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EHF : Chambéry aura rêvé à mi-temps

Europe

samedi 14 mai 2016 - © François Dasriaux

 5 min 58 de lecture

Enorme déception pour le Chambéry SH battu 25 – 28 dans la seconde demi-finale de la Coupe EHF. Malgré une première mi-temps énorme, les Savoyards ont totalement lâché après le retour des vestiaires et les hommes du FA Göppingen se sont engouffrés dans les espaces pour corriger à leur tour des adversaires en panne totale.

Pourtant, tout le monde voyait la finale franco-française arriver à grand pas dès l’entame de jeu. Tranquilles en attaque avec un Damir Bicanic intenable, les Savoyards rajoutaient une défense 6-0 qui mettait les Kraus, Sesum, Kaufmann et autre Pfahl totalement en échec. Il faut dire que derrière il y avait un Yan Genty de gala qui enchaînait les parades comme à l’entrainement, se permettant même d’offrir quelques-uns de ses pastis servis frais à des bras comme Lars Kaufmann ou Daniel Fontaine. Le pire était sans doute la leçon de défense de type 6-0 à ceux qui l’avaient inventé… Incapables d’avoir suffisamment de vitesse pour gagner les duels, les joueurs du FAG se faisaient magner tout crus et surtout rendaient une pelleté de ballons pour que le CSH puisse creuser un écart que bien des gens voyaient quasi définitif à la pause. Et encore, Göppingen n’était pas passé loin de la vraie correctionnelle. Sans quelques gourmandises en attaque, mauvais blocs ou autre passages en force mal venus, les hommes d’Ivica Obvran auraient pu compter bien plus de 5 buts d’avance à la pause. Yann Genty finissait les 30 premières minutes avec un somptueux 8/16 en arrêts et les Allemands ne savaient plus trop à quels saints se vouer pour trouver la faille dans le bloc adverse.

Mais une mi-temps est faite pour se remettre les idées en place… Avec un coach de l’expérience de Magnus Andersson, nul doute que les choses avaient bien été remises à plat dans les vestiaires. Et on sentait de suite la différence dans le match… Une défense de nouveau mobile, solidaire qui retrouvait comme miracle le volume nécessaire pour mettre la base arrière chambérienne sur le reculoir et en attaque enfin de la percussion, de la suite dans les idées sur les basiques et le match changeait complètement de physionomie. Yann Genty n’avait plus les clefs des tirs adverses et Ivica Obvran était obligé de lancer Radivoje Ristanovic dans la bagarre pendant qu’en face, l’ancien Dunkerquois Peter Tataï enchainait lui les prouesses que Primoz Prost n’avait pas pu faire ne première période. Tout doucement la belle avance chambérienne fondait, et si Timothey N’Guessan arrivait encore à tenir le CSH à bout de bras avec quelques missiles plus que bien venus, tout était fait dans la douleur et à l’arraché. On était à des années lumières de la facilité et l’impression de puissance des 30 premières minutes.

Alors bien évidemment, ce qui devait arriver arriva… La résistance de Chambéry allait flancher au plus mauvais moment. Un 3-0 encaissé de la 53° à la 55° et malgré le temps mort pris par le coach savoyard, tout était plié et le retour des vestiaires avait été fatal à un CSH qui s’était peut-être vu trop beau, trop tôt ! Göppingen va donc retrouver Nantes pour le titre qu’il a déjà gagné en 2011 et en 2012. Autant dire que la finale de Nantes en 2013 face au Rhein Neckar Löwen va devoir être dans tous les esprits. Pour battre cette équipe du FAG il faudra donner tout et même un peu plus pendant 60 minutes. Chambéry n’a pas su le faire sur la durée du match, il en a payé cher les conséquences.

Commentaires d'après-match :

Yann Genty : « on a réussi à perturber Goppingen en première période. Malheureusement, on a mal démarré la seconde mi-temps… et eux ont repris confiance. Je pense surtout que c’est nous qui revenons moins bien, on a manqué d’agressivité et les deux minutes en début de seconde période nous fait mal puisqu’on prend un 0-3. On a déjà vécu cette situation en championnat, on a du mal à tuer les équipes quand on a quatre à cinq buts d’avance. Là où ça doit se jouer sur un ou deux buts à la fin, c’est eux qui ont cette fois-ci la confiance… et pas nous. Face à une équipe aussi expérimentée, ça ne pardonne pas. Peut-être qu’ils la méritent plus que nous. »

Damir Bicanic : « on fait une grosse première mi-temps avec une très bonne défense et un Yann Genty incroyable. Mais quand on a perdu l’avantage, j’ai senti qu’on était nerveux… et Goppingen a eu la possibilité de revenir avec beaucoup de force. On ne trouvait plus de solutions en deuxième mi-temps. On est très déçu évidemment… mais c’est une grande expérience pour les plus jeunes qui jouaient pour la première fois un final-four Européen. »

Kevinn Nyokas (arr. Göppingen) : « ma carrière est un peu un conte de fées avec des grosses cassures… mais je reviens toujours en grandes pompes. C’était le cas en 2011 où je suis revenu de mon talon d’achille. Et si je fais une finale de Coupe d’Europe, je sais que je suis déjà très chanceux. Cette dernière année, j’ai galéré au niveau de mes diagnostics de santé… pour enfin trouver quelque chose quand je suis rentré en France. Sur ce match, on était sous pression. On a de grandes qualités défensives et collectives… et on a su revenir plus fort en seconde mi-temps. Maintenant, une finale… je sais que ne pas les gagner, c’est quelque chose de très douloureux. Pour moi, c’est important de partir de Goppingen avec un titre et ce beau souvenir… en tout cas, c’est la meilleure des manières de partir avec classe. »

Magnus Andersson (entr. Göppingen) : « je suis très heureux du résultat même si on a dû faire face à un Chambéry très fort en première mi-temps. J’étais déçu de mon équipe parce qu’on perdait beaucoup de duels… et on n’était pas bon en défense. Je n’ai pas forcément dis grand-chose à mes joueurs à la mi-temps, ce sont de grands garçons ! Mais je suis fier de mon équipe par sa capacité à revenir plus fort et à réaliser une grande deuxième mi-temps ».

A Rezé, salle sportive de la Trocardière
Le samedi 14 mai 2016 à 17h30
Chambéry Savoie HB - Frisch Auf Göppingen : 25 - 28 (Mi-temps : 14-9)
4.000 spectateurs
Arbitres :
MM. Vaidas MAZEIKA & Mindaugas GATELIS (Lituanie)
Délégués :
M. Janka STASOVA (Slovaquie) & Henrik LA COUR (Danemark)

Evolution du score : 3-1 5°, 5-2 10°, 7-4 15°, 11-7 20°, 13-8 25°, 14-9 MT - 15-13 35°, 17-17 40°, 20-20 45°, 22-22 50°, 23-26 55°, 25-28 FT.

Chambéry
Gardiens
: Genty (9 arrêts), Ristanovic (2 arrêts).
Joueurs de champ : Panic (3/7), Richardson (3/5), Detrez (2/3), Bicanic (4/6), N'Guessan (6/10), Paty, Matulic (1/4), Da Silva (1/3), Paturel, Basic (2/4 dt 2/2 pen.), Marescot, Feutrier, Gille, Traoré (3/3).
Entraîneur : Orbvan.

Göppingen
Gardiens : Prost (3 arrêts), Tatai (7 arrêts).
Joueurs de champ : Fontaine (3/4), Berg (1/2), Schiller (9/9 dt 2/2 pen.), Pfahl (4/8), Kaufmann (3/7), Kraus (4/7), Kneule (0/2), Späth (1/3), Barud, Sesum (1/3), Kristensen (2/3), Halen, Nyokas (1/3), Lodebank.
Entraîneur : Andersson.

EHF : Chambéry aura rêvé à mi-temps 

Europe

samedi 14 mai 2016 - © François Dasriaux

 5 min 58 de lecture

Enorme déception pour le Chambéry SH battu 25 – 28 dans la seconde demi-finale de la Coupe EHF. Malgré une première mi-temps énorme, les Savoyards ont totalement lâché après le retour des vestiaires et les hommes du FA Göppingen se sont engouffrés dans les espaces pour corriger à leur tour des adversaires en panne totale.

Pourtant, tout le monde voyait la finale franco-française arriver à grand pas dès l’entame de jeu. Tranquilles en attaque avec un Damir Bicanic intenable, les Savoyards rajoutaient une défense 6-0 qui mettait les Kraus, Sesum, Kaufmann et autre Pfahl totalement en échec. Il faut dire que derrière il y avait un Yan Genty de gala qui enchaînait les parades comme à l’entrainement, se permettant même d’offrir quelques-uns de ses pastis servis frais à des bras comme Lars Kaufmann ou Daniel Fontaine. Le pire était sans doute la leçon de défense de type 6-0 à ceux qui l’avaient inventé… Incapables d’avoir suffisamment de vitesse pour gagner les duels, les joueurs du FAG se faisaient magner tout crus et surtout rendaient une pelleté de ballons pour que le CSH puisse creuser un écart que bien des gens voyaient quasi définitif à la pause. Et encore, Göppingen n’était pas passé loin de la vraie correctionnelle. Sans quelques gourmandises en attaque, mauvais blocs ou autre passages en force mal venus, les hommes d’Ivica Obvran auraient pu compter bien plus de 5 buts d’avance à la pause. Yann Genty finissait les 30 premières minutes avec un somptueux 8/16 en arrêts et les Allemands ne savaient plus trop à quels saints se vouer pour trouver la faille dans le bloc adverse.

Mais une mi-temps est faite pour se remettre les idées en place… Avec un coach de l’expérience de Magnus Andersson, nul doute que les choses avaient bien été remises à plat dans les vestiaires. Et on sentait de suite la différence dans le match… Une défense de nouveau mobile, solidaire qui retrouvait comme miracle le volume nécessaire pour mettre la base arrière chambérienne sur le reculoir et en attaque enfin de la percussion, de la suite dans les idées sur les basiques et le match changeait complètement de physionomie. Yann Genty n’avait plus les clefs des tirs adverses et Ivica Obvran était obligé de lancer Radivoje Ristanovic dans la bagarre pendant qu’en face, l’ancien Dunkerquois Peter Tataï enchainait lui les prouesses que Primoz Prost n’avait pas pu faire ne première période. Tout doucement la belle avance chambérienne fondait, et si Timothey N’Guessan arrivait encore à tenir le CSH à bout de bras avec quelques missiles plus que bien venus, tout était fait dans la douleur et à l’arraché. On était à des années lumières de la facilité et l’impression de puissance des 30 premières minutes.

Alors bien évidemment, ce qui devait arriver arriva… La résistance de Chambéry allait flancher au plus mauvais moment. Un 3-0 encaissé de la 53° à la 55° et malgré le temps mort pris par le coach savoyard, tout était plié et le retour des vestiaires avait été fatal à un CSH qui s’était peut-être vu trop beau, trop tôt ! Göppingen va donc retrouver Nantes pour le titre qu’il a déjà gagné en 2011 et en 2012. Autant dire que la finale de Nantes en 2013 face au Rhein Neckar Löwen va devoir être dans tous les esprits. Pour battre cette équipe du FAG il faudra donner tout et même un peu plus pendant 60 minutes. Chambéry n’a pas su le faire sur la durée du match, il en a payé cher les conséquences.

Commentaires d'après-match :

Yann Genty : « on a réussi à perturber Goppingen en première période. Malheureusement, on a mal démarré la seconde mi-temps… et eux ont repris confiance. Je pense surtout que c’est nous qui revenons moins bien, on a manqué d’agressivité et les deux minutes en début de seconde période nous fait mal puisqu’on prend un 0-3. On a déjà vécu cette situation en championnat, on a du mal à tuer les équipes quand on a quatre à cinq buts d’avance. Là où ça doit se jouer sur un ou deux buts à la fin, c’est eux qui ont cette fois-ci la confiance… et pas nous. Face à une équipe aussi expérimentée, ça ne pardonne pas. Peut-être qu’ils la méritent plus que nous. »

Damir Bicanic : « on fait une grosse première mi-temps avec une très bonne défense et un Yann Genty incroyable. Mais quand on a perdu l’avantage, j’ai senti qu’on était nerveux… et Goppingen a eu la possibilité de revenir avec beaucoup de force. On ne trouvait plus de solutions en deuxième mi-temps. On est très déçu évidemment… mais c’est une grande expérience pour les plus jeunes qui jouaient pour la première fois un final-four Européen. »

Kevinn Nyokas (arr. Göppingen) : « ma carrière est un peu un conte de fées avec des grosses cassures… mais je reviens toujours en grandes pompes. C’était le cas en 2011 où je suis revenu de mon talon d’achille. Et si je fais une finale de Coupe d’Europe, je sais que je suis déjà très chanceux. Cette dernière année, j’ai galéré au niveau de mes diagnostics de santé… pour enfin trouver quelque chose quand je suis rentré en France. Sur ce match, on était sous pression. On a de grandes qualités défensives et collectives… et on a su revenir plus fort en seconde mi-temps. Maintenant, une finale… je sais que ne pas les gagner, c’est quelque chose de très douloureux. Pour moi, c’est important de partir de Goppingen avec un titre et ce beau souvenir… en tout cas, c’est la meilleure des manières de partir avec classe. »

Magnus Andersson (entr. Göppingen) : « je suis très heureux du résultat même si on a dû faire face à un Chambéry très fort en première mi-temps. J’étais déçu de mon équipe parce qu’on perdait beaucoup de duels… et on n’était pas bon en défense. Je n’ai pas forcément dis grand-chose à mes joueurs à la mi-temps, ce sont de grands garçons ! Mais je suis fier de mon équipe par sa capacité à revenir plus fort et à réaliser une grande deuxième mi-temps ».

A Rezé, salle sportive de la Trocardière
Le samedi 14 mai 2016 à 17h30
Chambéry Savoie HB - Frisch Auf Göppingen : 25 - 28 (Mi-temps : 14-9)
4.000 spectateurs
Arbitres :
MM. Vaidas MAZEIKA & Mindaugas GATELIS (Lituanie)
Délégués :
M. Janka STASOVA (Slovaquie) & Henrik LA COUR (Danemark)

Evolution du score : 3-1 5°, 5-2 10°, 7-4 15°, 11-7 20°, 13-8 25°, 14-9 MT - 15-13 35°, 17-17 40°, 20-20 45°, 22-22 50°, 23-26 55°, 25-28 FT.

Chambéry
Gardiens
: Genty (9 arrêts), Ristanovic (2 arrêts).
Joueurs de champ : Panic (3/7), Richardson (3/5), Detrez (2/3), Bicanic (4/6), N'Guessan (6/10), Paty, Matulic (1/4), Da Silva (1/3), Paturel, Basic (2/4 dt 2/2 pen.), Marescot, Feutrier, Gille, Traoré (3/3).
Entraîneur : Orbvan.

Göppingen
Gardiens : Prost (3 arrêts), Tatai (7 arrêts).
Joueurs de champ : Fontaine (3/4), Berg (1/2), Schiller (9/9 dt 2/2 pen.), Pfahl (4/8), Kaufmann (3/7), Kraus (4/7), Kneule (0/2), Späth (1/3), Barud, Sesum (1/3), Kristensen (2/3), Halen, Nyokas (1/3), Lodebank.
Entraîneur : Andersson.

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