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Maya au pays du handball
Maya au pays du handball
31 Octobre 2010 | International

A l’intersaison, Mariama Signaté s’est remise en question. Sacrée meilleure arrière gauche du Mondial 2009, l’enfant terrible du handball tricolore a décidé de quitter la France pour tenter de  vivre une nouvelle expérience à l’étranger. Et pas n’importe où, au Danemark. Dans un pays où le handball est roi. La franco-sénégalaise a posé son sac à Aalborg, en même temps d’ailleurs que sa copine de l’équipe de France, la pivot Julie Goiorani.

Mariama, c’est le choc des cultures. Vous, l’enfant de Dakar,  mettez le cap au Nord pour échouer à Aalborg, au Danemark.
Ce n’est pas le pôle Nord ! Quand je suis arrivé l’été dernier, il faisait un grand soleil, j’ai pu rester en débardeur, j’étais agréablement surprise, bon ensuite, il a fallu un peu plus s’habiller. Mais j’y suis allée pour le handball. Les conditions d’entraînement, l’environnement et les infrastructures, tout cela est vraiment au top. Figurez-vous qu’il y a en moyenne 2000 personnes à chaque match. C’est loin d’être le cas en France.

Et Aalborg ?
L’équipe est assez jeune. Je m’attendais à avoir une équipe un peu plus mature. On travaille beaucoup et j’ai de plus en plus de responsabilités. Cela me convient parfaitement. Quelquefois, il y a des moments durs mais sinon, ça va, cela se passe bien.

On dit du Danemark, que c’est un pays qui aime  le plus le handball, vous le ressentez ?
Oui, comme je le disais, il y a du monde à tous les matches. On a pas mal de moyens à notre disposition même si comme partout, c’est un sport qui a été frappé par la crise économique. Le budget est serré mais je pense que les conditions sont bien meilleures qu’en France. C’est une autre manière de jouer. Ca court plus vite.

Pour vous, une remise en question était nécessaire ?
J’avais envie d’un choc, d’un changement.  J’avais surtout envie de faire évoluer mon jeu. J’apprends tous les jours, notamment au niveau de mon tir en appui qui est une spécialité danoise. J’espère que cela se remarquera très bientôt. J’avais peut-être aussi besoin de grandir. Le fait d’être perturbée dans mes habitudes, d’avoir moins de stabilité, c’est toujours bénéfique.

Vous éloigner, ce n’est pas aussi prendre le risque d’être oubliée ?
Non je ne pense pas. Je continue à me battre et le fait d’être dans le groupe de Capbreton avec l’équipe de France a démontré qu’on comptait toujours sur moi. Je sais que si je sors de ce groupe, cela voudra dire que je n’ai pas fait de bonnes performances. Mon travail est le même, mon investissement aussi. Donc, pour quelles raisons, cela n’ira pas ? Il y a l’Euro qui se profile et je suis motivée à 100%.

Le fait que Julie Goiorani ait fait aussi la démarche de rejoindre Aalborg, cela a facilité votre « exil » ?
A la base, on ne s’est pas concerté. Julie avait pris la décision la première et l’opportunité s’est présentée pour moi, ensuite. C’est un point positif car déjà, elle parle la même langue, et en cas de problème, je peux compter sur quelqu’un de confiance. Je dois dire que cela n’a pas été facile au début car on a appris à se découvrir. Je suis très contente qu’elle soit là, c’est vraiment un gros point positif.

Dans le club, ça communique comment ?
(Rires). L’entraîneur parle beaucoup danois donc on prend des cours intensifs de danois mais ce n’est pas évident. On se débrouille. Il y a aussi, le langage des signes. Pour ma part, je parle bien anglais donc, tout le monde arrive à se comprendre. La communication passe très bien.

On l’a dit, c’est le pays du handball. Le public est très passionné ?
Aalborg est le club qui enregistre la meilleure affluence du championnat. Quel que soit le match, il y a beaucoup de monde. Malgré un début de saison assez difficile avec des résultats peu convaincants, le public continuait à venir, notamment le mardi et vendredi, ce qui n’est pas forcément évident pour les gens qui travaillent. C’est un public qui participe, qui soutient l’équipe tout le temps. Les spectateurs ne restent pas toujours sur leur chaise, ils crient, ils râlent, on les entend. On est dans un pays où la culture handball est partout, même à la télé.

Le dernier résultat international, c’était la World Cup, au Danemark et la France a terminé sur le podium derrière la Norvège et la Roumanie.
C’est bien qu’on n’ait pas fini trop haut car généralement, les finalistes ne font rien à la compétition suivante (rires). On peut être satisfaites du résultat car notre jeu est plus stable, un peu moins friable qu’avant. Néanmoins, on n’a pas survolé la World Cup, il y a pas mal de choses à travailler mais je le prends comme un encouragement pour l’avenir.

Et l’avenir c’est début décembre, l’Euro en Norvège et au Danemark, et avant de bonnes oppositions au Tournoi de Paris et un match contre la Russie.
Oui et l’Euro est assez court et on est dans une poule très relevée (Norvège, Hongrie, Slovénie). Ce n’est pas plus mal de rencontrer des équipes de haut niveau pour se préparer. J’espère que cela va nous mettre dans le rythme. Mais il ne faudra pas tirer trop vite d’enseignements. Si ces matches amicaux ne se passent pas bien, ce n’est pas pour autant que l’on réalisera un mauvais Euro.

Et cette poule de la mort avec notamment le 1er match contre la Norvège en Norvège ?
On se dit au départ qu’on est obligé de rencontrer pratiquement toutes les grosses équipes pour faire un résultat. Donc, cela ne change rien. Les rencontrer au début, peut-être qu’on sera plus fraîches. Tant mieux que le défi du premier match, soit très élevé. Il faut qu’on arrête de se figer sur le palmarès des autres et qu’on commence à construire NOTRE palmarès.

Depuis la finale du Mondial, la France a-t-elle un nouveau statut ?
Obligatoirement, les adversaires se méfient plus. Au Mondial, peut-être que certaines équipes nous ont sous-estimées. Là, on sera attendu. Tant mieux ! Nous, on attend les autres donc il n’y aura pas de surprises. Il faut que notre entrée en matière soit meilleure que les précédentes. Là ce sera dur dès le début. Le staff a prévu une montée en puissance dans la préparation donc tout est réuni pour faire quelque chose. On ne part ni avec un handicap, ni avec un avantage. Tout est possible.

Actuellement, c’est le bonheur pour vous ?
Oui, je suis en bonne santé, j’ai une famille qui m’aime et que j’aime, je joue au handball, je vis une belle expérience à l’étranger…. Je n’ai pas plus de problèmes que ça… Enfin, à part la pluie au Danemark et le manque de croissants ! 

 Propos recueillis par Yves MICHEL (www.rtl-lequipe.fr)

© Yves Michel
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