté, une perte de balle et une exclusion temporaire. Pas de quoi convaincre Olivier Krumbholz. « J’ai conscience que les places sont très chères, il y a des filles plus expérimentées que moi avec plein de qualités et c’est forcément plus difficile de s’imposer. De toute façon, je me dis que j’ai tellement appris en si peu de jours que déjà l’expérience est bénéfique. » Dimanche, face à la Slovénie, c’est pourtant elle qui va clôturer la fête parisienne. En moins de six minutes, elle va inscrire les deux derniers buts du succès tricolore et cette fois, laisser une empreinte. « C’est magnifique, vraiment cool … je ne me suis pas posé trop de questions. Il ne fallait pas que je me rate. Le coach m’a dit, Orlane, prends tes ballons de course et va au shoot donc j’ai essayé de le faire et voilà…» Pour la Guadeloupéenne, tout a véritablement changé lorsqu’il y a un peu plus d’un an à Metz, Emmanuel Mayonnade désireux de varier les rotations, l’a véritablement responsabilisée. « Je l’ai intégrée lors de la préparation estivale de la saison dernière, je l’ai assez rapidement titularisée et elle n’a cessé de progresser, confirme le technicien mosellan. Elle a des qualités physiques incroyables qu’il a fallu juste coordonner et elle a beaucoup travaillé son handball. Dans notre dernier match de Ligue des Champions (face à Bietigheim), elle a parfaitement existé notamment en défense. Donc sa place et sa sélection chez les A me semblent aujourd’hui assez légitimes. » A 20 ans à peine, Orlane Kanor a déjà déposé le brevet d'une extraordinaire détente qui malgré son jeune âge en étonne plus d'un. A commencer par Eric Baradat, qui ose la comparaison avec un certain «Daniel Narcisse ».

Rien que cela ! En tout cas, le responsable de la filière jeunes est dithyrambique sur les prouesses athlétiques de la Messine qui à une génération près, aurait pu faire partie l'été dernier de la sélection, championne d'Europe des moins de 19 ans. « Il n’y a pas beaucoup de filles en Europe qui sautent aussi haut et tirent aussi fort qu’elle. » A l’évocation de cette arme fatale qui fait tant parler, l’intéressée affiche un large sourire. Elle est parfaitement consciente de ses qualités mais également de ses défauts. « Le jump, c’est quelque chose que j’ai toujours eu… Maintenant, je dois apprendre à le gérer, à bien sauter, bien dans l’axe vers la défense et pas de côté. » Plus qu’un dépannage, Orlane peut être une véritable alternative pour le sélectionneur qui a déjà loué son état d’esprit et sa fraîcheur. Le rêve qu’elle vit tout éveillée va sans doute se poursuivre ce mercredi face à l’Angola dans ces Arènes messines qu’elle connait si bien. Dans les tribunes, pour le 3ème et dernier match des Bleues, il y aura Laura, sa sœur jumelle, ailière gauche de position, arrivée en Lorraine  en même temps qu’elle, il y a deux ans et demi. « Les deux ont un potentiel physique assez incroyable, insiste Emmanuel Mayonnade. Au club à la base, on ne voulait pas prendre l’une pour avoir l’autre. Il y avait une vraie opportunité de faire venir deux bonnes joueuses. Après, les circonstances ont fait qu’Orlane a été mise plus vite en avant. » Viscéralement complices, c’est la 1ère fois que la séparation est aussi longue mais les deux frangines trouvent toujours les bons moyens pour communiquer. « On arrive à se parler tous les jours, valide Orlane. Après les matches notamment, j’ai droit au débriefing. Sans concession. Elle évoque ce qui était bien mais aussi ce qui l’était moins. C’est important pour moi qu’elle le fasse. Ma sœur, c’est la critique la plus objective qui puisse exister et c’est vraiment génial. » Stop ou encore. C'est une éventualité qui ne la fait pas frémir. Le voyage pourrait s'arrêter à Metz. Tout dépendra des choix d'Olivier Krumbholz qui doit encore écarter une joueuse pour finaliser son groupe du Mondial. 18 joueuses, une 3ème gardienne, 16 voire 15 élues pour les premières oppositions. Et quelle que soit la décision suprême, Orlane Kanor affichera toujours la même sérénité. Même si cette fois, traverser la frontière franco-allemande, aurait une signification bien particulière.

© Yves Michel
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