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LSL: La Belgique force de frappe de Cesson
LSL: La Belgique force de frappe de Cesson
10 Septembre 2017 | France > LNH

Le clan belge s’émancipe à Cesson. Ils sont quatre cette saison (de gauche à droite sur notre photo: Bolaers, Qerimi, Ooms et Lettens) à dynamiser l’effectif de Yérime Sylla (au centre). Avec ces joueurs venus sur le tard dans le championnat français, le club breton espère non seulement se maintenir parmi l’élite mais aussi mettre en valeur un handball qui s’est révélé à la face de l’Europe, un soir de novembre 2016.

par Yves MICHEL

Tous les 21 juillet, les citoyens belges célèbrent leur fête nationale. Les handballeurs eux, ont bien failli rajouter la date du 6 novembre à la liste des commémorations. Il y a presque un an, la sélection a échoué de peu (37-38) dans sa tentative d’accrocher à son palmarès, l’équipe de France multi-constellée comme d’ailleurs elle l’avait fait, deux décennies plus tôt face aux Barjots de Daniel Costantini. A Liège, l’Europe du handball a découvert ce jour-là, des joueurs issus pour une grande majorité du monde amateur et techniquement très au point. Le club de Cesson n’a pas attendu tout ce temps pour se rendre compte qu’il pouvait en tirer le meilleur parti. Le pionnier s’appelle Bram Dewitt. D’origine haïtienne, l’imposant arrière gauche débarque en Bretagne en plein été 2007. Le club joue les 1ers rôles en 2ème division mais doit encore patienter deux saisons pour accéder à l’élite. Il terminera sa carrière à Semur mais contribueras surtout, à la remontée d’Istres à l'étage supérieur. Quasiment en même temps, un autre Belge Gert-Jan Mathijs échoue à Dunkerque entraîné alors par… Yérime Sylla. D’autres comme Thomas Cauwenberghs (Angers, Mulhouse, Ivry et désormais Sélestat) lui emboiteront le pas mais c’est véritablement cette saison que la révolution culturelle a eu lieu à Cesson. 


                 Jef Lettens (à gauche) forme un excellent binôme avec Kévin Bonnefoi

Yérime Sylla est aux commandes depuis 2014 et compte dans son effectif quatre représentants du royaume voisin. « J’ai en fait attendu qu’ils arrivent à maturité, indique celui qui est aussi patron de la sélection belge depuis six ans. Mais comme en plus, la "BeNe League" évolue bien, ceux qui arrivent pour la 1ère fois en France, sont déjà opérationnels. » La saison dernière, lorsque le club de la banlieue rennaise a cherché un gardien, il s’est tout naturellement tourné vers Jef Lettens en fin de contrat avec Saran. « Depuis, j’assure un peu la jonction avec ceux qui arrivent, se plait à reconnaître le Flamand. Mais à titre personnel,  il m’a fallu un bon semestre pour que je m’intègre dans le fonctionnement de l’équipe. Avec le temps, c’est allé en s’améliorant et je ne pense pas avoir failli lorsque j’ai du remplacer "Kéké" (Bonnefoi) qui était blessé. Mon but est de former avec lui, une des toutes meilleures paires de LNH. » Lettens est donc arrivé à Cesson en éclaireur et cette année, Thomas Bolaers, Simon Ooms et Arber Qerimi lui ont emboîté le pas. Ils sont donc quatre à former une petite colonie. « Chacun a sa personnalité, fait remarquer Bolaers mais il n’y a pas de clan. A Cesson, on retrouve pas mal de points communs avec les clubs belges où le côté familial est très prononcé. » Pourtant, il a fallu quelques mois de persuasion à Yérime Sylla pour attirer dans ses filets, les pépites que lui-même avait déjà trouvées en sélection. « Ceux qui suivent des études veulent les terminer. Mais c’est évident qu’un match comme celui contre la France a mis un vrai coup de projecteur. Ce qui leur manque aussi en arrivant de Belgique, c’est la répétition de matches à haut niveau. Ils n’ont pas encore connu le type de pression que cela peut engendrer. » Alors phénomène de mode ou investissement à long terme ? « Le filon n’est pas totalement exploité, il reste encore de bons joueurs là-bas. Pour ma part, je n’ai pas d’exclusivité sur les transferts (sourires), si d’autres collègues s’intéressent à eux, c’est parfait. Tout le monde peut en tirer bénéfice. » Ils sont donc quatre parmi l’élite et deux en Proligue puisque aux côtés de Thomas Cauwenberghs (Sélestat), Nathan Bolaers, le frère de Thomas vient d’arriver à Besançon. « Le handball belge est sur une pente ascendante et Il ne faut pas hésiter à s’expatrier à l’étranger, soutient Jef Lettens. C’est le seul bémol qui nous empêche d’avancer. On est trop bien chez nous, on a un boulot et le handball peut être un appoint financier. Quelqu’un qui part, cela ressemble plus à une aventure qu’à autre chose. » Et à Cesson, cette aventure n’est pas prête à s’arrêter de sitôt.

Arber Qerimi vit son rêve de gosse

Avec sa barbe soigneusement taillée et son crane dégarni, Arber Qerimi (26 ans) ne passe pas inaperçu sur un terrain de handball. Mais c’est contre la France, en novembre 2016 que le demi-centre a marqué les esprits en réalisant un 7/7 face aux hommes de Didier Dinart. Diplôme de comptable en poche, le Liégeois qui aux dires de son entraîneur est un excellent organisateur du jeu s’est engagé trois saisons avec Cesson.

Il parait que chez toi, le handball est génétique…
C’est ça ! Papa a été pro dans l’ex Yougoslavie, il a joué pivot à Borac Uroševac et moi je suis arrivé dans le hand très tôt, à l’âge de 5 ans en Belgique, lorsqu’il est allé terminer sa carrière là-bas. Je me suis aussi essayé au tennis et j’ai vraiment hésité entre les deux sports. En tennis, je me défendais pas mal et j’aurais pu faire des tournois et m’engager sur le circuit.

Le haut niveau au handball, ça t’est venu rapidement ?
Je devais terminer d’abord mes études mais j’ai toujours eu envie de faire comme mon père. Il fallait être patient et attendre que l’occasion se présente. Et c’est venu par Yérime et surtout le club de Cesson. Je n’ai pas trop hésité puisqu’à la base c’était un rêve.

Le déclic aussi, c’est ce match contre la France en novembre 2016…
C’est sûr, même en ayant perdu, on a eu notre petit moment de gloire. Sur le coup, on en a parlé mais par la suite, cela s’est calmé. Derrière, il aurait fallu concrétiser par des résultats marquants contre des équipes peut-être plus abordables comme la Lituanie. Cela nous a remis à notre place.

En Belgique, est-ce qu’on a idée du niveau de certains handballeurs ?
Quand on joue en Belgique, on a très peu de visibilité. Le championnat belge, ce n’est pas ce que les recruteurs regardent en 1er.

A Cesson, est-ce un autre handball que tu pratiques ?
On va dire qu’il faut courir plus vite, que c’est plus rapide et costaud au niveau des gabarits. Et puis, l’environnement est sympa avec l’entraîneur que je connais parfaitement et trois coéquipiers de la sélection. L’intégration a été très facile mais quand je suis arrivé, ce n’est pas forcément avec mes compatriotes que j’ai le plus échangé.

Il n’y a donc pas de clan belge dans un coin ?
Non car en plus avec les autres, il n’y a pas la barrière de la langue. Je vais peut-être me mettre au breton (sourires), il parait qu’il y a ici une grande fierté régionale. Je trouve que c’est très bien d’être fier de ses racines.

© Yves Michel
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